Autopsia (Part XIII)

    J’ouvris péniblement les yeux. J’émis deux petits clignements pour m’habituer à la lumière de la pièce.

    Je regardai autour de moi, j’étais dans mon lit d’hôpital au CHU. La machine qui m’avait maintenu en vie depuis le début de mon aventure, continuait d’émettre son bip sinistre et régulier. Le bruit de l’aiguille d’une montre dans sa course effrénée me parvint. Une odeur de médicaments et de l’eau de javel vint me titiller les narines. Tous mes sens étaient en éveil et plus aiguisés que d’habitude.

    Debout à côté de mon lit, ma mère priait en serrant ma main droite dans la sienne. Dans l’autre main, je tenais fermement le collier qui m’avait été offert dans le cercle. Je pouvais sentir sa chaleur. Une douce chaleur qui se répandait doucement dans tout le reste de mon corps.

    Je bougeai légèrement les doigts de la main que tenait ma mère pour qu’elle sente que j’étais réveillé mais rien. Je tentai alors de me redresser mais une douleur aiguë dans ma poitrine m’obligea à rester allongé.

– Maman, murmurai-je enfin.

    Elle ouvrit tout de suite les yeux.

– Mon fils, répondit-elle avant de me serrer très fort contre elle.

    La douleur dans ma poitrine revint mais je la laissai m’étreindre. Cette étreinte qui m’avait tant manqué.

– Depuis combien de temps suis-je ici ?

– Depuis trois semaines chéri, mon Dieu a vraiment écouté mes prières. Il s’en est fallu de peu.

– Comment ça ? m’enquis-je.

– Le docteur disait que ton état ne s’améliorait pas et que d’ici la fin de la semaine ils allaient devoir te débrancher parce que d’autres ont besoin de la machine, me dit-elle en essuyant ses larmes.

    Je me sentais très faible et j’avais du mal à respirer à cause de la douleur dans ma poitrine. Mais j’étais content de revoir ma mère.

– Je suis là maintenant, lui répondis-je. Je reviens de très loin et j’ai beaucoup de choses à te raconter.

    Elle me regarda d’un air étonné.

– Tu veux me raconter les rêves que tu as fait ? me demanda-t-elle.

– C’est une façon de dire ça, répondis-je.

    Je gardais mon poing fermé.

– Je veux bien t’écouter mais une fois qu’on sera à la maison d’accord ? Pour le moment tout ce que je veux est que nous quittons cet environnement glacial où plane la mort en permanence.

    Elle appuya sur le bouton d’urgence qui se trouvait près de la machine qui m’avait maintenant en vie pendant ces trois dernières semaines. Elle appela mon beau-père pour lui annoncer la nouvelle de mon réveil. Elle se mit ensuite à chanter des chansons de louange à Dieu jusqu’à l’arrivée de l’infirmière.

     Cette dernière sourit en la voyant et se mit à chanter avec elle. Je restai allongé là à les regarder toutes les deux, un sourire béat sur le visage.

     Quelques minutes après, mon beau-père arriva avec une autre infirmière et la première se calma.

– Bon retour parmi nous, me dit-il en me tapotant le bras.

– Il était temps, répondis-je.

     Le docteur traitant arrivant à son tour.

– Attendez dehors s’il vous plaît Dr. Vieira, dit-il à mon beau-père.

– Je n’ai pas passé les trois dernières semaines à prier près de ce lit pour que vous venez me dire, maintenant qu’il est réveillé, d’attendre dehors, s’emporta ma mère.

– Chérie, calme-toi, lui dit son mari d’une voix rassurante. C’est la procédure quand quelqu’un sort du coma. On doit lui faire quelques examens pour s’assurer que tout fonctionne bien dans son corps et dans sa tête. Surtout après un tel accident. Tu pourras le resserrer dans tes bras, d’ici quelques heures si tout va bien d’accord ?

– D’accord, répondit-elle à contrecœur. 

    Elle vint me faire un bisou puis sortit avec son mari.

    Pendant toute la matinée, je subis différents examens visant à déterminer mon état de santé.

– C’est normal que tu aies du mal à tenir debout pour un moment, me dit le docteur à la fin des examens. Tes muscles sont un peu atrophiés vu que tu as passé ces trois dernières semaines sans aucune activité.

– Ça va prendre longtemps pour que ça redevienne normal ? demandai-je. 

– Un ou deux jours devraient suffire, répondit-il.

     On me transféra ensuite dans une autre salle. Quelques minutes plus tard, ma mère et mon beau-père se joignirent à moi.

– Comment vas-tu chéri ? me demanda-t-elle en s’asseyant à côté de moi sur le lit.

– Ça va maman, répondis-je avec un sourire épuisé.

– Je t’ai apporté à manger, me dit-elle.

– J’ai demandé la permission de te faire admettre dans ma clinique maintenant que tu es réveillée, enchaîna mon beau-père. Tu auras un meilleur suivi et de meilleurs soins pour être très vite sur tes pieds. Dès demain je signerai les papiers et tu seras transféré.

     Je hochai la tête ne sachant trop quoi lui dire d’autre. J’avais certes hâte de quitter cet hôpital mais ce n’était pas pour retrouver un autre.

– Où est Solim ? demandai-je à ma mère au milieu de mon repas.

     Elle jeta un regard inquiet à son mari.

– Alex nous pensons que ce serait préférable que tu ne revois plus cette fille, répondit ce dernier. Regarde dans quel état tu es à cause d’elle ? Et pourtant elle s’en est sortie sans aucune égratignure. 

