Vengeance et Séduction (Part XXXVIII)

« Les plus belles déclarations d’amour se font dans les cimetières. Quand il est trop tard. »


– Vous voulez dire qu’il n’y a pas de médecin spécialiste en cardiologie dans votre clinique ?

– Si. Mais il a dû partir et il y’a de cela plusieurs jours.

    Samuel prit une profonde inspiration.

– C’est quoi son nom ?

– Qui êtes-vous monsieur ? demanda l’infirmier.

– Écoutez la vie de « ma » femme est en danger parce qu’il se trouve que votre psychopathe de docteur l’a enlevée. Alors à moins que vous ne veuillez être complice d’un tel crime, je vous conseillerais de me dire où il se trouve !

    Aida qu’il tenait dans ses bras, s’était réveillée et tétait vigoureusement son pouce. Quant à son frère, il était dans ceux de sa grand-mère, toujours endormi.

– Il faudrait nourrir les petits avant s’il vous plaît, dit celle-ci. Ils doivent être affamés.

    Indécis, le jeune homme regarda autour de lui.

– Vous devriez vous adresser au directeur de cet hôpital. Je ne suis qu’un interne ici.

    Exaspéré et à bout de nerfs,  Samuel le suivi jusque dans un bureau où se trouvait un homme âgé et une jeune femme.

– Sam ? fit cette dernière, en le voyant.

– Sonia ? dit-il à son tour incrédule.

– Qu’est-ce que tu…

– Écoutez je n’ai pas de temps à perdre. J’ai besoin que vous m’aidiez à retrouver un homme qui travaillait ici il y a encore quelques jours. Je crois qu’il a enlevé la mère de mes enfants.

    Il posa ses yeux emplis d’inquiétude sur sa fille et ne remarqua pas l’horreur qui apparut sur le visage de la jeune femme.

– Tu parles d’Alex ?

    La porte s’ouvrit à ce moment et une infirmière apparut.

– Désolée de vous interrompre, docteur Ignace mais nous avons un problème.

    C’était la même à laquelle Anna avait parlé des heures plus tôt.

– Quel genre de problème, Espéra ? demanda le directeur de l’hôpital.

– J’ai entendu ce qu’a dit cet homme et je crois que le docteur Alex détient vraiment la jeune femme qui a donné naissance à des jumeaux dans cette clinique il y’a quelques jours. Elle était là tout à l’heure et je lui ai donné son adresse. Écoutez… Il est très malade et je… Je sais qu’il est capable du pire.

    Samuel la dévisageait, sidéré.

– Vous lui avez donné son adresse ?

– Elle a vraiment insisté et d’après ce que j’ai compris, ils étaient très proches. Je me souviens avoir déjà vu une photo d’elle chez lui mais…

– Un instant, l’interrompit Sonia, avant de se tourner vers Samuel. C’est qui cette femme qu’on a enlevée ? Et quel est le rapport avec Alex ?

– Tu le connais ? Nom d’un chien vous pouvez m’expliquer qui est ce type et ce qu’il a comme maladie ?

– Alex est mon frère et… Ces enfants sont vraiment à toi ?

– Oui. Mais je dois retrouver leur mère parce s’il lui arrivait quelque chose, ton frère me le paierait très cher.

– Monsieur Anour…

– Je vous prie docteur de bien vouloir permettre que mes enfants restent ici pendant le temps nécessaire pour retrouver ma femme. Ils ne peuvent rester avec ma mère, ni moi.

– Mais… Très bien. Espéra veuillez-vous occuper des enfants.

– Je ne crois pas que cette femme soit digne de confiance, s’opposa Samuel.

    Sa mère décida d’intervenir à ce moment.

– Nous n’avons pas le choix et le temps passe.

– Dites-moi où il habite, dit-il.

– Je doute qu’ils y soient encore.

– Qu’est-ce qui vous le fait croire ? C’est un malade ce type, j’aurais dû l’éloigner quand j’en ai eu l’occasion.

– Alex n’est pas dangereux.

– Je t’en prie Sonia, je ne suis pas idiot. Mais autant pour lui parce qu’il y’a plus dangereux que lui.

    Il fit signe à l’interne qui attendait toujours de prendre Aida, et lorsque ce fut fait, il intima l’ordre à Espéra de le devancer.

– Vous venez avec moi.

– La police…

– La police ne fera rien. Si vous aviez fait preuve de professionnalisme, nous n’en serions pas là et Anna n’aurait pas disparu.

    Sonia lui prit le bras.

– Nous ne savons même pas si elle est vraiment avec lui ! dit-elle.

– Tu es sourde ou tu fais exprès ?

– Vous vous trouvez dans un hôpital s’il vous plaît. Il y’a des malades.

