Jessie ouvrit les yeux. Le plafond avait quelque chose d’inhabituelle pour elle. La lumière blanche que laissait filtrer les premiers rayons du soleil n’était pas celle à laquelle elle était habituée. Elle referma les yeux, éblouie par la lumière presque aveuglante dans la pièce.
Elle les rouvrit quelques instants plus tard. Il lui fallut quelques secondes pour se rendre compte qu’elle venait de passer la nuit chez Terry.
Ce dernier, allongé à côté d’elle, la regardait avec fascination. Il lui sourit quand elle posa enfin son regard sur lui.
– Ça fait combien de temps que tu me regardes comme ça ? lui demanda-t-elle d’une voix encore ensommeillée.
– Assez longtemps pour me rendre compte que tu es une de ces beautés, répondit-il. Le genre qu’on ne rencontre qu’une fois dans une vie.
Elle se couvrit le visage des deux mains en souriant.
– Tu as bien dormi ? lui demanda-t-il en essayant de l’embrasser.
– J’ai passé une excellente nuit, corrigea-t-elle. Toi et ta cuisine m’avez émerveillée – elle l’embrassa – surtout toi. Mais là il faut que je trouve un bon alibi sinon ma mère va me trucider.
– Tu es sortie avec tes copines et puisqu’il était vraiment tard, tu as dormi chez l’une d’entre elles.
Jessie le regarda d’un air surpris.
– Quoi ? s’enquit Terry.
– Je suis juste surprise, répondit-elle. Tu as répondu avec une telle facilité et une telle rapidité qu’on aurait dit que tu as déjà pensé à ce détail.
– Oui, avoua Terry. Je me suis dit qu’en tant que fille d’un commissaire il doit y avoir une certaine rigueur à la maison sur les heures auxquelles tu dois rentrer à la maison…
Elle lui donna un baiser.
– Eh bien tu vas peut-être me sauver la mise, murmura-t-elle. Merci beaucoup.
– À votre service mademoiselle, répondit Terry en lui donnant un baiser à son tour. Tu vas faire quoi de ta journée ?
– Mon stage, répondit-elle.
– À midi ?
– Je dois passer chercher mes frères à l’école et les emmener chez mon père pour déjeuner en famille.
– Le soir ?
– Je dois passer récupérer mon pc chez le réparateur. J’en ai besoin pour commencer à bosser sur mon mémoire.
Il réfléchit quelques secondes.
– Donc tu n’auras pas quelques minutes pour le petit Terry de la journée ?
Elle se pinça le menton comme si elle analysait la question.
– Je pourrais passer le voir après le réparateur, dit-elle enfin. S’il est sage bien sûr.
– Je serai sage comme une image, chantonna Terry. Mais, et si je réglais ton problème de PC pour qu’on puisse passer plus de temps ensemble ?
– Qu’est-ce que tu comptes faire ? lui demanda-t-elle.
– Fais moi juste confiance.
Il recommença à l’embrasser en plongeant sa main sous les draps pour la caresser. Elle se laissa aller à ses baisers et à ses caresses pendant un moment.
– Je pourrais faire ceci toute la journée, plaça-t-elle entre deux baisers. Mais il faut que je rentre tôt si je veux que mon alibi soit crédible. Et puis je dois aller au boulot.
Elle s’extirpa de ses bras malgré elle et commença à chercher ses vêtements éparpillés un peu partout dans la chambre.
Elle réussit à mettre la main sur son téléphone où vingt deux appels manqués de sa mère l’attendaient. Elle le déverrouilla mais au lieu de rappeler sa génitrice, elle appela Maylis, sa collègue de stage. Elle mit l’appel sur haut-parleur et déposa le téléphone sur la table basse du salon pendant qu’elle essayait d’enfiler son jeans.
– Bonjour, je vais être un peu en retard au boulot ce matin, est-ce que tu peux me couvrir auprès du boss ? débita-t-elle quand sa collègue décrocha.
– À condition que tu me racontes ta soirée avec lui, répondit Maylis.
– Tout ce que tu voudras, mais sois crédible sinon il va appeler mon père et ça va être la cata.
– Je lui dirai que tu t’es rendue à un contrôle médical de dernière minute c’est bon ?
– Oui. Merci beaucoup.
