– Oui je sais, répondit-il. Disons que ma famille n’est pas comme je la voudrais donc j’évite d’en parler.
– ‎Elle est comment ?
– ‎Divisée.
– ‎Et tu la voudrais soudée c’est ça ?
– ‎Oui. Enfin je ne cherche pas une famille comme dans les films où on s’aime à mort et on se fait des cadeaux à longueur d’année. Non. Les démonstrations abusives d’amour me donnent envie de dégueuler.
Elle eut un petit rire.
– Un romantique auquel les démonstrations d’amour abusives donnent envie de vomir, répéta-t-elle.
Il haussa les épaules.
– L’abus de toute chose est mauvais.
– C’est vrai, répondit-elle en éteignant la cigarette à peine entamée. Tu veux bien me parler de ta famille ? Ou plutôt qu’est-ce qu’est la famille idéale pour toi ?
– C’est une famille dont les membres se soucient les uns des autres, répondit-il. Et ils se soucient pour de vrai, pas pour faire semblant. Je n’attends pas de l’argent ou un quelconque bien de qui que ce soit, je veux juste des gens qui m’épauleront dans les problèmes, des gens à qui demander conseil quand j’en aurai besoin. C’est tout. Et ce n’est pas trop demandé à mon avis. Mais ça reste mon avis.
– Je partage ton avis.
– Mais heureusement que j’ai deux frères et une mère sur qui compter. Et la vie m’a offert une seconde famille. Celle où j’ai choisi les membres moi-même. J’ai maintenant d’autres frères et sœurs sur qui compter et qui en retour comptent sur moi. On se soutient dans les moments difficiles et on rigole quand notre humeur se prête au jeu. On ne s’attarde pas sur nos défaites et on célèbre nos victoires en grande pompe.
– Et ça te rend heureux ?
– ‎Oui, répondit-il. Ça me rend heureux à ma manière.
– ‎Et avec eux tu n’as pas peur de l’abandon ?
– ‎Je m’y attends avec tout le monde. Mais au moins avec eux je sais qu’ils ne le feront pas pour si peu. Je ne m’y attends donc pas constamment. Pour garder ses amis il faut être loyal envers eux et prier pour qu’ils le soient en retour.
– ‎Et tu l’es ?