Je m’appelle Tatiana (Part XXIV)

« La force du nombre c’est de sourire à l’inconnu. » 

Fababy




     Les gars l’encerclèrent tout de suite.

– Que deux personnes le gardent, ordonna Tavio. Les autres, prenez des battes et venez avec nous. On va à l’intérieur.

     Un des gars ouvrit le capot de la voiture dans laquelle nous étions. Il y avait assez de battes pour entraîner plusieurs équipes de base-ball.

– Mais de quoi parlez-vous ? s’étonna Martial. De mèche avec qui ? Et pour faire quoi ?

    Personne ne lui répondit et quand il tenta de nous suivre les deux gars, qui étaient censés le surveiller, lui bloquèrent le passage.

   Tavio sonna au portail comme nous l’avait indiqué Jayde. Lone vint ouvrir pour voir qui c’est mais se fit bousculer dès qu’il montra le bout de son nez. Il atterrit sur ses fesses.

– Ramenez-le dans salon, ordonnai-je aux gars. Fouillez toute la maison et ramenez tous les mecs que vous trouverez dans le salon. Si vous trouvez une métisse, ramenez la aussi. Si quelqu’un résiste, pétez-lui un genou pour lui montrer qu’on n’est pas là pour faire mumuse.

    Nous étions une bonne vingtaine et chaque gars de la bande avait une batte. Le groupe se dispersa rapidement dans la maison. Il ne resta plus que Tavio, un autre gars qui venait souvent à la maison et moi. Lone se releva. Le pote de mon frère le saisit par le bras.

– Que veut dire tout ceci Tatiana ? s’indigna-t-il.

– C’est ce que j’essaie de comprendre, lui répondis-je.

     Je portai mon téléphone à l’oreille.

– Tu peux descendre maintenant chérie, dis-je à ma cousine.

     Je raccrochai enfin et rangeai le téléphone dans la poche de mon jean.

– Enfin te revoilà ! s’exclama Dwight en sortant du salon. Je vois que tu as ramené des amis.

    J’avançai vers lui les poings serrés. Il se tenait sur le perron.

– Venez, on sera mieux à l’intérieur, me dit-il.

    Tavio qui était resté en retrait courut dans sa direction, prit appui sur la première marche du perron, sauta et lui décocha un uppercut. Comme dans les films. Tout se passa si rapidement qu’il n’eut même pas le temps de réagir ou d’essayer de feinter. Ainsi, le géant à l’éternel sourire condescendant s’écroula. Comme une grosse merde.

     Tavio le saisit ensuite par le bras et le traîna sur le sol jusque dans le salon. Jayde et Alex descendirent à leur tour. Les gars ramenèrent l’ombre de Dwight, son pote qui le suivait partout. Il boitait.

– Il s’est pris pour Yuri Boyka pendant un moment mais je l’ai très vite ramené à la réalité, expliqua le mec qui le tenait.

    Le pote n’avait effectivement aucune chance contre ce gars. Il était encore plus grand que Dwight et son visage portait des séquelles de ses précédentes bagarres. Le genre de mec que vous n’avez pas envie de croiser seul dans une ruelle déserte.

– Ramenez Martial, ordonnai-je.

    Tavio appela les gars dehors et leur demanda de ramener des attaches et leur prisonnier. Ce fut chose faite dans la minute d’après.

– Et si on attachait tout ce beau monde ? s’enquit Tavio en distribuant des attaches à ses potes. Je n’ai aucune envie de devoir fracasser une tête parce qu’elle s’est mise à courir vous comprenez ?

     Les gars éclatèrent de rire. Tavio lui ne blaguait pas, je le savais. Ils avaient tous des attaches en plastique dans les mains, celles qui ne s’ouvraient plus quand on les resserrait.

– Où est Imelda ? demandai-je à Lone.

– Elle n’est pas venue, répondit-il. Je ne sais pas de quoi il s’agit mais vous ferez mieux de nous libérez si vous ne voulez pas de problèmes.

– On veut des problèmes justement, répliquai-je. Je sais qu’elle est là.

– J’ai trouvé la métisse, lança quelqu’un derrière moi.

     Je me retournai et vis Imelda se faire traîner un de mes gars.

– Quand on parle du loup, soupirai-je. Imelda chérie comment vas-tu ? On n’attendait que toi pour commencer ce sommet extraordinaire. Trouvez lui une place messieurs, soyez galants.

