Beautiful Imperfection (Part XXI)

​- Non le vrai courage c’est d’être restée après ce qu’il t’a fait. Comment as-tu pu rester après tout ça ?

– Par peur qu’il m’arrive quelque chose si je quittais, répondis-je. Hier quand il a appris que j’ai couché avec Junior, il est venu jusqu’ici pour me menacer. Il m’a dit que je  venais de signer mon arrêt de mort et que je devrais quitter le pays dans les plus brefs délais.

– Je t’aiderai à quitter le pays, dit-elle. Personne ne devrait avoir à vivre ce que tu as vécu, personne ne doit vivre dans la peur comme il l’a fait avec toi. Mais je te promets que si tout ceci s’avère être faux, je te le ferai payer. Et l’addition sera tellement salée que tu ne t’en remettras jamais.

– Je vous jure sur ce que j’ai de plus cher dans ce bas-monde que je vous dis la vérité. Mais comment vous voulez encore aider celle avec qui votre mari vous a trompée ?

    Elle sourit.

– Après trente ans de mariage, quand on t’apprend que tu as été cocu ça ne te fait plus le même effet que quand tu apprends que ton petit ami drague une autre, dit-elle. Et pour un homme de son envergure, je suis étonnée de ne pas avoir entendu ces histoires des années plus tôt. 

– Waoh ! m’exclamai-je d’un air admiratif. J’espère avoir votre patience et votre sang froid un jour.

– Ça viendra avec le temps. Bon on va commencer par te faire quitter cet appartement. Fais tes bagages, j’enverrai quelqu’un te chercher tout à l’heure.

– Merci beaucoup madame, répondis-je. Je vous en serai éternellement reconnaissante.

– Après ce que mon mari t’a fait, je crois que c’est la moindre des choses. Et puis si entre femmes on ne peut pas se soutenir, qui le fera ?

    Une grande sensation de soulagement m’envahit en entendant ces mots. Je sentais comme si je venais de me débarrasser d’un fardeau qui pesait vraiment lourd, après avoir raconté ce qui m’était arrivée à quelqu’un et qui de surcroît, me croyait. 

    Elle se leva et ramassa son sac.

– Prends soin de toi, on se revoit tout à l’heure, dit-elle avant de quitter l’appartement.

Junior

    N’ayant pas grande chose à faire, je me mis à me promener dans la maison. Chaque partie, de cette vaste demeure, me rappelait des souvenirs d’enfance. Je me rappelai le petit garçon turbulent qui courait dans tous les sens sous le regard émerveillé de mon grand-père et j’éprouvai une certaine nostalgie. A cette époque, ma vie était beaucoup plus simple : tout ce qu’on attendait de moi c’était que j’ai de bonnes notes à l’école. Aujourd’hui, plusieurs personnes attendent différentes choses, qu’ils ne mentionneront pas, de moi.

– Tu te souviens quand tu t’es cassé le bras en montant dans cet arbre ? demanda mon grand-père qui venait de me rejoindre à pas feutrés.

    Il montra du doigt l’arbre en question.

– Oui oui, répondis-je. Maman a failli nous tuer tous les deux ce jour-là.

– Oui et on a vraiment eu chaud toi et moi. Mais c’est surtout la réaction de ton père qui m’a intrigué. Il a laissé son boulot et est arrivé en vitesse à l’hôpital. Quoi de plus normal qu’un père qui s’inquiète pour son fils. Mais venant d’Olivier N’gamon et son addiction à son entreprise, j’étais surpris. J’ai compris ce jour-là qu’il tenait vraiment à toi et qu’il ferait n’importe quoi pour toi.

– Je vois ce que tu essaies de faire grand-père, répondis-je. Mais ça ne marchera pas. Cet homme est un maniaque du contrôle, il voit les gens autour de lui comme des pions qu’il peut déplacer à sa guise et placer où il veut.

– Cet homme comme tu l’appelles est ton père Junior, reprit-il. Et quoi qu’il arrive, il le restera. Ne l’oublie pas. Pour le moment, ce qu’il faut faire c’est le pardonner et après on vous réconciliera tous les deux, physiquement et spirituellement. Prends le temps d’y penser…

     Il s’éloigna en silence, nous laissant à nouveau seuls, ma colère et moi. Je m’assis sur un banc dans le jardin pour réfléchir à ce qu’il venait de me dire. Aspiré mes desseins noirs à propos de comment me venger de ce que mon père m’a fait, je ne remarquai la présence de ma mère que lorsqu’elle vint se tenir devant moi. Je me levai.

– Tu es déjà rentrée ? lui demandai-je, étonné.

– Oui chéri. Je ne suis plus allée à mon rendez-vous finalement. J’étais allée voir Becky. Et il faut que je te parle.

– Je ne veux rien savoir d’elle maman. J’évite de penser à elle sinon je risque de péter un câble.

– Junior tu dois m’écouter.

– Non maman ! Si c’est à propos d’elle, je ne veux rien savoir. 

– Elle court un grave danger ! dit-elle.

    Je restai sans réaction pendant une fraction de seconde, puis ma colère reprit place.

– Maman, j’ai tenu tête à mon père pour cette fille, je suis allé jusqu’à Téno pour essayer de découvrir ce qui était arrivé à sa famille et en guise de remerciement qu’est-ce qu’elle fait ? Elle couche avec mon père dans mon dos. Alors pardonne-moi si je n’ai  pas envie de parler d’elle. Tout ce que je veux en ce moment c’est me venger de ce que m’a fait papa. Il faut que je lui fasse comprendre qu’il n’a pas la main mise sur tout le monde.

– Junior ce n’est pas à toi de faire ça, affirma-t-elle. Ni à moi d’ailleurs. Cette affaire nous dépasse tous les deux désormais.

– Que veux-tu dire par là ?

– Tu devrais t’asseoir pour ce qui va suivre. Becky n’a pas couché avec ton père de manière consentie Junior, lâcha-t-elle.

    Mes genoux manquèrent de se fléchir tous seuls quand la phrase de ma mère arriva jusqu’à mon cerveau.

– Attends tu veux dire que papa a abusé d’elle ? m’enquis-je, histoire d’être sûr de comprendre.

– Oui, répondit-elle en hochant la tête.

– Mais ça voudrait dire que…

– Que tu n’as plus de raison d’en vouloir à Becky maintenant que tu connais la vérité. 

   Elle attendit ma réaction, mais j’étais stupéfait.

– Je sais que ça fait gros à digérer et que tu as beaucoup de questions alors appelle la, me dit ma mère. Il faut que tu l’écoutes chéri. Je vais nous faire quelque chose à manger.

    Elle s’éloigna pour disparaître dans la maison. Je restai interdit, jusqu’à ce que les vibrations de mon téléphone me tirent de ma stupéfaction. Je le sortis et vis un message de Rebecca s’afficher sur l’écran.

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