Le café des cœurs brisés (Part IV)

Désolée si c’est un peu long, j’y mettrais des jours si tout ce que j’ai sur le cœur devrait être dit.
Je m’appelle Amirath, Mira pour les intimes. 

J’ai rencontré Yid un soir, par un temps pluvieux, et même si beaucoup auront un peu de mal à le croire, j’ai eu le coup de foudre. Eh oui, comme dans les livres, mais je suppose que tout arrive pour une bonne cause. Quand j’y repense je rigole, puis j’ai la haine parce que tout a commencé par là et si je n’étais pas sortie avec ma demi-sœur pour aller chercher un truc à manger je ne l’aurais jamais croisé, ou encore mieux je n’aurais pas eu le cœur brisé.

Je m’en souviens comme si c’était hier. Lorsqu’il m’a abordé j’ai un peu fait comme qui dirait «ma meuf», mais vu que sa tête me plaisait déjà énormément, ce qui n’arrive pas tous les jours, j’ai accepté qu’on échange nos contacts. Je vous épargne les détails inutiles….

A partir de ce même soir on a commencé à s’écrire et sans préambule il m’a dit que je lui plaisais, qu’il aimerait avoir une chance et qu’il voulait vivre le «Big Love» avec moi ; c’était son expression. Quoique à l’époque les relations ce n’était pas trop mon truc. La preuve je venais de larguer mon premier petit ami sans aucune raison apparente ! Mais bon un peu aussi parce que j’étais incapable d’aimer qui que ce soit ; je traitais même mes copines amoureuses de niaises. 

Yid a été le premier mec qui me plaisait vraiment et à la maison je ne jurais que par lui, même si au téléphone je lui faisait croire que je lui était indifférente… Je refusais également qu’on se revoit parce que j’étais très mais hyper timide à l’époque et je savais déjà que je n’allais pas pouvoir lui répéter en face tout ce que je racontais au Tel. On s’écrivait tous les jours, du lundi au vendredi et même très tard dans la nuit, il m’appelait, me donnant l’impression qu’il était devenu accro en aussi peu de temps.

Puis un jour, je l’ai revu comme par hasard à une fête qu’avait organisé mon cousin. On a parlé, plus tard il m’a ramenée à la maison et avant de partir il a réussi à obtenir le fameux « oui ». J’acceptais enfin d’essayer avec lui le Big Love dont il ne cessait de parler. 

Je rappelle que j’étais carrément sous le charme, mais en même temps j’avais encore toute ma tête ! Je suis également une très grande fouineuse, je reconnais. Il m’avait dit avoir largué son ex après qu’elle l’ait trompé, mais par la suite, j’ai découvert que c’était du gros n’importe quoi et qu’en fait cette ex n’existait pas. C’est à dire qu’il n’y avait pas qu’une, mais plusieurs filles avec lesquelles il sortait et moi j’étais la toute dernière ; juste une de plus quoi. Au début j’essayais de ne pas prêter oreilles aux ragots parce que je voulais vraiment que notre relation fonctionne. Mais quelques mois plus tard, il y’a eu certains petits changements d’attitude à son niveau, comme par exemple le fait de ne pas décrocher aux appels, le fait de te poser un lapin pour plus tard te sortir des excuses bidons, etc. La patience n’a jamais été mon fort, alors au bout de six mois, je lui ai fait comprendre que je voulais «qu’on arrête tout ce cirque». Monsieur a juste fait «OK!». Il n’a rien ajouté et on s’est séparé juste comme ça, sans explications, nada. Ça peut paraître bizarre, mais malgré qu’on ait pas duré ensemble, qu’on ait pas entretenu ce que j’appellerais une vraie relation de couple, malgré qu’après lui avoir dit oui, son attitude ait changée, moi je m’étais investie à fond dans notre relation de pacotille. En fait si j’avais rompu c’était pour l’amener à réagir et à me demander ce qui n’allait pas, vu qu’entre temps il avait déjà réussi à me dissuader de rompre. Je pensais qu’au bout de quelques jours, il allait se rendre compte que c’était lui le fautif, mais apparemment monsieur trouvait que j’étais trop exigente et comme je n’étais pas le genre de filles faciles auxquelles il était habitué, il en a profité pour s’éclipser, sans remords.

Plusieurs mois se sont écoulés. Environ dix mois. Je ne m’attarderai pas sur le comment et le pourquoi, mais nous avons finalement fini par nous retrouver un soir et on a décidé qu’on allait essayer une nouvelle fois. Je lui manquait, il me manquait…la chanson habituelle. Puis il a dit que je me prenais trop la tête, que j’étais trop dure, il m’a même sorti un «t’es sûre que c’est comme ça que tes amies s’y prennent avec leurs mecs ?». Je n’ai pas compris sur le champ, mais sans doute qu’il voulait une soumise ; ce que je n’étais pas. Néanmoins, même si je n’étais pas en tort, même si je savais que reprendre avec lui était stupide, j’ai décidé de le faire parce que je l’aimais. Cette fois j’étais prête à ne plus écouter les « Ont dit » et j’étais même prête à faire abstraction de mes principes pour voir si cela allait l’amener à changer et à se consacrer à Nous ! Mais bon encore une fois j’ai été déçue et là c’était même pire. On faisait plus de trois mois sans se voir ni s’appeller et il n’hésitait plus à s’afficher avec d’autres filles. Peu de temps après j’ai voyagé et boff il a continué sa belle vie. Les quelques fois où on s’ecrivait il disait que je ne faisait pas ce qu’il fallait, or celle qui y mettait plus du sien c’était moi. J’ai continué à me bercer d’illusions pendant environ trois ans ; beaucoup ne comprendront pas mais j’étais carrément obsédée. Un peu comme si le destin se moquait de moi comme je m’étais par le passé moqué des autres. À chaque fois que j’y pensais je pleurais beaucoup et j’avais très mal au cœur. Je ne comprenais pas ce que j’avais fait pour qu’un simple être humain arrive autant à se foutre de moi. Je trouvais également impossible de rompre à nouveau parce que tout bêtement je me disais qu’un jour il allait changer ; ce qui m’a même fait perdre mon meilleur ami. 

Et puis… Je ne sais plus comment cela s’est fait, mais un beau matin je me suis réveillée et je ne ressentais plus rien. Je n’avais plus mal au cœur en pensant à lui et bizarrement je me suis mise à avoir pitié de lui. La preuve est que dans le même mois, j’ai appris qu’il avait enceinté l’une d’entre « elles » et je n’ai pas ressentit la moindre amertume ; enfin Dieu me libérait d’une relation toxique qui aurait fini par me détruire. 

Je suis extrêmement sensible par moment, mais le sentimentalisme ce n’est pas ma tasse de thé. Si je l’avais en face de moi, là maintenant, je lui mettrai une grande gifle !  Pour les quatre années perdues et pour mon meilleur ami que j’aurais dû écouter. Enfin, qu’il aille en paix et que la Providence lui rende au centuple tout ce qu’il m’aura fait de bien comme de mal. C’est loin  d’être de la rancœur ; malgré lui, il m’a fait grandir et m’a rendue un peu plus humble qu’avant. Il m’a également prouvé qu’il ne faut jamais sous-estimer la capacité des autres à vous décevoir et c’est une leçon que je n’oublierai jamais ! Pour le reste, le Karma est une chienne, dit-on.

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