     Les autres revinrent les mains vides.

– La maison est vide à part un groupe de filles dans la piscine. Mais elles n’iront nulle part. On a fermé le portail.

– Très bien. Vous avez fait du bon boulot les gars, les félicitai-je. On aurait cru une équipe du S.W.A.T, les armes et les uniformes en moins. Réveillez la marmotte. Elle a assez dormi comme ça.

     Le gars le plus proche de Dwight le gifla avec force. Il se réveilla tout de suite.

     Je pris Jayde à l’écart.

– Comment tu te sens ? lui demandai-je.

– Je suis toujours aussi excitée, répondit-elle d’une petite voix. J’ai mal aux tétons.

– Je suis vraiment désolée que tu aies à supporter tout ceci à cause de moi. Je vais demander à un des gars de te ramener à la maison.

– Oh non ! opposa-t-elle. Je ne peux pas rater ce beau spectacle. On se croirait sur le tournage d’un film. Je vais voir si je peux prendre une douche glacée. Ça pourrait peut-être diminuer l’effet.

– Il doit y avoir des glaçons dans la cuisine, lui répondis-je. Alex va t’accompagner.

     Je revins au milieu du salon où m’attendait tout le monde. Imelda, Lone, Martial et le pote de Dwight étaient assis côte à côte dans un des longs canapés, poings et pieds liés. Dwight, quant à lui, avait été mis à l’écart. Il était à présent éveillé mais ne parlait plus. Il était sûrement sonné.

– Je vais commencer par toi, dis-je à Imelda. Je vais d’abord te faire le topo de la situation. Ensuite tu répondras à mes questions. Il y a une semaine jour pour jour, tu m’as ramenée dans cette maison pour me changer les idées. J’ai été droguée et Dwighty, qui se trouve là, a abusé de moi avec quatre de ses sbires. Aujourd’hui je me suis invitée à cette petite sauterie pour essayer de comprendre ce qui a pu m’arriver. Voilà le topo. Maintenant avant de commencer les questions, je tiens à t’énumérer les règles. A chaque fois que tu diras un mensonge, je demanderai à ce gars – je désignai le géant de ma bande – de t’arracher quelque chose de faux sur toi. C’est-à-dire ongles, cils… Enfin tu sais mieux que moi de quoi je parle. Alors pas de mensonge on est d’accord ?

     Elle hocha énergétiquement la tête. Elle tremblait littéralement de peur.

– Quand tu m’as demandée de t’accompagner à cette fête, c’était pour m’aider à surmonter ma rupture ou parce qu’on te l’a demandé ?

– C’était parce qu’on me l’avait demandé, bafouilla-t-elle.

– Qui ?

– Ghost, répondit-elle.

– Qui est ce Ghost ?

    Elle désigna Martial du doigt.

    Je dus me faire violence pour ne pas éclater de rire. Ghost ? Sérieusement ?

– Quelle relation entretiens-tu avec lui ?

– C’est…

– Parle ! beugla le géant. On n’a pas toute la nuit !

– C’est mon dealer, s’écria-t-elle. Je lui devais du fric et il m’a dit qu’il effacerait ma dette si je réussissais à te ramener à cette fête. Mais il ne s’est pas montré de toute la soirée. J’ignorais pourquoi il voulait que tu viennes.

– Et comment sait-il que nous étions amis toi et moi ?

– Il a vu une photo de toi et moi sur mon profil.

– Pourquoi tu ne m’as rien dit de tout ceci ? s’emporta Lone, assis à côté d’elle.

– La ferme ! m’exclamai-je. Ici c’est moi qui pose les questions. Les problèmes de communication dans votre couple, vous les réglerez plus tard quand nous serons partis.

     Je me tournai vers Martial.

– Ghost, l’appelai-je.

    Il releva la tête et planta son regard dans le mien.

– Pourquoi voulais-tu me voir ?

8 commentaires sur “Je m’appelle Tatiana (Part XXIV)

  1. Mdr quoi martial est mauvais.pourquoi se venger encore de tatiana alors c’est lui qui a eu tord dans douce puterie??pffff frapper le bien pour moi 😂😂😂tavio occupe toi de lui personellement😊

  2. Ghost sérieusement ?
    On se croirait dans une série . Le genre de série où il y a un gars qui commande en haut de la pyramide 😂😂😂.
    Mmmm

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