Vengeance et Séduction (Part XLIV)

     Lorsqu’ils arrivèrent sur les lieux, Samuel n’attendit pas plus, avant de bondir hors du véhicule.

– C’est quoi cette odeur de brûlé ? Je peux venir avec vous ? demanda Farah, inquiète.

– Non, c’est trop dangereux. Ferme à l’intérieur et n’ouvre à personne.

     Il se dirigea ensuite vers le portail qui était largement ouvert et par lequel entraient et sortaient des gens. S’il était moins tendu, il aurait très vite remarqué les cris et l’odeur nauséeuse qui flottait effectivement dans l’air. Il interpella un jeune homme qui entrait dans la maison, en même temps que lui, un seau d’eau à la main.

– Que se passe-t-il ?

– Tu es aveugle ou quoi ? Il y’a le feu dans l’une des pièces et les murs risquent de s’écrouler, si on ne fait rien !

     Le jeune homme, ainsi que d’autres gaillards entrèrent dans la maison, juste au moment où un grand bruit résonna. Comme si quelque chose de très lourd venait de s’abattre sur le sol.

– C’est la première fois qu’une chose pareille a lieu ici, que je doute que ces pauvres gens puissent s’en sortir, entendit Samuel derrière lui.

     À son tour, il entra dans la maison enfumée, conscient qu’il prenait le risque de finir calciné ou enseveli sous des briques. Mais la vérité était qu’il refusait de croire qu’Anna se trouvait dans un état critique… C’était même inenvisageable, parce que la vie s’était montrée assez injuste jusque-là.

– Anna ? appela-t-il.

– C’est fichu ! cria une voix. Sortez les gars, la bouteille de gaz a sauté, ne restons pas là.

    Il les vit jeter leurs seaux d’eau dans les flammes et se diriger vers la sortie en toussant. L’un tenta de l’entraîner avec eux, mais il le repoussa.

– Fiche le camp.

– Si tu restes là tu risques de finir comme l’un des corps dans la cuisine. On ne peut plus rien.

    Déterminé, Samuel continua à avancer, tandis que les autres couraient vers la sortie.

    Ces lâches n’avaient même encore entamée la moindre chose qu’ils abandonnaient. Toute la maison empestait la fumée et une odeur de chair brûlée, mais rien ne certifiait qu’il s’agissait vraiment du corps d’un être humain… En tout cas, pas celui d’Anna, ni celui de son kidnappeur, parce que ce fumier méritait de mourir étouffé dans son vomi, dans une cellule de prison.

– Anna !

    Il trébucha sur quelque chose et faillit perdre l’équilibre. C’est seulement à ce moment, qu’il entendit du bruit provenant d’une pièce et des cris.

– Anna ?

    Les cris reprirent et également des coups cognés à la porte, de plus en plus violents.

– Ouvrez-moi ! Je suis ici…

    En entendant la voix d’Anna, la boule qui s’était formée dans son ventre disparut et céda place à l’impatience. À présent, il ne s’agissait plus de peur, parce qu’il savait qu’il ne l’avait pas perdue dans les flammes et que si elle devait mourir, s’ils devaient y rester, ce serait ensemble.

    Ses pas le conduisirent devant une porte éloignée, située en bas des escaliers.

– Anna ? appela-t-il à nouveau.

– Samuel ? lui répondit-elle. Samuel… je suis coincée…

    Elle se mit à tousser de plus en plus fort.

– Ouvre Anna, où sont les clés ?

– Je n’en sais rien ! Sûrement… par terre, elles sont tombées et j’ai les mains en sang. Ouvre cette porte, s’il te plaît… Samuel, je veux voir mes enfants, s’il te plaît…

    Elle se remit à tousser et à frapper contre la porte.

– Essaie de trouver les clés et envoie-les moi par le bas de la porte, d’accord ?

– D’accord…

    Des cris provenant de l’extérieur, parvinrent jusqu’à eux.

– Qu’est-ce que c’est ? demanda Anna, effrayée.

– Putain, cherche-moi ces clés, Anna !

    Il l’entendit sangloter.

– J’ai mal aux yeux, je ne vois rien ! Attends je…

– Tu l’as ?

– Non…

    Il passa une main sur son visage, frustré par autant d’impuissance.

– Alex est mort ? demanda-t-elle.

– Recule autant que tu peux, je vais défoncer la porte.

– Le bois est trop dur et…

– Tu vois d’autres solutions, à part celle-ci ?

– OK, je… Oh mon Dieu, ça y est j’ai les clés, elles sont à côté de mon pied gauche.

– Je vais me baisser et tu n’auras qu’à les pousser jusqu’à moi.

– Elles ne passeront peut-être pas.

– Espérons que si.

    Il se baissa et passa sa main en dessous de la porte.

– Je les ai presque.

– OK, OK…

    Tout n’était plus que fumée autour d’eux et les sapeurs-pompiers n’étaient toujours pas arrivés.

– Tu crois qu’on va mourir ? demanda Anna, d’une petite voix. Je suis…

    La porte s’ouvrit enfin et elle fut tirée en avant.

– Aucun de nous deux ne mourra, répondit Samuel, en lui palpant les bras et le visage, comme pour s’assurer qu’elle allait bien. Il faut qu’on sorte d’ici.

– Mais… c’est impossible ! Ce serait téméraire de…

    Sans attendre, il la prit par la taille et l’obligea à avancer en même temps que lui.

– Je me suis entaillée…la cheville.

    Il fut donc obligé de la porter.

– Si tu savais à quel point je suis désolée, Samuel.

– Ne dis rien.

– J’aurais dû…t’écouter et…

– Ce serait dommage que tu t’évanouisses…donc ferme-la s’il te plaît.

    Il se mit à tousser à son tour.

– Ils sont par ici ! dit une voix d’homme à quelques mètres d’eux.

– Quand je pense que c’est maintenant que ces enfoirés se pointent, soupira Samuel.

***

– Montre-moi tes mains.

    Anna ouvrit la paumes des mains et les exposa au regard de Samuel. Il plissa les yeux.

– C’est lui qui t’a fait ça ?

    Elle secoua la tête.

– Je…ne veux pas en parler. Plus maintenant.

    Tous les deux se dévisagèrent en silence durant des minutes, puis il plaça une main derrière sa nuque, pour l’obliger à le regarder.

– Il est mort. C’est fini.

– Moi aussi j’ai cru que j’allais mourir. J’ai cru ne plus jamais vous revoir les enfants et toi. Tu sais, Alex était très malade…

– N’empêche que je l’aurais étripé de mes propres mains, si j’avais réussi à lui mettre la main dessus.

    Samuel jeta un coup d’œil à Farah, qui était maintenant assise, à l’arrière de la voiture.

– L’infirmière…, commença Anna.

– Elle était de mèche, c’est vrai. Mais ce qui m’importe là maintenant, c’est que soit saine et sauve, chérie. J’ai réellement cru que…

– Que c’était fini ? Que tu allais me perdre ?

    Pour toute réponse, il la serra fortement contre lui, puis l’embrassa.

– Plus jamais, je ne te laisserai me quitter, je te le jure.

    Elle secoua la tête, en souriant, les larmes aux yeux.

– Qu’il en soit ainsi, mon amour.

    Quelqu’un frappa à la vitre de Samuel et il dû la baisser.

– Toi ?

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