– Rien excuse-moi, s’empressa-t-elle de répondre. Je suis juste un peu parano quand on me fait des cadeaux de grandes valeurs.
– Eh bien tu devrais commencer par t’y habituer parce que je compte te faire tellement de cadeaux que tu n’en sauras quoi faire.
Elle ne réagit pas.
– Tout va bien ? lui demanda-t-il.
– Oui t’inquiète, répondit-elle d’un air gêné. Je vais déposer l’ordinateur à la maison et je te rejoins.
Elle descendit de la voiture et marcha d’une démarche lourde. Rien qu’en la regardant marcher vers sa maison, on sentait que quelque chose n’allait pas.
Elle revint une minute plus tard. Elle se rassit dans la voiture.
– Où m’emmènes-tu ?
– Où tu voudras, l’essentiel c’est que je sois avec toi.
Elle garda le silence pendant un moment.
– On va chez toi ? proposa-t-elle enfin. Je n’ai pas spécialement envie d’être dehors.
– D’accord on y va.
Il démarra la voiture et quitta la rue.
Alors qu’ils venaient à peine de bifurquer sur le boulevard de la Concorde, le téléphone de Terry se mit à sonner. Le téléphone étant placé sur le tableau de bord et connecté à ce dernier, ils se regardèrent tous les deux sur l’écran. Le nom d’Achille y était affiché.
– Je ne vais pas décrocher, fit Terry. Il ne connaît pas le weekend lui ?
Le temps que Jessie ne réponde, la voiture se mit à parler.
– Décrocher appel Achille, récita la voix d’une femme dans les haut-parleurs de la voiture.
Terry grinça les dents mais garda son calme.
– Bonsoir Terry, salua le monsieur. Tu as jeté un coup d’œil au dossier ?
– Pas encore monsieur, lui apprit le jeune homme. Je le ferai quand je serai chez moi.
– Qu’est-ce que tu attends ? s’emporta-t-il. Dois-je te rappeler que c’est demain que se tiendra le cocktail ?
– Non monsieur.
– Écoute ce dossier est de la plus haute importance pour le boss alors ne merde pas. Si tu gères bien tu pourras le rencontrer beaucoup plus tôt que prévu.
– Bien.
– Rappelle-moi pour me dire ce dont tu as besoin pour ta mission. Après la lecture du dossier bien sûr, s’empressa-t-il de rajouter.
Terry priait juste qu’il n’en dise pas trop mais ses prières furent vaines.
– Oublie cette fille et fais ton job, le pria-t-il.
Jessica choisit ce moment pour sortir de son silence.
– Bonsoir monsieur Vignon, chantonna-t-elle. J’espère que vous passez la soirée en bonne compagnie parce qu’il fait un peu frais. Bonsoir chez vous.
Elle coupa l’appel puis sourit à Terry. Ce dernier soupira longuement.
– De quelle soirée parle-t-il ? l’interrogea Jessie.
– Je n’ai pas vraiment le droit d’en parler, répliqua-t-il.
– Oh allez ! fit-elle. Tu sais très bien que je n’irai le répéter nulle part. Mon père est commissaire, dois-je te le rappeler ?
– Je n’ai pas le droit de parler d’un dossier en cours avec une personne qui n’est pas impliquée et qui de surcroît n’est pas du service.
– J’ai compris monsieur l’agent très secret, céda-t-elle. J’espère que ça va bien se passer.
– Je l’espère aussi.
– Mais c’est qui le boss dont il parle ? relança-t-elle. Vous ne voyez pas votre patron ?
– Il a un bureau à part et il ne vient jamais là où je bosse. Il faut une certaine accréditation ou il faut faire quelque chose qui attire son attention pour qu’il accepte de te rencontrer. Peut-être qu’après cette mission je vais obtenir une promotion.
– Une promotion ça veut dire, beaucoup plus de respect, beaucoup plus d’argent et donc beaucoup plus de dons du samedi.
– Exactement, appuya-t-il.
Ils arrivèrent enfin devant chez lui. Il gara la voiture puis monta à son appartement en compagnie de Jessica.
– Je vais nous faire à manger, annonça-t-il. J’espère que tu as aussi faim que moi.
– Non vas t’occuper du dossier, répondit-elle. Je vais faire à manger.
Elle lui fit un bisou et entra dans la cuisine.
