Beautiful Imperfection (Part XVI)

​- Attends c’est quoi cette embrouille ? s’emporta-t-il. Dans quoi est-ce que tu m’as embarqué ?

– Calme-toi, le rassurai-je. J’ai promis que j’allais vous aider, c’est pour ça que je suis là. Il n’y a pas d’embrouilles.

– Comment veux-tu m’aider si ton père est à la base de toute cette oppression dont est victime toute ma ville ?

    Il ouvrit la voiture et en sortit son sac.

– Je vais me débrouiller pour rentrer chez moi mais toi tu n’as pas du tout intérêt à remettre les pieds à Téno, me dit-il en me menaçant de l’index.

    Il tourna les talons et se dirigea vers le portail.

– Biosseh tu n’as pas de sous pour rentrer alors où comptes-tu aller ? lui demandai-je en le rattrapant. Tu vas rentrer à Téno à pieds ? Sois patient et écoute-moi.

   Il s’arrêta et se tourna vers moi, les poings sur les hanches.

– Je t’écoute.

– Allons à l’intérieur que je te présente ma mère, lui dis-je. La route a été longue, repose-toi et le soir je te présenterai mon père quand il sera rentré.

– Donne-moi une seule preuve que ton père n’est pas complice de Gervais et je resterai.

– Mon père n’a plus jamais mis pied à Téno après l’inauguration de l’entreprise il y a treize ans. Tout ce qu’il sait de sa boîte c’est sur papier. Et selon mon père, c’est Gervais qui lui a proposé de faire des assurances-vie. Ça veut dire qu’il a commencé à faire de fausses assurances-vie bien avant que mon père ait décidé d’en proposer. Ce qu’il n’avait pas prévu, c’est qu’il y aurait un tremblement de terre qui allait tuer autant de gens. Alors il est revenu vers mon père pour lui proposer de faire des assurances-vie. Mais ça a pris trois ans à mon père pour finir toutes les démarches administratives. Donc toutes les assurances de vos pères étaient des fausses. C’est pour ça que je t’ai demandée de l’apporter avec toi.

– Waoh ! s’exclama-t-il. Je n’avais jamais imaginé les choses comme ça. Dans ma tête, les papiers étaient vraiment ensevelis sous les décombres.

– Non non, répondis-je. Le tremblement de terre lui a créé des problèmes mais ça lui a aussi servi de couverture. Maintenant tu veux rester pour rencontrer mon père ou tu veux rentrer à Téno ?

– Je suis déjà là, ça ne me coûte rien de rester. Surtout si c’est pour arrêter Gervais dans ses activités.

– Très bien parlé, répondis-je.

– Un dernier truc, pourquoi toi tu fais tout ça ? Tu y gagnes quoi ?

– Je le fais parce qu’une qui m’est chère a été victime de cette arnaque. Elle a beaucoup perdu à cause des malversations de Gervais. Je le fais aussi parce que ça salit le nom de mon père, et aux dernières nouvelles je porte le même nom que lui. Maintenant j’ai très faim alors rentrons s’il te plaît. 

     Il me suivit à l’intérieur de la maison où ma mère était assise devant ses feuilletons.

– Junior ? s’étonna-t-elle en me voyant. Mais qu’est-ce que tu fais à la maison ?

    Elle se leva pour me serrer dans ses bras.

– C’est une longue histoire que je te raconterai après avoir rempli ma panse. Je te présente mon nouvel ami, Biosseh. Je suis rentré avec lui.

– Ça va Biosseh ? lui demanda-t-elle gentiment.

– Oui madame, répondit ce dernier avec un sourire timide.

– Installez-vous. Je vais vous faire un truc à manger, dit-elle en disparaissant dans la cuisine.
     Après notre repas, je racontai à ma mère toute l’affaire.

– C’est pendant les 24h que tu as passé là-bas que tu as découvert tout ceci ? s’enquit-elle, perplexe.

– La famille de Becky a été l’une des nombreuses victimes de cette malversation alors j’ai voulu creuser pour comprendre ce qui s’était passé là-bas et comment aider tous ces gens.

– Donc tu as fait tout ça par amour ? C’est tellement romantique. Si un homme faisait quelque chose comme ça pour moi, je l’épouserai.

    J’éclatai de rire.

– Et tu laisseras mon père où ?

