Le monsieur avait du mal à respirer. Il desserra sa cravate. Son double menton semblait avoir encore doublé de taille.
– Va lui chercher les chargeurs, ordonna-t-il à sa subordonnée.
– Elle n’a pas besoin des chargeurs pour choisir, répliqua Terry.
    Il tourna les talons et alla chercher les deux ordinateurs.
– Je reviens vous rendre l’un d’ici une demi-heure et payer pour l’autre, continua-t-il.
– Prescillia, fais le sortir par l’entrée de service. Puisqu’il n’a pas encore payé, on ne le laissera pas sortir avec les ordinateurs. Et puis trouve lui un sac.
    Il s’adossa à un mur en respirant comme s’il venait de courir un marathon.
    Terry suivit la jeune femme et sortit par l’entrée de service dont il était question. Cette dernière retourna à l’intérieur du magasin.
– Désolé j’avais laissé ces deux ordinateurs au service après-vente pour les faire réparer et je devais les récupérer avant demain, dit Terry au policier qui l’attendait.
– Il n’y a pas de soucis, répondit Ana.
– Et j’ai reçu un appel de ma mère qui me demande de passer la voir d’urgence, enchaîna-t-il.
     Il ouvrit la voiture et déposa les ordinateurs dans les filets à l’arrière des sièges avants. Il s’assit ensuite au volant. Le policier s’assit à son tour. Terry sortit son portefeuille et donna un billet de dix mille au policier.
– Il faut vraiment que j’y aille, lui expliqua-t-il. Mais je vais vous déposer où vous voulez d’abord, tant que c’est sur mon chemin.
– Déposez-moi à la plage vers la frontière, répondit ce dernier. Je vais me péter un peu la panse là-bas.
      Terry sourit et tourna la clé dans le contact. Il quitta le parking et déposa le policier où il voulait. Il appela ensuite Jessie.
– Allô ? fit-elle de sa voix sensuelle.
– Tu fais quoi ? lui demanda-t-il.
– Je regarde la télé avec mes petits frères, répondit-elle.
– Je viens te chercher dans une trentaine de minutes, lui dit-il.
– Tu m’emmènes où ?
– Je ne sais pas. Je veux juste te voir pour le moment. On verra après.
– D’accord.
     Il raccrocha l’appel et se rendit dans le centre-ville. Il se gara devant une boutique et descendit de la voiture. Il prit les deux ordinateurs là où il les avait laissés et entra dans la boutique.
– Bonsoir, salua-t-il.
     Un homme se leva derrière le comptoir.
– Bonsoir monsieur, répondit-il.
– Je veux des chargeurs pour ces deux ordinateurs, lui dit Terry en posant les ordinateurs en question sur le comptoir.
     Le monsieur regarda l’endroit où il faut brancher les chargeurs. Il se retourna ensuite. Il descendit un gros carton d’une des étagères. Il en sortit deux chargeurs HP qu’il posa sur le comptoir. Il les testa tous les deux sur chacun des ordinateurs.
– A combien vendez-vous les deux ? s’enquit Terry.
– Trente mille, répondit le monsieur.
– Je vous en donne quinze.
    Le vendeur fit mine d’hésiter.
– Ces chargeurs ne valent pas trente mille, continua Terry. Nous savons tous les deux que c’est parce que je suis bien habillé que vous donnez ce prix.
    Le monsieur se gratta la tête.
– Vous êtes dur en affaires boss, fit-il. Donnez l’argent.
     Terry paya les deux chargeurs et sortit de la boutique. Il se rendit ensuite chez Jessica. Il se gara dans l’obscurité à quelques mètres de chez elle. Il la rappela.
– Je suis là, lui dit-il.
     Elle sortit de la maison et essaya de repéré la voiture de son amant. Elle portait une mini-jupe et un débardeur avec en dessous un soutien-gorge non-rembourré et des sandales.
     ‎Elle le rejoignit dans la voiture. Ils s’embrassèrent pendant un moment puis il se retourna vers l’arrière du véhicule. Il prit le HP Spectre et le tendit à la jeune femme.
– Pour ton mémoire, lui dit-il.
     Jessie examina l’ordinateur sous toutes les coutures.
– Ce pc doit valoir une fortune ! dit-elle enfin.
– ‎Sûrement, répondit-il.
– ‎Ce n’est pas toi qui l’as acheté ? s’enquit-elle.
– ‎Non. C’est mon cousin qui me l’a ramené des États-Unis et ce con a oublié le chargeur là-bas donc je ne l’ai pas utilisé depuis. Ce soir je suis allé acheter le chargeur. Et maintenant je veux que ce soit à toi.
– ‎Je ne peux pas le prendre, c’est bien trop cher comme cadeau.
– Aucun cadeau ne te vaut Jessie, répondit-il. Aucun. Alors ça ce n’est rien du tout.
     Avant qu’elle ne puisse protester à nouveau, il l’embrassa.
– Tu as le choix entre accepter et accepter, lui dit-il.
– D’accord j’accepte jusqu’à ce que je finisse d’écrire mon mémoire, répondit-elle. Mais tu le reprendras tout juste après.
– Embrasse-moi encore au lieu de poser des conditions, lui dit-il en approchant la tête.
    Ils s’embrassèrent à nouveau. La main de Terry s’aventura sous la jupe de la fille du commissaire. Cette dernière le laissa faire, savourant le moment du mieux qu’elle peut.
    Mais n’étant toujours pas rassurée, elle posa la question qui lui brulait tant la gorge.
– Terry d’où vient vraiment cet ordinateur ?
     Terry se redressa en prenant un air surpris.

 

– C’est censé vouloir dire quoi cette question ?