Beautiful Imperfection (Part XX)

– Lui et moi avions couchĂ© avec Becky maman, lui dis-je. Papa aurait pu me dire qu’il l’a fait et j’aurais Ă©vitĂ© cette fille mais avec sa manie Ă  vouloir tout contrĂŽler voilĂ  oĂč nous en sommes.

– Ton pĂšre m’aurait donc menti ?

– Qu’est-ce qu’il t’a racontĂ© ?

– Qu’il avait dĂ©couchĂ© et que tu Ă©tais au courant.

   Elle tourna les talons et se dirigea vers sa chambre.

– Que comptes-tu faire maman ? lui demandai-je en lui emboĂźtant le pas.

– L’appeler pour qu’il revienne s’expliquer !

– Non joues le jeu maman ! On verra jusqu’oĂč il ira !

– Ceci n’est pas un jeu Junior ! Sous d’autres cieux, on aurait laissĂ© couler en se promettant de ne plus laisser ce genre de situations se reproduire. Mais nous sommes en Afrique oĂč coucher avec la mĂȘme femme entre frĂšres est tabou. Alors imagine ce que ça peut faire de coucher avec la mĂȘme femme que son pĂšre. Je n’ai pas passĂ© toutes ces annĂ©es Ă  prendre soin de toi pour que tu perdes la vie Ă  cause de l’Ă©gocentrisme de ton pĂšre. Je vais t’Ă©loigner le plus possible de ton pĂšre et ensuite je m’occuperai de lui.

– Mais de quoi tu parles maman ? C’est que du sexe, il n’y a pas mort d’homme.

– Pas Ă  ce stade ! Attends-moi ici !

    Elle entra dans sa chambre. Elle en sortit quelques minutes aprĂšs avec son sac Ă  main.

– Vas chercher quelques affaires Ă  toi et les clĂ©s de ta voiture.

    J’avais rarement vu ma mĂšre dans un tel Ă©tat d’Ă©nervement alors je choisis de ne pas la contrarier. Je montai dans ma chambre et attrapai un de mes sacs Ă  dos. J’y jetai, pĂȘle-mĂȘle, quelques habits, je pris ma console de jeux et mes manettes puis ramassai mes clĂ©s de voiture que j’avais laissĂ©e sur la table de chevet. Je redescendis rejoindre ma mĂšre dans le salon.

– Nous allons chez ton grand-pĂšre, m’annonça-t-elle alors que nous nous dirigions vers ma voiture. Tu vas rester lĂ -bas, lui il saura quoi faire.

– J’y vais seulement si tu promets de rester aussi jusqu’Ă  ce que tu te calmes. Je ne veux pas que tu te prĂ©cipites et que tu fasses des choses que tu pourrais regretter.

– Il n’est pas question de moi Junior, moi je vais bien. C’est toi et ton pĂšre qui fourriez vos appendices partout.

– Maman ! 

– Tais-toi et allons-y Junior. Et apprends Ă  ne pas mettre ton truc partout ça nous Ă©vitera bien des ennuis.

– Ah donc c’est de ma faute maintenant ?

– Bien sĂ»r, tu es aussi coupable que ton pĂšre, rĂ©pliqua-t-elle. Si tu t’Ă©tais contentĂ© de faire ton boulot et de rentrer on n’en serait pas lĂ .

– Et si papa m’avait dit qu’il avait couchĂ© avec cette fille, on n’en serait pas lĂ  non plus. Si Becky avait une bonne moralitĂ©, elle aurait tout fait pour m’Ă©loigner d’elle. Je n’ai pas couchĂ© avec elle pour me sentir viril maman, je l’ai fait parce que je suis amoureux d’elle ! Je ne suis peut-ĂȘtre plus le petit garçon innocent que tu protĂ©geais bec et ongles mais j’ai gardĂ© les valeurs que tu m’as inculquĂ© maman. Si j’avais su que mon pĂšre avait touchĂ© cette fille, je ne m’en serai jamais approchĂ©.

