Des ailes brisées…

    Nous étions comme des petits oiseaux dans un même nid à l’abri de cette tragédie qu’est le monde extérieur. Mais tu as quitté le nid la première, tu voulais explorer le monde parce que tu trouvais notre petit cocon, trop étroit pour tes grands rêves. Tu le trouvais trop morne pour quelqu’un en vie. Alors tu as pris ton envol. Je t’ai suivie bien sûr, mais dans une autre direction. Et maintenant que le monde nous a brisé tous les deux, que les félins nous ont déplumé, que la vie nous en a fait voir de toutes les couleurs, on a voulu se retrouver dans ce petit nid qui nous abritait de tous les maux ou presque. Mais il était trop tard désormais. L’arbre qui abritait notre nid a été coupé dispersé aux quatre coins du continent. Les feuilles ? Séchées et brulées. Le tronc ? Découpés en planches qui serviront à construire un autre nid, plus solide et plus chaleureux. Mais pour quelqu’un d’autre. Notre nid ? Brûlé avec les feuilles. Maintenant qu’il ne nous reste plus rien, nous virevoltons au dessus des arbres, regardant les autres s’aimer dans leurs nids, leur enviant leur chaleur, leur amour. Cherchant à reconstruire le nôtre jusqu’à ce que la nuit tombe et que nous nous rendons compte qu’il est impossible de recoller ce qui est déjà brisé. Et que, épuisés, nous tombons du haut des branches et atterrissons sur le sol, à la merci de braconniers ou d’enfants s’amusant près de là. 

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    Mais que nous reste-t-il quand tout semble être perdu ? Ah oui ! L’espoir. Cette petite lueur qui, par entêtement, est restée allumée dans nos yeux. L’espoir que nous pourrions nous reconstruire malgré nos ailes brisées, que nous pourrions panser nos blessures. Que tant nous avons l’un l’autre nous pourrions voler à nouveau. Que nous reconstruisons notre nid, plus grand et plus solide qu’avant, de manière à ce qu’il puisse résister à toutes les intempéries. Mais surtout de manière à ce que nous ne le perdions plus jamais. Une chose importante que nous avions failli oublier pendant nos moments de malheur est que le vent est notre allié. Il nous poussera toujours vers le haut et ne cessera de nous protéger comme il l’a toujours fait. 

     Dans le fond, ça a du bien d’être brisé si c’est pour se redresser comme une fleur piétinée ou comme un phénix qui renaît de ses cendres.

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