Il resta silencieux. L’un des gardes du corps lui envoya un coup de poing dans les côtes.
– Quand Sa Majesté te pose une question, tu réponds, beugla-t-il.
– Déshabillez-le ! ordonna-t-elle. Et ne le frapper pas au visage. Il ne faut pas l’abîmer.
Terry se redressa sur sa chaise, le souffle court. Le garde du corps, exécuta l’ordre de la princesse.
– Où est mon collier ?
– Quelque part dans la nature, répondit-il.
– Qui t’a envoyé ?
Il ne répondit pas.
– Me voler est la pire des idées que tu aies pu avoir, reprit Ama. Mais je suis de bonne humeur donc je vais te laisser une issue de secours en espérant que tu l’empruntes. Option A : tu me dis où trouver mon collier et qui t’a envoyé pour me le voler, option B : tu restes silencieux et je m’en vais. Mais dans ce cas, tu mourras dans exactement trois jours et je retrouverai quand même mon collier. Je te laisse le choix.
– Il n’est pas question que je meurs pour un simple collier.
– Alors dis-moi où se trouve mon collier et qui t’a envoyé.
Il resta silencieux à nouveau. Le gars du corps qui l’interrogeait lui asséna un nouveau coup de poing dans les côtes.
Une seconde plus tard, ils entendirent frapper à la porte.
– Qui ça peut être ? demanda la princesse.
Ils ne réagirent pas, espérant que la personne s’en aille mais elle tambourina à nouveau contre la porte.
– Bâillonnez-le et emmenez-le dans une autre pièce, ordonna-t-elle.
– Me bâillonner ? cria Terry en espérant se faire entendre par celui qui frappait à la porte.
– C’est la police, cria l’homme à la porte. Ouvrez s’il vous plaît.
La princesse reconnut la voix de son ami. Elle alla ouvrir elle-même pendant que ses hommes emmenaient Terry dans une des chambres de la suite. Elle se retrouva nez à nez avec le commissaire Akue et deux de ses hommes.
– Ama, il faut que tu me le livres, fit-il de but en blanc.
– Il m’a volé mon collier. Il faut que d’abord qu’il me le rende.
– Mais c’est illégal de détenir un homme dans une chambre d’hôtel. Surtout que ce n’est pas au Ghana. Laisse-moi le cuisiner pour toi. Je te promets que tu récupéreras ton collier.
Elle hésita pendant un moment avant de répondre.
– C’est Jessie qui t’a prévenu n’est-ce pas ?
– Elle pense que tu vas faire une bêtise. Et je partage son avis. Laisse la police s’en occuper et je te promets de te ramener ton collier.- Ce collier je l’ai hérité de ma mère et c’est la seule chose qui me rapproche encore d’elle. Alors qu’on me le vole pour le revendre comme un simple collier en or me met hors de moi.
– Je vais me charger de le faire parler pour toi.
Elle s’effaça pour laisser entrer le commissaire et ses hommes. Elle ordonna à ses propres hommes de libérer Terry. Le père de Jessica emmena le jeune homme hors de la pièce.
– On a beaucoup à se dire toi et moi, une fois qu’ils furent dans l’ascenseur.
Une quinzaine de minutes plus tard
Commissariat du troisième arrondissement
Terry était menotté à la même chaise où il s’était assis quelques jours plutôt pour arnaquer le commissaire.
– Où se trouve le collier que tu as volé ? lui demanda le collier.
Un officier se tenait à côté de lui.
– Tu vas répondre ? s’écria-t-il en assénant une claque sèche sur la nuque du jeune homme.
– J’ignore où se trouve le collier, répondit-il. Me garder ici ne sert strictement à rien.
L’officier alla prendre une des matraques en plastique laissées dans un coin de la pièce.
– Nous allons voir ensemble si ça sert à quelque chose ou pas, lui dit l’officier en revenant vers lui.
– N’aggrave pas ton cas, lui conseilla le commissaire. Le plus tôt tu parleras, le plus de dégâts on évitera. Dois-je te rappeler qu’il y a quelques jours tu es venu m’arnaquer dans ce même bureau ?
Terry resta silencieux. L’officier lui retira l’une des deux menottes qui lui entravait le poignet. Il s’apprêtait à lui retirer la deuxième quand le commissaire lui fit signe. Il le suivit hors du bureau.
Terry jeta un rapide coup d’œil dans la pièce à la recherche d’un quelconque objet pouvant l’aider à sortir de ce pétrin. Il repéra une petite radio sur le bureau. Il mit la main dessus et en sortit une des piles. Il referma la radio et la replaça exactement là où il l’avait trouvé. Il dévora la pile jusqu’à la partie noire et toxique au milieu. Il la mâcha et l’avala en faisant une grimace. Il rangea les débris de pile éparpillés sur le sol et les fourra dans sa poche.
Le commissaire et son homme revinrent dans la pièce une minute plus tard.
– Écris son procès-verbal, nous allons le faire déférer dès lundi. Il réfléchira mieux en prison. En attendant on le fout en garde à vue jusqu’à demain matin.
L’officier prit un formulaire qu’il remplit dûment par les fausses informations que lui fournit Terry. Au moment de poser ses empreintes et sa signature sur le papier, Terry se mit à vomir tripes et boyaux dans le bureau. Il s’assura de vomir sur le formulaire posé devant lui sur le bureau et sur les autres dossiers.
– Sors-le ! beugla le commissaire.
L’officier traîna le jeune homme hors du bureau.
– On le met en cellule dans cet état ?
– Prenez un véhicule et emmenez-le à l’hôpital mais surtout ne le quittez pas des yeux.
Terry était plié en deux, le ventre secoué de soubresauts. Les policiers l’emmenèrent à l’hôpital le plus proche où il fut pris en charge.
Après quelques soins et un lavage d’estomac, les vomissements cessèrent.
– Je sais que ce n’est pas professionnel de ma part mais qu’est-ce qu’un si beau jeune homme a fait pour être en garde à vue, lui demanda l’infirmière qui s’occupait de lui.
– Rien madame, répondit Terry d’une voix faible. J’ai juste eu le malheur de me retrouver au mauvais endroit au mauvais moment.
– Hum, répondit l’infirmière. Mon frère s’est retrouvé dans la même situation il y a quelques mois. On a dû payer une somme faramineuse pour le faire sortir.
– Je peux vous demander un service ? s’enquit-il. Vous pouvez dire au policier qui attend devant que vous me garder en observation et que je suis sous sédatif ? Je n’aimerais pas passer la nuit dans une cellule crade et qui pue.
– Je compte vous placer sous perfusion de toute façon. Il faut que vous retrouviez un peu de force après tout ce que vous avez vomi.
Le lendemain
5h53
L’officier posté devant la chambre venait de se réveiller en sursaut. Son premier réflexe fut d’aller vérifier si Terry était toujours dans son lit. Il ne l’était pas. Il n’était nulle part dans la pièce.
– Où est passé le jeune homme ? s’écria-t-il quand il vit la jeune infirmière qui s’occupait de Terry entrer dans la chambre.