– Je sais chĂ©ri. Excuse-moi, je me suis un peu emportĂ©e sur le coup de l’Ă©nervement.

     Elle me serra contre elle pendant un bref moment puis me relĂącha. Nous montĂąmes dans la voiture en silence.

     Une demi-heure plus tard, nous arrivĂąmes chez mon grand-pĂšre. Ce dernier Ă©tait assis dans un fauteuil sur sa terrasse, le journal du matin dans les mains. Arborant une coupe de militaire aux cheveux grisonnants et un corps aussi robuste qu’un homme dans la fleur de l’ñge, mon grand-pĂšre ne faisait pas du tout ses soixante-dix ans. Il donnait plus l’impression d’ĂȘtre le frĂšre de ma mĂšre que son pĂšre.

– Junior, s’Ă©cria-t-il en me voyant.

    Il se leva et vint Ă  notre rencontre.

– Bonjour grand-pĂšre ! saluai-je chaleureusement en le serrant dans mes bras.

– Tu ne viens plus me voir, dit-il. Suis-je devenu trop vieux pour avoir ta compagnie ?

– Non grand-pĂšre, rĂ©pondis-je en souriant. C’est juste que
 Bon promis dĂ©sormais je passerai te voir au moins une fois toutes les semaines.

– Rien ne me rendrait plus heureux fiston ! rĂ©pondit-il. Venez donc !

    Nous le suivĂźmes dans le salon.

– Vous voulez que je vous fasse servir quelque chose ?

– Non ça ira, rĂ©pondit ma mĂšre. Je suis lĂ  pour une affaire trĂšs grave papa.

– De quoi s’agit-il ? 

    Elle raconta ainsi Ă  son pĂšre ce qui s’Ă©tait passĂ©. AprĂšs avoir Ă©coutĂ© sa fille, il se tut pendant un long moment.

– TrĂšs bien ! Junior restera lĂ  autant qu’il faudra et on fera ce qu’il faut pour limiter les dĂ©gĂąts.

– Merci papa ! dit ma mĂšre en se levant. J’avais une visite mĂ©dicale de prĂ©vu avant toute cette histoire. Je vais donc m’y rendre et aprĂšs je passerai au salon de coiffure me faire une beautĂ©, ça me remontera peut-ĂȘtre le moral.

   Je la regardai d’un air Ă©tonnĂ©.

– Il faut que je m’entretienne mon chĂ©ri, dit-elle en me faisant un bisou sur le front.

– Tu veux que je te dĂ©pose ? lui demandai-je.

– Non ça ira. J’ai demandĂ© Ă  Anass de me ramener ma voiture. Il doit sĂ»rement m’attendre dehors.

    Elle sortit sans plus tarder. MĂȘme si son attitude ne me disait rien qui vaille, je ne tentai rien pour l’arrĂȘter.

Rebecca

   J’Ă©tais assise devant ma tĂ©lĂ©, quand j’entendis sonner Ă  ma porte. SĂ»rement Junior qui venait me cracher son dĂ©goĂ»t Ă  la figure, me dis-je. Ce n’Ă©tait pas trop tĂŽt. Je me levai pour lui ouvrir mais Ă  ma grande c’Ă©tait sa mĂšre.

– Bonjour madame, saluai-je malgrĂ© la honte.

   Elle ne rĂ©pondit pas et entra dans l’appartement sans attendre mon invitation.

– Tu sais trĂšs bien pourquoi je suis lĂ , commença-t-elle en s’asseyant sur le canapĂ©. Viens donc t’asseoir.

   J’obtempĂ©rai, plus par peur que par volontĂ©.

