Je m’appelle Tatiana (Part XXV)

– Je n’ai pas réussi à t’oublier en un an. Je pensais l’avoir fait. Ensuite j’ai revu ta photo et tout m’est revenu. Absolument tout. J’ai donc voulu te revoir dans l’espoir d’essayer d’arranger les choses. Ou de me racheter d’être parti sans t’avoir donné de nouvelles. Mais j’ai été retenu ailleurs et je n’ai pas pu venir. J’espérais juste te revoir et pouvoir discuter avec toi, te rappeler le bon vieux temps. Je n’ai rien à voir avec cette histoire.

– Pourtant si tu ne m’avais pas fait venir, il n’y aurait jamais eu cette histoire de viol, répliquai-je. Si tu voulais me voir comme tu le dis, tu n’aurais pas pu appeler au téléphone ou passer à la maison comme le font les gens normaux ?

– Ah ouais ? En mode coucou Tatiana je suis passé vendre de la drogue dans le coin et j’ai décidé de passer te saluer ?

    Je le foudroyai du regard. Ce n’était peut-être pas évident mais était-il obligé de me dire ce qu’il venait faire dans le coin ?

– Écoute je pensais que ce serait plus facile si on se croisait par hasard dans une fête. Je n’ai jamais eu l’intention de t’attirer dans un guet-apens, tout ce que je voulais c’était te revoir.

   Je pris une profonde inspiration puis expirai lentement.

– Qu’est-ce que tu foutais tout à l’heure avec Dwight dehors ?

– J’étais venu lui livrer une commande. Et il n’avait pas mis le prix alors on s’est un peu embrouillé mais j’ai laissé couler parce que c’est un de mes plus fidèles clients. C’est tout.

    Ainsi Dwight sniffait de la coke. Ce n’était pas aussi surprenant que ça après tout. Il suffisait juste de regarder ses actes et on pourrait le deviner facile. Ou pas. Je n’avais jamais eu d’interactions avec un junkie auparavant. Comment aurais-je pu m’en douter une seule seconde.

– Détachez-le, demandai-je à mes gars. Mais tu me dois des explications. Et de très longues.

    Je me tournai ensuite vers Lone.

– Quel a été ton rôle dans toute cette mascarade ? l’interrogeai-je.

– Je n’étais pas au courant de cette histoire avant ce soir, répondit-il. Je n’ai été que le chauffeur. Quand Dwight m’a demandé de te ramener chez toi, je l’ai fait. Et ça s’arrête là.

     Tout le monde était silencieux. Comme s’ils attendaient tous ma sentence. Mais moi, tout ce qui m’intéressait c’était Dwight. Les autres importaient aussi, je comptais leur faire payer aussi. Mais je devais d’abord m’en prendre au chef de la meute pour leur montrer qu’en vrai ils ne sont tous que des cafards que j’aurais pu écraser avec mon talon aiguille.

– Imelda, je sais que tu ne vaux pas mieux mais il faut que tu saches que tu sors avec un connard. Il a essayé de m’embrasser le jour où vous êtes venus chez moi. Et il m’a en quelque sorte fait comprendre qu’il regrettait d’être déjà avec toi.

    Elle prit un air choqué que j’ignorai. J’en avais fini avec eux deux.

    Je m’assis sur la table basse en face de l’ombre de Dwight. Il ne parlait pas mais son regard. Il avait le même regard malsain que celui de Dwight. Peut-être même encore plus malsain. Il me regardait sans ciller. Ses yeux allaient de mes lèvres, à mes hanches en passant par ma poitrine. Je le vis déglutir.

– Espèce de porc, m’écriai-je en lui envoyant mon point dans la gorge.

    Il suffoqua et tomba du canapé. En prise au manque d’air et à la douleur, il se tordait sur le sol comme un ver. Il jouait moins au pervers sans limite à présent.

– Le meilleur pour la fin, dis-je.

   Je me levai. Je me dirigeai vers la table à manger, pris une chaise et vins m’asseoir en face de Dwight.

– Dis-moi tout, lui dis-je simplement.

– Tu veux savoir à quel point vous avez été stupide c’est ça ?

– Oui dis-nous, Ô grand savant ! répondis-je d’un air théâtral.

    Son sourire condescendant revint sur son visage. Aucune peur ne s’y lisait. Aucune sorte de remords, rien. Il était plutôt détendu. Calme et serein.

   Il se racla le fond de la gorge avant de prendre la parole.

– Vous pensez sûrement que je suis le fils du diable ou le diable en personne. Eh bien laissez-moi vous dire que vous avez peut-être parfaitement raison. Il m’arrive parfois de, moi-même, me confondre à lui. Ta toute première erreur jeune fille, a été de ne pas avoir pris tes jambes à ton cou quand tu as remarqué que vous étiez les seules filles de la soirée. C’était presque comme si tu criais « Baisez-moi ! » et aucun gars normalement constitué ne pourrait dire non à une telle invitation. Je veux dire, regarde-toi ! Tu es vraie bombe. Tu es belle et sexy mais tu n’as rien dans le crâne.

    Il marqua une courte pause. Il se redressa dans son fauteuil et se pencha vers moi. Il était vraiment proche. De là je pouvais sentir son haleine empestant le champagne.

– Si tu étais partie dès de le début, je t’aurais peut-être invitée à sortir. J’aurais peut-être fait les choses correctement avec toi. Mais tu t’es prise pour Jeanne D’arc ou je ne sais quelle autre pute avec lesquelles on vous bourre le crâne sur les bancs d’école. Tu as voulu jouer la courageuse qui n’a pas froid aux yeux. Et voilà où on en est maintenant. Mais si ça peut te consoler, tu n’as pas été la seule à avoir accueilli nos bites. Cette pute a plus encaissé que toi.

    Il désigna Imelda d’un signe de tête.

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