Je m’appelle Tatiana (Part XXX)

    Assise à une table dans le fast-food que nous avions envahi, je dévorais tout ce qui me tombait sous la main. Je m’empiffrai jusqu’à ce que je n’en puisse plus.

    Une fois le ventre plein, je m’adossai à la banquette que je partageais avec mon frère. Alex et Jayde  Je balayai le fast-food du regard. Toute la clique était occupée à manger.

– Je crois que c’est le moment où je vous présente mes excuses, lançai-je à l’intention d’Alex et Jayde.

– Pourquoi donc ? me demanda Jayde entre deux bouchées.

– Je vous ai mis en danger inutilement, répondis-je. Surtout toi Jayde. On aurait pu faire tout ceci sans que vous n’infiltriez la fête. Quand je pense que ce malade a mis du viagra dans ton verre. D’ailleurs comment tu te sens ?

– Je crois que les effets commencent à s’estomper lentement, répondit-elle. Ne t’inquiète pas pour moi. Et je suis contente d’avoir pu aider.

– Tu as fait bien plus que ça, lui dis-je. Tu m’as soutenu dans tout ceci et c’est inestimable à mes yeux. De même que vous deux – je m’étais tourné vers Alex et Tavio – vous avez été d’un grand soutien. Sans vous j’aurais peut-être commis l’irréparable…

      Alex leva son sandwich en guise de réponse. Tavio lui se contenta de hocher la tête. Je me levai et m’adressai à la bande.

– Je tiens à tous vous remercier pour ce que vous avez fait pour moi ce soir, commençai-je. Ça me touche sincèrement.

    Quelques-uns tapèrent du poing sur la table pour montrer leur joie. Les autres se contentèrent de lever leurs boissons.

    Après le fast-food, tout le monde rentra chez lui. Puisqu’il était tard, je proposai à Jayde de passer la nuit à la maison. Elle s’endormit tout juste après sa douche. Moi je me posai sur mon lit et me plongeai à nouveau dans mes pensées.

    Ma grossesse… L’avortement n’est pas envisageable puisque c’est formellement interdit dans la famille. Et même si je le pouvais comment le vivrai-je après ? Je ne pouvais pas encore le sentir bouger mais le simple fait de savoir que je portais un enfant, qui plus est, celui de l’homme dont je suis amoureuse me galvanisait. Le moment était peut-être mal choisi mais… Dire que le moment était mal choisi serait comme si la grossesse était attendue. J’ignorais comment j’avais pu tomber enceinte alors que je m’assurais toujours d’avoir pris la pilule après chaque rapport.

    Un souvenir me frappa tout à coup. Lors de ma dernière nuit avec Youss, j’étais tellement triste qu’après le sexe, je me suis directement endormie dans ses bras. Le lendemain je ne me souvenais plus si j’avais pris la pilule ou pas. Mais puisque je la prenais toujours, j’avais mis ça sur le compte de l’habitude. Voilà comment je suis tombée enceinte. Youss était parti depuis bientôt trois mois. Comment pouvais-je être enceinte de trois mois sans m’en rendre compte ? Et puis j’avais toujours mes menstruations. A part ma prise de poids, rien sur moi n’indiquait que je pourrais être enceinte…

    Puisque l’avortement n’était pas une option, il était temps que je partage la nouvelle. Mais d’abord, il fallait que j’en aie le cœur net. Ce serait quand même ridicule de dire à tout le monde que j’étais enceinte alors que je ne l’étais pas. J’ignorais comment le docteur aurait pu savoir que j’étais enceinte juste en regardant mon vagin. Mais il me fallait savoir moi-même.

    Je regardai l’écran de mon téléphone. 2h45. J’étais si fatiguée que je ne pouvais plus sortir pour essayer de trouver une pharmacie de garde. Je me levai et me rendis dans le salon avec une couverture. J’étais persuadée de faire une nouvelle nuit blanche. Je mis la télé en marche et me posai devant.

    Comment allais-je annoncer cette grossesse à mon père ? Lui qui nourrissait de si grands espoirs pour moi. Il allait être déçu au début, mais il finira par s’y faire. Un enfant n’est pas facile à gérer certes mais ce n’était ni la mer à boire, ni la fin du monde. Je pouvais encore reprendre mes études après et avec un peu d’aide, je pourrais m’en sortir.

    Et Youss ? Comment allait-il accueillir toute cette histoire ? Parce qu’il était temps que je lui raconte tout. Mais comment allait-il le prendre ? Et s’il était si dégoûté qu’il ne voulait plus de moi ? Ou qu’il ne me trouvait plus digne de porter son enfant et me demandait d’avorter ? Je ne le ferais pas, c’est sûr. Mais ça me blesserait profondément. Ça me ferait bien plus de mal que cette histoire de viol.  Son amour pour moi me garde à flot. S’il me tournait le dos, j’allais sombrer définitivement dans l’abîme duquel j’essayais de sortir depuis un moment.

    Mais quel autre choix avais-je ? Attendre qu’il apprenne tout ceci de lui-même ? Ce serait peut-être pire…

                                     ***

    Youss s’agenouilla à côté du canapé sur le sol et retira ma couverture. Il plongea sa main sous ma nuisette. Comme si nous communiquions par le regard, ses yeux ne quittaient pas les miens. Il caressa d’abord mon pubis du bout des doigts. Rien que ce simple contact déclencha un tsunami dans mon ventre. Il approcha sa tête de la mienne mais au lieu de m’embrasser comme je m’y attendais, il m’embrassa dans le cou. D’une main, il glissa les bretelles de ma nuisette sur le côté, découvrant mes seins. Il prit un de mes tétons entre ses lèvres et l’aspira. Ce dernier se mit à durcir dans sa bouche. Je me mis à lui caresser la tête pendant qu’il s’occupait de mes seins. Il n’avait toujours pas sorti sa main de sous ma nuisette. Il finit glissa son majeur en moi quand il me sentit mouiller. Je me cambrai légèrement pour mieux accueillir mon invité. Je mouillais comme jamais.

– Prends-moi, soupirai-je en prise à un profond plaisir.

    Il se leva mais au lieu de retirer son pantalon comme je m’y attendais, il se dirigea vers la porte d’entrée.

– Mais où vas-tu ? m’enquis-je en redressant.


                                ***


     J’étais éblouie par la lumière du salon. Il me fallut une bonne minute pour comprendre que je venais de rêver et que je m’étais redressée dans la réalité. J’avais toujours une main sous ma nuisette et les seins à l’air. Je me couvris honteusement comme si un regard indiscret m’épiait. Le salon était pourtant vide.

    Comment on pouvait autant aimer quelqu’un ? Comment un homme pouvait me faire autant d’effet ? Surtout pendant cette période trouble…

    La montre contre le mur indiquait 6h43. Les pharmacies ouvraient à 7h et il me fallait un test de grossesse au plus vite. Je me rendis dans ma chambre où Jayde dormait profondément. Je me brossai les dents et m’habillai avant de partir à la recherche d’une pharmacie.

    Une fois mon test de grossesse en poche, je rentrai à la maison. Jayde dormait toujours. Je me rendis directement dans la salle de bain. Je retroussai la robe que j’avais portée. Je baissai ma culotte et lâchai enfin l’envie pressante que j’avais depuis mon réveil sur le bâtonnet en plastique. J’attendis quelques minutes comme il était indiqué sur la notice.

– C’est positif ?

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