Il repéra un arrêt de bus.

– Asseyons-nous là, proposa-t-il à son amie.

Ils s’assirent sur le banc de l’arrêt de bus.

– Je t’écoute à présent, lui annonça-t-elle.

Il hocha la tête.

– Si on considère la luxure comme le Togo, je l’ai parcouru mais seulement de Lomé à Aného. Je ne suis pas allé à l’intérieur. Et le peu que j’y ai vu m’a fait rebrousser chemin. C’est un très long chemin, semé de remords et de regrets. Je regrette tout ce sexe sans amour. Toutes ces fois où mon seul but était de prendre mon pied. Pied que je n’ai jamais vraiment pris d’ailleurs. Puisque les secondes d’après étaient assombries par le remord. Ce n’était que quelques minutes d’un faux répit puisque je savais que ce vide reviendrait tout juste après, en plus grand et en plus noir. L’ai-je satisfaite ? Peut-être que oui, peut-être que non. Et moi ? Suis-je satisfait ?

– ‎L’es-tu ? s’enquit-elle.

– ‎Bien sûr que non, répondit-il. À un moment j’ai fini par comprendre que je me tuais à petit feu, que je ne trouverais peut-être jamais ce que je cherche chez toutes ces filles. Alors j’ai abandonné cette route. Maintenant j’attends. Je ne sais trop quoi mais j’attends quand-même. Et quand ça viendra, je le saurai et je te le dirai.

– ‎Tu attends sûrement la bonne, lui dit-elle. Celle qui saura garder ton cœur. Celle avec qui les minutes d’après ne seront pas assombries par le remord.

– ‎Oui sûrement, approuva-t-il. J’attends l’amour de ma vie.

Elle ne put s’empêcher de sourire.

– Qu’est-ce que c’est ? Ou plutôt qu’est-ce que tu attends d’elle ?