– Depuis que j’ai appris ce qui s’est passĂ©, je n’arrivais pas Ă  rĂ©aliser que toi Becky, la petite fille que je disais parfaite pour mon fils ait pu faire une telle chose. MalgrĂ© mon Ăąge avancĂ© et mon expĂ©rience, je crois toujours aussi naĂŻvement en la bontĂ© de l’ĂȘtre humain. Je me dis que tout le monde fait ce qu’il fait pour une bonne raison. Alors je veux bien Ă©couter ta version des faits parce que je me dis que tu as sĂ»rement tes raisons.

    Je pris une profonde inspiration et la regardai avec mĂ©lancolie. MalgrĂ© que j’aie couchĂ© avec les deux hommes de sa vie, elle Ă©tait toujours disposĂ©e Ă  m’Ă©couter.

– Madame, c’Ă©tait par une soirĂ©e calme de Septembre. Nous venions de signer un gros contrat avec l’un des plus grands concessionnaires de voitures du pays. Pour fĂȘter cela M. Olivier m’a donc invitĂ© au restaurant. Il Ă©tait pompette Ă  la fin de la soirĂ©e, pour avoir un peu trop fĂȘtĂ© l’évĂ©nement. Je dĂ©cidai donc de le raccompagner jusqu’Ă  sa suite au Royal Stay de Igna. Mais dĂšs que la cabine de l’ascenseur se referma sur nous, il se livra Ă  une sĂ©rie d’attouchements sur moi, ce que je mis sur le compte de l’alcool. Priant pour que l’ascenseur atteigne diligemment le bon Ă©tage, c’est avec un soulagement notable que je sentis la cabine s’immobiliser et s’ouvrir devant nous. Dans le couloir menant Ă  la suite, les attouchements reprirent de plus belle et une fois Ă  l’intĂ©rieur, il me plaqua contre la porte et glissa sa main sous ma robe. Tous mes efforts pour l’en dissuader furent vains. J’ai luttĂ© autant que mon petit corps me le permettait, j’ai suppliĂ© autant que ma voix le pouvait mais rien ne semblait pouvoir l’arrĂȘter. Que pouvais-je contre le grand Olivier N’gamon qui aprĂšs un verre de trop avait dĂ©cidĂ© d’abuser de moi ? Moi la petite orpheline lui faisant office d’assistante. A qui pouvais-je en parler sans risquer de passer pour une folle ou sans risquer ma vie ?

– A moi, rĂ©pondit-elle en me tendant un mouchoir.

   Je l’attrapai et essuyai mes larmes.

– M’auriez-vous cru ?

   Elle ne rĂ©pondit pas.

– Continue, intima-t-elle.

– J’ai bu autant que j’ai pu et je me suis endormie, saoule, Ă  cĂŽtĂ© de lui. A son rĂ©veil et aprĂšs sa douche, il m’a formellement interdit de raconter Ă  qui que ce soit ce qui s’Ă©tait passĂ© cette nuit et surtout de rester le plus loin possible de sa famille. Moi de mon cĂŽtĂ© je m’Ă©tais jurĂ©e de ne plus repenser Ă  cette nuit d’Ă©pouvante parce qu’Ă  chaque fois que j’y repensais, je frĂŽlais la crise de panique. J’ai dĂ©cidĂ© d’aller de l’avant et de faire comme si de rien n’Ă©tait. Mais quand j’ai vu Junior dĂ©barquer au boulot, j’y ai vu une parfaite occasion de l’Ă©nerver. Je voulais le faire paniquer pour qu’il ressente ne serait qu’une infime partie de ce que je pouvais ressentir depuis tout ce temps. Ce que je n’avais pas prĂ©vu, c’Ă©tait de tomber amoureuse de votre fils et encore moins de coucher avec lui. Ce n’Ă©tait pas un accident et si c’Ă©tait Ă  refaire, je le referai sĂ»rement. J’ai vraiment honte madame, honte d’avoir gardĂ© tout ceci pour moi. Honte de ne pas avoir Ă©tĂ© assez forte pour lui tenir tĂȘte. Honte de ne pas avoir Ă©tĂ© assez courageuse pour dĂ©missionner aprĂšs cela.

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