Ma chère mère,

L’amour de ma vie, ma première femme,

Je t’écris cette lettre tout en sachant que tu ne la liras peut-être jamais. Je vais y mettre tout ce que je n’ose pas te dire à haute voix, pas par peur ou par honte mais parce qu’on n’a pas reçu une éducation à base de « Je t’aime » et de papouilles.

Par où commencer, j’ai tellement de choses à te dire.

Je vais commencer par te dire merci. Merci pour ma vie, avec tout ce qu’elle contient. Elle n’est pas encore ce que je souhaiterais mais je ne la regrette pas. Du moins pas au point de me taillader les veines un vendredi matin. Merci pour toutes ces fois où en regardant ma mine triste ou mon regard vide tu m’as demandé « Qu’est-ce qui ne va pas ? ». Cette seule question suffisait pour me remonter le moral.

Aujourd’hui j’ai vingt-quatre ans, et c’est grâce à toi. Vingt-quatre ans que tu veilles sur chacun de mes pas. Vingt-quatre ans que tu me donnes des conseils même quand je prétends ne pas en avoir besoin. Au final je reviens toujours à ce que tu m’as dit, parce que c’est toujours mieux que ce que je crois devoir faire. Vingt-quatre que tu me donnes toujours ce dont j’ai besoin, même dans mon ingratitude.

Si aujourd’hui je peux aspirer à être un grand homme, c’est d’abord grâce à toi. Quoi que je puisse faire aujourd’hui, c’est grâce à toi. Où que je puisse aller ,c’est grâce à toi. Tout ce que je peux demander en ce jour, c’est que Dieu te donne la santé et qu’il te prête longue vie pour que tu puisses goûter pleinement aux fruits de tous tes sacrifices.

J’ai beaucoup de choses à te faire découvrir. Dieu nous prête longue vie. Je t’aime Davodou.

 

Ton petit dernier.