– Je sais ce que vous pensez d’elle mais il ne faut pas que je m’éloigne d’elle, répondis-je. Du moins pas pour le moment.

    Ils se regardèrent à nouveau d’un air inquiet.

– Chéri, reprit ma mère. Cette fille a quelque chose de maléfique. Je ne sais comment te l’expliquer. Chaque soirée que j’ai passé près ton lit à prier, mes pensées se tournaient vers elle. Et chaque fois que je demandais que ton esprit puisse être libéré pour que tu puisses reprendre conscience, elle m’apparaissait.

– Je sais tout ça maman, répondis-je. Je sais ce que je fais. Ayez confiance en moi s’il vous plait. 

– On en reparlera plus tard, conclut-elle. Pour le moment finis de manger ton repas.

    Le lendemain mon beau-père me fit transférer dans sa clinique pour quelques examens supplémentaires avant qu’on ne m’accorde un semblant de paix.

    Puisque je venais de sortir du coma et que mes muscles ne coopéraient pas pleinement, je ne pouvais rien faire de ma journée. Je restai allongé là toute la matinée.
– Devine qui vient te voir, m’annonça ma mère en début d’après-midi.
– Solim ?
   Elle secoua la tête avec une mine contrariée.
– C’est Tek, me corrigea-t-elle.
– Ah il tombe bien, dis-je. Je voulais lui parler. Enfin à vous deux ensemble comme ça je ferai d’une pierre deux coups.
– Nous parler de quoi ? s’enquit-elle.
    Je réfléchis un moment. Ce que j’avais à révéler à ma mère était assez privé alors il fallait qu’on soit seul à seule.
– Tout compte fait, je vais lui parler en premier. Ensuite toi et moi parlerons quand je serai de retour à la maison.
– Comme tu voudras chéri, me dit-elle. Si tu as besoin de quelque chose, je ne serai pas loin.
    Elle m’embrassa sur le front avant de sortir. Tek entra après elle et s’avança vers moi sans hésiter. Il tira une chaise qu’on avait laissée dans un coin de la pièce et vint s’asseoir près de moi.
– Il paraît que ton crash était digne d’une cascade de Triple X alors raconte-moi tout en détail. Si tu t’en souviens bien sûr.
    J’éclatai de rire avant de m’arrêter en grimaçant de douleur.
– Même Vin Diesel prendrait une chaise pour prendre des cours, répondis-je. Mais j’ai beaucoup plus intéressant à te raconter.
– Qu’est-ce qu’un qui vient de sortir du coma peut avoir à raconter de plus intéressant que l’accident qui l’y a projeté ?
    J’étais allongé sur le dos et je lui parlais sans le regarder.
– Ce qu’il a vu quand il était dans le coma par exemple, rétorquai-je ne guettant sa réaction du coin de l’œil.
    Il redressa immédiatement sur sa chaise, tout excité.
– Qu’est-ce que tu as vu mec ? me demanda-t-il.

– Tu avais raison.

– J’ai raison à propos de beaucoup de choses alors sois plus précis.

– Je parle d’initiation, de moi intérieur, supérieur, antérieur, de voyage mystique et de magie et tout le reste…

    Il me regarda en silence pendant un moment.

– Qu’est-ce que tu as vu et qui a changé ton point de vue sur la question ? 

– J’ai vu, fait et vécu beaucoup pendant mes trois semaines de coma. Et c’est parce que pour le moment tu es le seul à qui je peux faire confiance que je vais te le raconter.

    Il se rapprocha de mon lit. Je me redressai péniblement. Il cala un coussin derrière ma nuque. Je le remerciai et m’adossai à la tête du lit.

    Je commençai ensuite mon récit. Je lui racontai tout, de la pièce blanche au cercle des anciens. 

Il m’écouta en silence jusqu’à la fin de mon récit, hochant la tête ou écarquillant les yeux par moment.
– Donc tu es une toute autre personne maintenant ?
– Non je suis toujours le même mais avec quelques facultés en plus et d’autres en moins.
– Quoi comme facultés ? s’enquit-il plus excité que jamais. Fais-moi une petite démonstration.
– Je ne sais pas encore mais on va le découvrir ensemble.
     Je m’assis en tailleur sur le lit. Je me contenterai sur la chaise sur laquelle il était assis et le regardai avec insistance mais rien ne se produisit.
– Qu’est-ce que tu essaies de faire ? me demanda-t-il.
– Je ne sais même pas, répondis-je.
– Ferme les yeux et concentre-toi sur ce que tu veux faire. Fixe toi un objectif et penses y très fort.
     Je fis ce qu’il me disait. Je me concentrai sur sa chaise tout en gardant en tête que je voulais la soulever.
– Regarde ! s’écria-t-il soudain.
    J’ouvris les yeux et constatai que sa chaise lévitait quelques centimètres au-dessus du sol.
– J’ai réussi, soufflai-je avant de m’évanouir.

   

 

14 commentaires sur “Autopsia (Part XIII)

  1. Alex welcome sur la terre des vivants. Facon tu t es déjà evanoui jesper k ta pas l idee d retourner a autopsia ? 😂😂😂😂
    Paul ns sommes ds ts mains pour les tours de magie mais n ns jette pas un mauvais sort einh 😂😂

  2. Xa s’arrête pour le moment a 13 ou cei moi ki reçois plus de notif ?
    Xa fai un bout de temps jai plus ouvert les mail donc jai perdu un peu le fil

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