– Désolée docteur. Écoute Sam, si je suis là c’est parce qu’on m’a appelée pour me prévenir que mon frère était malade. Il a un cancer et si…

– C’est bon, j’en ai assez entendu. Vous, avancez.

     Il saisit Espéra par le bras et se dirigea vers la porte.


***


– Et si tu me disais ce qui se passe ? insista Andréa auprès d’Oscar qui se changeait.

– Rien.

– Comment rien ? Tu n’as pas pu rentrer du bureau aussi vite, pour rien, non ?

– Andy, il se passe que je dois aller quelque part de toute urgence. Je t’expliquerai à mon retour, mais promets-moi de ne pas sortir et encore moins avec Fleur.

– Quoi ? Mais…

– Ne pose pas de questions s’il te plaît, l’interrompit-il, avant de l’embrasser sur le front. Je ne serai pas long.

– Tu pourrais au moins me dire où tu vas ? Je te rappelle que le rendez-vous avec le docteur est pour…

    Elle ne reçut aucune réponse et l’instant d’après, il était parti.

    Refusant de céder à la panique, Andréa essaya de se convaincre qu’il s’agissait d’une urgence concernant le travail et qu’effectivement, il n’allait pas en avoir pour longtemps. Sinon pourquoi aurait-il préféré se taire au lieu de lui en parler ? Depuis leur réconciliation, il lui disait pratiquement tout !

    Elle finit par retourner auprès de sa fille qui jouait au salon.


***


    Ses membres lui semblaient lourds quand elle parvint enfin à ouvrir les yeux. En fronçant les sourcils, elle tenta de lever puis d’étirer ses bras, mais ils ne bougeaient pas.

– Tu as aimé le voyage ? demanda une voix tout près d’elle, lui faisant relever la tête.

    Merde.

    Comment avait-elle pu oublier ce qui était en train de se passer ? Comment avait-elle pu de nouveau s’endormir malgré tout ce qu’il lui arrivait présentement ? Elle se souvenait très bien de comment Alex avait perdu la tête et l’avait kidnappée. Par contre, ce qu’elle ne comprenait pas c’était pourquoi il avait fait une telle chose alors qu’il disait l’aimer. Quel genre d’amour malsain !

– Alex…

– Oui mon ange ?

« Je suis loin d’être ton ange, enfoiré », faillit-elle répondre, avant de se raviser. Il venait de se garer et elle en profita pour regarder par la vitre.

– Où est-ce que tu m’as emmenée ? demanda-t-elle, inquiète.

– Drôle de question. Nous sommes chez un ami.

– Un…quoi ?

– Un ami. Il est en voyage et je lui ai dit de me prêter son appartement pendant quelques temps.

    Elle secoua la tête.

– Je n’arrive pas à croire que tu m’aies fait une telle chose. Je ne peux pas croire que tu aies été capable de me séparer de mes enfants.

    Alex se tourna vers elle.

– Tu me pardonneras.

– Tu…

– Et tu m’aimeras, parce que sinon… Ton cher petit acteur se fera buter. Je suppose que c’est à cause de lui que tu me repousses ?

     Anna étouffa un sanglot.

– L’amour ne se force pas, Alex. Laisse-moi partir, s’il te plaît.

– Rien ne me plairait plus que d’enfin me retrouver seul avec toi.

     Il ouvrit la portière et alla la faire sortir du véhicule.

– Cesse de pleurnicher, tu me donnes l’impression de mal agir or je ne veux que ton bien. Notre bien, du moins.

     Il entreprit de lui ôter ses liens, avant de se raviser.

– Je n’ai pas besoin de te rappeler ce qui se passera si tu t’enfuis n’est-ce pas Anna ? Je sais à quel point tu tiens à Anour et aux gamins, alors…

– Je te jure que si tu touches à un seul cheveu de mes enfants…

– Oh ? fit-il en l’obligeant à avancer. Qu’est-ce que j’ai peur, Anna, tu feras quoi, dis-moi. Je te rappelle que personne ne sait que tu es avec moi.

    Anna tenta de se rassurer que l’infirmière allait parler, mais rien ne prouvait que celle-ci allait vraiment le faire. Il se pouvait même qu’elle ait oublié lui avoir donné l’adresse d’Alex ! Et si Samuel ne faisait aucun rapprochement avec la manière dont s’était conduit celui-ci ce matin…

– Alex… Détache-moi s’il te plaît, j’ai très mal.

– Ça c’est pour te punir de m’avoir méprisé. Maintenant avance, je n’ai pas que ça à faire.

– Samuel sait que je suis avec toi, je le lui ai dit.

     Il s’arrêta durant quelques secondes, puis alors qu’elle crut qu’il allait paniquer, il dit simplement.

– S’il devait arriver qu’il nous retrouve, ce qui n’arrivera sans doute pas, je le tuerai et devant toi je te le promets. Baxna (OK) ?

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