Terry alla d’abord se changer dans sa chambre. Il revint ensuite s’asseoir dans l’un des canapés du salon et prit la grosse enveloppe que lui avait apportée Achille le matin même. Il jeta un coup d’œil à Jessie avant de l’ouvrir. Elle était déjà dans ses casseroles.
Pendant ce temps à l’autre bout de la ville…
– J’ai mis mon meilleur élément sur l’affaire donc vous n’avez pas à vous inquiéter, expliqua-t-il à la personne à l’autre bout du fil. Je vous apporterai le collier en personne lundi matin.
– Je compte sur vous, répondit le boss. Je compte surtout sur votre capacité à ne pas merder.
– Je ne vous décevrai pas.
Le boss raccrocha. Achille poussa un long soupir. Les coups de fil de Mala Okpara, le président du Creed, étaient toujours une grande source de stress pour lui.
Pendant quelques secondes, il fut tenté de rappeler Terry pour lui mettre la pression à son tour mais se ravisa et déposa son téléphone.
Appartement de Terry
Terry venait de finir de lire le fameux dossier qui ne contenait que la photo de la princesse, quelques informations sur elle et une photo du collier à voler.
De là où il était assis, il pouvait voir Jessica s’affairer dans la cuisine. Leurs regards se croisèrent et ils se sourirent.
– Tout va bien ? s’enquit-elle en le rejoignant avec un plat fumant de spaghetti. Tu m’as l’air préoccupé.
– Oui oui, j’ai juste un peu le trac pour demain.
– Pour ta mission ?
Il posa le plat sur la table basse, tout juste à côté du dossier.
– Plutôt pour le fait que je doive voir ma mère avant une mission aussi importante, répondit-il.
– Ta mère te stresse ?
– Ma mère stresse tout le monde, répondit-il en se levant.
Il se rendit à la cuisine pour chercher des couverts.
– Tu veux que je t’accompagne ? lui proposa-t-elle.
– Tu ferais ça ? s’étonna-t-il en se retournant vers elle.
– Bah oui.
Il prit des fourchettes dans un des tiroirs de la cuisine. Il prit aussi un dessous de plats et vint le poser sur la moquette du salon.
– Non je ne peux pas te demander ça, trancha-t-il. Ma mère est difficile à vivre et je ne voudrais pas t’imposer ça. Personne ne devrait subir ça d’ailleurs.
– C’est à ce point ?
Il posa ensuite le plat sur le dessus de table avant répondre.
– Oui c’est à ce point.
Ils s’assirent sur la moquette.
– Je veux quand même la rencontrer, sourit-elle. Enfin si ça ne te dérange pas.
– Tu perdrais ce joli sourire à sa première question. Bon je veux bien te la présenter. Mais pas demain. Disons le dimanche prochain. Le temps qu’on se connaisse mieux et tout.
– C’est vrai, approuva-t-elle. Je n’ai pas l’impression qu’on ne se connaît que depuis hier matin.
– Moi non plus, répondit-il avant de l’embrasser.
Ils mangèrent en silence les pâtes à la carbonara de thon qu’elle avait préparé.
Après leur dîner, il s’allongea sur le sol en regardant le plafond. Elle se coucha à côté de lui dans la même position.
– A quoi penses-tu ? lui demanda-t-elle.
– Fais-moi un enfant, lâcha-t-il de but en blanc.
– Je t’en ferai une quinzaine si la vie le veut, répondit-elle.
– Commençons donc tout de suite, répliqua-t-il en se mettant sur elle.
– C’est le meilleur moyen de mourir tous les deux. Mon père nous tuera avant même que tes spermatozoïdes aient pu féconder mes ovules.
Il éclata de rire.
– Mais il est en retard parce que si ça se trouve mes spermatozoïdes sont déjà en train de féconder tes ovules.
– J’en ai pris soin, répondit-elle en lui faisant un bisou.
Elle se libéra de son emprise, ramassa le plat vide et retourna à la cuisine. Terry saisit son téléphone posé sur la table basse et rappela Achille. Ce dernier décrocha à la première sonnerie.
– J’aurai besoin d’une suite à côté de celle de la princesse, lui apprit-il. Ce sera tout pour le moment.
– Bien, répondit Achille. Je fais la réservation à quel nom ?
– Terry Djadoo.
– Plutôt audacieux comme choix, admira son supérieur.
– La chance ne sourit qu’aux audacieux.
Il entendit son boss glousser à l’autre bout du fil. Il raccrocha le téléphone et le reposa sur la table basse.
– Terry Djadoo ?!