– Très bonne question ! répliqua-t-elle. Bon l’heure est grave Junior. Très grave. Il faut que ton père soit mis au courant au plus vite. Mais en attendant son retour allez vous reposer. Je vais demander à tata Christelle de préparer l’une des chambres d’amis pour Biosseh. 

     Elle se leva et disparut dans le couloir qui menait aux chambres du personnel. J’emmenai Biosseh dans la chambre qu’il allait occuper. Je me retirai ensuite dans la mienne pour faire une sieste.

     Je me réveillai deux plus tard et descendis dans le salon où ma mère et Biosseh étaient à fond dans une partie endiablée de ludo. Je m’assis à côté d’eux pour les regarder jouer. Je sortis mon téléphone pour envoyer un message à Becky.

    Une trentaine de minutes plus tard, mon père rentra du bureau et ma mère abandonna sa partie de ludo pour l’accueillir. Biosseh et moi, lui emboîtâmes le pas.

– Junior ? ! s’exclama-t-il en me voyant. Tu n’es pas censé être à Téno avec Gervais ?

– Oui, je suis rentré ce midi. Je te présente Biosseh, un ami avec qui je suis revenu. Nous avons à te parler d’une affaire très importante.

– C’est pour me parler que tu as quitté Téno ? Tu ne peux pas juste m’appeler ?

– Chéri ce n’est pas le genre de choses dont on peut parler au téléphone, intervint ma mère. Tu devrais les écouter.

– Très bien suivez-moi dans mon bureau, capitula-t-il.

    Mon père s’assit derrière son bureau et nous en face de lui.

– Je vous écoute.

    Je commençai d’abord l’histoire, de ce que m’a raconté Becky à ma petite enquête d’une journée à Téno. Biosseh prit ensuite le relais et raconta ce qui s’était passé avant et après le tremblement de terre.

    Après le récit, mon père s’adossa à son fauteuil et nous regarda en silence. Puis il posa ses coudes sur le bureau et nous demanda d’un air grave.

– Vous avez une quelconque preuve de tout ce que vous venez de me raconter ?

– Oui attendez un instant monsieur, répondit Biosseh en se levant.

    Il sortit du bureau et revint deux minutes plus tard, la fausse assurance-vie de son père en main. Il tendit le papier à mon père. Ce dernier l’examina en silence.

– C’est très grave tout ce que vous me dites là ! lâcha-t-il. A ce stade il ne s’agit plus d’une simple arnaque. Comment avez-vous pu taire tout ceci jusqu’à maintenant ? 

– J’ignorais que Gervais avait un patron, répondit Biosseh. On entendait jamais parler de vous et vous ne veniez jamais à Téno alors tout le monde croyait qu’il était le PDG de N’gamon Assurance. Surtout que très peu connaissent son nom de famille.

– Bon tout ceci est assez maigre pour traduire Gervais en justice. Je vais lancer discrètement un audit interne, je vais passer au peigne fin ses comptes en banque, et je vais engager deux ou trois détectives privées pour ratisser la ville et trouver des infos qui pourraient peser contre lui lors d’un procès. Merci de m’avoir rapporté tout ça Biosseh. Je m’assurerai que justice soit rendue.

– Merci beaucoup monsieur, répondit Biosseh, plein de reconnaissance.

– Vous pouvez disposer, répondit-il.

    Je me levai en même temps que mon nouvel ami.

– Toi reste ! m’ordonna-t-il.

    Il attendit que Biosseh soit hors du bureau.

– J’admire ta détermination mais ne prends plus jamais ce genre d’initiatives dans mon dos, grogna-t-il. C’est mon entreprise et s’il y a un quelconque problème tu m’en parles d’abord avant de faire quoi que ce soit.

– J’ai compris papa, répondis-je.

    Il me fit signe de sortir et j’obéis. Je rejoignis Biosseh qui discutait avec ma mère dans le salon.

– Je te fais visiter la ville ? lui proposai-je.

– Volontiers !

     Il abandonna ma mère et nous sortîmes avec ma voiture. Je l’emmenai dans mon bar préféré où je demandai à Becky de nous rejoindre. Installés sur la terrasse, la serveuse prenait nos commandes quand cette dernière arriva.

– Bonsoir, salua-t-elle.

   Biosseh se tourna vers elle.

– Rebecca ? s’exclama-t-il, surpris.

17 commentaires sur “Beautiful Imperfection (Part XVI)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *