Beautiful Imperfection (Part XXII)

​    Je la rappelai sans plus attendre.

– Becky !

– Junior !

– Ma mère m’a dit, dis-je.

    Elle se tut.

– Je suis désolé, continuai-je.

– On ne peut pas parler de tout ça au téléphone, répondit-elle.

– C’est vrai. Je n’ai pas le droit de bouger d’ici parce que ma mère croit que j’irai faire n’importe quoi. Mais toi tu peux venir.

– D’accord, je passerai ce soir. Je te ferai signe pour que tu m’indiques l’endroit.

Rebecca

   Je raccrochai et rangeai mes affaires les plus importants dans un sac de voyage. Une quinzaine de minutes plus tard, un homme vint toquer à ma porte. Je le regardai par l’œil de judas et vis un monsieur en chemise blanche.

– Vous cherchez quelque chose ? criai-je au monsieur.

– Oui, répondit-il. On m’a envoyé vous chercher.

– Qui ça on ?

– Mme N’gamon.

    Je lui ouvris la porte et il entra dans la pièce. Je refermai la porte et le temps que je me retourne, il me mit un couteau sous la gorge.

– Tu vas supprimer toutes les photos et autres preuves compromettantes que tu as de M. N’gamon, dit-il d’un air menaçant.

– Sinon ? m’enquis-je, malgré la peur qui me paralysait les jambes.

– Sinon ton sang va maculer cette jolie moquette que tu as là.

    Je pris une profonde inspiration, histoire de me vider la tête mais la peur me gagnait petit à petit.

– Écoutez les photos sont dans mon téléphone mais je les ai déjà envoyé à Cynzura. S’il m’arrivait quoi que ce soit, elle les publierait immédiatement.

– Le temps qu’elle se rende compte que quelque chose t’est arrivée, je m’en serais déjà occupé.

– Vous allez devoir vous occuper de tous ceux qui travaillent au 15Min alors.

   Il me regarda d’un air consterné. Il sortit un pistolet de sous sa chemise et rangea le couteau.

– Si tu tentes quoi que ce soit, tu vas le regretter, menaça-t-il en sortant son téléphone.

   Il appela celui qui me semblait être M. N’gamon.

– Monsieur elle dit avoir déjà envoyé les photos à la journaliste et qu’elles ne seront pas publiées tant qu’elle saura qu’elle va bien. C’est trop risqué monsieur, reprit-il ensuite.

   Il raccrocha et rangea son téléphone et son arme.

– J’espère que tu as ne serait-ce qu’une idée de ce que tu fais jeune fille, me dit-il. Parce qu’au moindre faux pas, je serai là.

    Il sortit de l’appartement. Je sautai sur mon téléphone qui était posé sur mon canapé et appelai Cynzura.

– Quoi que tu fasses en ce moment, laisse tomber et viens me voir à l’endroit habituel, lui dis-je dès qu’elle décrocha le téléphone. C’est une question de vie ou de mort.

– Calme-toi ! me dit-elle. Prends une profonde inspiration et dis-moi ce qui se passe.

– Je n’ai pas le temps de te raconter tout ça au téléphone.

– Très bien, je te rejoins tout de suite.

    Je pris mon sac à main qui contenait tous mes papiers et sortis dans le couloir. Je regardai dans tous les sens histoire d’être sûre que l’homme de main de M. N’gamon soit parti. Je descendis ensuite et prit un taxi pour mon lieu de rendez-vous avec Cynzura.

    Cette dernière me rejoignit une dizaine de minutes plus tard.

– Qu’est-ce qui se passe Becky ? me demanda-t-elle à voix basse en s’asseyant.

– Tu te souviens quand je t’ai dit l’autre jour que j’avais démissionné de mon poste ?

– Oui parce que tu étais amoureuse du fils du boss et il fallait que tu choisisses entre ton job et lui. Comment pourrais-je oublier ça ?

– Eh bien c’est beaucoup plus compliqué que ça Cycy.

– Explique-toi !

     Je lui racontai toute l’histoire depuis la chambre d’hôtel jusqu’à l’homme de main qui était venu me menacer dans mon appartement.

– Olivier N’gamon a abusé de toi ? s’enquit-elle à la fin de mon récit.

– Oui et j’ai pris des photos de nous deux dans le lit mais c’est tout.

   Je sortis mon téléphone et lui montrai les photos.

– Mais c’est insuffisant comme preuve, répondit-elle. Si tu tentes de porter plainte avec ces photos, il pourrait invalider la plainte en disant que c’était consenti. Dans le pire des cas, ça va salir sa réputation mais sans rien de plus.

– Sa femme veut m’aider mais je n’arrive pas à lui faire confiance parce qu’elle prend la chose un peu trop facilement.

– Tu es sûre qu’il a abusé de toi ? me demanda-t-elle.

– Tu es une sœur pour moi et tu es la seule à qui je fais confiance dans cette affaire alors pourquoi je te mentirai ? Cet homme c’est le diable incarné, s’il devait m’arriver quoi que ce soit, assure-toi qu’il ne devienne pas maire de cette ville.

– Il ne va rien t’arriver et je m’assurerai qu’il n’atteigne pas la mairie tu peux compter sur moi.

    Je repris mon téléphone et lui envoyai les photos.

– N’hésite pas à t’en servir s’il m’arrivait quelque chose, lui dis-je en me levant.

    Je la serrai dans mes bras et quittai le restaurant. J’appelai ensuite Junior qui m’indiqua où le rejoindre. Je pris un autre taxi et me rendit là-bas. Il m’attendait devant la maison.

    Je le saluai, la tête baissée.

– Allons parler à l’intérieur, m’invita-t-il.

    Je le suivis sans broncher. Il m’emmena dans un salon, presqu’aussi grand que celui de chez eux.

– Tu veux boire quelque chose ? me demanda-t-il.

– Oui de l’eau, répondis-je, histoire de me préparer pour répondre à ses questions.

    Il se leva et entra dans la cuisine. J’attendis patiemment dans le canapé.

– Qu’est-ce que tu fais ici toi ? lança une voix qui me fit sursauter. 

      Je me retournai et découvrit un Olivier N’gamon furax qui s’approchait à grands pas. 

– Pourquoi tu t’obstines à me désobéir ? continua-t-il ne voyant pas de réactions de ma part.

    Il leva la main et je fermai les yeux, attendant le contact douloureux de sa paume contre ma joue.

– Olivier si tu touches cette fille tu auras affaire à moi, lança la voix d’un homme derrière moi.

    Sa main resta figée en l’air comme s’il venait d’être congelé. Je rouvris les yeux et me retournai pour voir qui était mon sauveur. C’était un grand monsieur aux cheveux gris et aux muscles saillants.

– Que se passe-t-il ici ? demanda-t-il.

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