Elle raccrocha et finit de s’habiller. Elle rangea son téléphone dans sa poche. Terry la rejoignit dans le salon alors qu’elle essayait de retrouver ses chaussures.
– C’est ça que tu cherches ? lança ce dernier en lui montrant ses talons aiguilles.
– Oui merci, répondit-elle en s’empressant de les lui prendre des mains.
– J’ai des tongs pour toi si tu veux, proposa Terry.
– Ça me simplifierait la vie, admit-elle. J’ai aussi besoin d’un miroir.
– La salle de bain, répondit son hôte.
Ils retournèrent dans la chambre à coucher et Terry lui montra la salle de bain. Il s’appuya contre le seuil de la salle pendant que son hôte se maquillait devant le miroir.
– Attends mais on est quel jour ? s’enquit-elle soudain.
– Euh samedi, répondit Terry.
Les épaules de Jessie s’affaissèrent dans un long soupir.
– Tu as oublié quelque chose ? lui demanda-t-il.
– Oui j’ai oublié que je n’allais pas au boulot aujourd’hui, soupira-t-elle.
– Oh ! s’exclama-t-il.
– Oui, je sais. Il n’y a que moi pour oublier ce genre de choses.
Il vint se tenir derrière elle.
– Au moins ça nous laisse le temps de prendre deux petits déjeuners, lui murmura-t-il à l’oreille. Encore heureux que tu t’en es rappelé avant de partir.
Elle se retourna vers lui. Elle venait à peine de mettre son rouge à lèvres.
– Avant tout, il faut que j’appelle ma mère pour la prévenir.
Il hocha la tête et commença à déboutonner la chemise qu’elle venait à peine de mettre.
– Mais attends que je finisse de l’appeler, se plaignit-elle.
Imperturbable, Terry lui ôta sa chemise. Jessica sortit son téléphone de la poche arrière de son jeans. Terry glissa les bretelles de son soutien-gorge et découvrit ses seins.
– Terry !
Il fit un pas en arrière et attendit. Elle appela sa mère et porta le téléphone à son oreille.
– Allô maman ? dit-elle.
Terry fit un pas vers elle.
– Désolée, je suis sortie avec les filles et… je…je…
Terry était en train de la téter avidement.
– Tout va bien ? demanda la mère à l’autre bout du téléphone.
– Oui maman, répondit-elle rapidement.
– Pourquoi tu n’es pas rentrée hier soir ?
– Je…j’étais avec des copines et je n’ai pas…
Elle s’interrompit à nouveau. Elle foudroya Terry du regard.
– Concentre-toi, lui chuchota ce dernier.
– Arrête ça ! chuchota-t-elle.
Elle repoussa sa tête et lui tourna le dos.
– J’étais avec les filles et je n’ai pas vu l’heure passé, dit-elle rapidement. Je vais rentrer vers midi pour chercher les garçons. Je dois passer gérer un truc pour mon patron au boulot.
– Fais attention à toi, dit la mère. Et rentre à l’heure sinon ton père va encore m’appeler pour m’embrouiller.
– Promis maman, répondit-elle avant de raccrocher.
Elle se tourna vers son amant.
– Tu es vraiment fou ! s’écria-t-elle en le frappant avec son téléphone.
– Avoue c’était excitant.
Il la souleva et elle enroula ses jambes autour de sa taille.
– C’était surtout dangereux, répondit-elle en l’embrassant.
Il la ramena dans la chambre à coucher et la déshabilla à nouveau.
Une heure plus tard, Jessie quitta le lit pour aller leur faire le petit déjeuner. Elle portait un tee-shirt de Terry. Ce dernier était partie sous la douche. Elle sortait des œufs du réfrigérateur quand quelqu’un sonna à la porte.
Elle quitta la cuisine et traversa le salon. Elle ouvrit la porte et trouva devant un monsieur élégamment habillé.
– Bonjour monsieur, salua-t-elle.
– Bonjour vous êtes ? demanda Achille.
– Jessica. Et vous vous êtes ?
– Achille Vignon, répondit-il en tendant la main à la jeune femme.
Il fixa sur ses jambes dénudées pendant un moment.
– Terry est là ? finit-il par demander.
– Oui, répondit-elle en tirant sur le bas du tee-shirt.
Terry sortit de la douche.
– Qui c’est ? demanda-t-il à Jessie.
– Ton supérieur.