Beautiful Imperfection (Part XII)

​    Je devais finir ce que j’ai commencé, pas question de me dégonfler ou de me laisser intimider.

– Loin de moi cette idée monsieur, répondis-je. Vous avez devant vous une jeune femme qui essaie désespérément de sauver son poste, rien de plus. Il serait bien dommage qu’une simple assistante vous empêche d’atteindre la mairie.

    Il essayait de garder son calme mais les éclairs dans son regard le trahissaient.

– Qu’est-ce que tu veux ?

– Je veux garder mon salaire mais je ne veux plus bosser avec vous. Je veux bosser avec Ivy à l’étage en dessous, j’ai entendu dire qu’elle cherchait une assistante.

 – Accordé ! répondit-il.

    Il prit le téléphone et appela Ivy.

– Becky viendra travailler avec toi jusqu’à nouvel ordre, dit-il sans préambule.

    Il raccrocha.

– Autre chose ? 

– Euh puisque vous insistez, ça m’aiderait beaucoup une petite augmentation, répondis-je avec un sourire forcé.

– Accordé !

– Au fait pourquoi Junior n’est pas là aujourd’hui ? demandai-je. 

    Il me foudroya de nouveau du regard.

– Merci beaucoup monsieur, fis-je avant de sortir de son bureau.

   Je pris un carton à la cuisine et y rangeai les quelques affaires personnelles que j’avais sur mon bureau. Quand je sortis du bureau le carton dans les bras, Olivia me regarda d’un air choqué.

– Qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi il t’a viré ? s’enquit-elle.

   Je savais que si je lui disais quoi que ce soit, tout le bureau serait au courant avant le soir.

– Je ne suis pas virée, répondis-je en posant mon carton pour appeler l’ascenseur. Ivy a besoin d’une assistante et je me suis proposée pour l’aider. Le boss a donc accepté vu qu’il t’a déjà.

– Mais je ne suis que sa réceptionniste ! s’étonna-t-elle.

– Et tu fais super bien ton boulot chérie, répondis-je alors que le tintement annonçant l’arrivée de l’ascenseur retentissait. Continue comme ça.

   Je lui fis un clin d’œil avant de disparaître dans la cabine. Quand j’arrivai à l’étage en dessous, je sortis de la cabine mon carton dans les bras. Tout le monde se tut. Contrairement à l’étage du boss, celui-ci était bruyant plein de monde. C’était une très grande salle où les bureaux étaient séparés par des cloisons. Une grande ruche où chacun s’activait pour produire sa part du miel. C’est ici que se faisait la plus grande partie du boulot : la chasse aux clients. C’est quand le client est vraiment important qu’on l’envoyait directement chez M. N’gamon. 

    Ivy sortit de son bureau, qui se situait juste en face de l’ascenseur, pour m’accueillir et tout le monde reprit son travail. 

– Bienvenue Becky ! lança-t-elle avec un grand sourire alors qu’elle venait à ma rencontre. Tu ne pourrais vraiment pas mieux tomber.

   Ivy était une très belle jeune femme, entamant fraîchement la trentaine, teint noir et un visage chaleureux.

– Merci pour l’accueil, répondis-je avec un léger sourire. Tu n’aurais pas dû.

– Euh je suis là pour te montrer ton bureau et quoi faire, trancha-t-elle. Ne te méprise pas. Je ne vais pas te traiter comme une princesse parce que tu viens d’en haut.

   Ses mots effacèrent directement mon sourire. Une fille qui était assise à un bureau tout près pouffa de rire.

– Maintenant que nous sommes fixées, suis-moi.

   Je ne m’y attendais pas du tout mais je la suivis sans me faire prier. 

– Ce sera ici ton bureau, fit-elle en me montrant un petit bureau juste à côté de la porte de ce qui semblait être son propre bureau. Tu répondras au téléphone, tu prendras mes rendez-vous, tu m’apporteras tout ce dont j’ai besoin et tu me suivras à mes rendez-vous. Mais pour commencer, range un peu le bordel qu’à laisser mon ancienne assistante.

   Elle entra dans son bureau sans un mot de plus. Je n’eus même pas le temps de mettre le bureau à mon goût avant les appels ne commencèrent à pleuvoir.

   Pendant la pause, je pris mon sac à main pour me rendre à mon rendez-vous avec Cynzura mais Ivy sortit du bureau son sac à la main.

– Euh tu fais quoi ? s’enquit-elle en arquant un sourcil.

– Je vais déjeuner, répondis-je.

– Fais-toi livrer quelque chose, j’ai encore besoin de toi.

   Je compris enfin son jeu.

– Il vous a demandée me pourrir la vie c’est ça ?

– Il ?

– M. N’gamon.

   Elle pouffa de rire.

– Je ne vais pas prendre de gants avec toi : tu es aussi remplaçable que ce stylo à bille que je tiens en main. Tu n’es qu’une assistante parmi tant d’autres alors arrête de te croire spéciale parce que tu as travaillé avec M. N’gamon. Si tu étais aussi importante il ne t’aurait pas envoyé.

– Je…, commençai-je avant de me ressaisir.

– Voilà tu comprends vite ! s’exclama-t-elle. J’ai rendez-vous au Patio mais si un certain Charles appelle, dis-lui que je suis en voyage et que je ne serai pas là avant la semaine prochaine.

– Très bien madame, répondis-je.

– Appelle-moi Ivy, fit-elle avant de tourner les talons.

    Elle prit l’ascenseur, qui se trouvait juste en face de mon bureau. Je me rassis et pris mon téléphone pour appeler Cynzura.

– Je dois annuler notre rendez-vous chérie, lui annonçai-je après qu’elle eut décroché.

– Ouf ! fit-elle. J’allais t’appeler pour faire la même chose. J’ai un rendez-vous de dernière minute et c’est très important. Pourquoi tu ne viendrais pas dîner à la maison demain soir ? Maman sera très contente de te voir et puis elle fera son fameux poulet épicé.

– Il faut vraiment que je sois là, répondis-je. Je ferai tout pour être là et aussi j’ai des trucs importants à te raconter.

    Le téléphone du bureau se mit à sonner.

– Il faut que je te laisse, lui dis-je. A demain soir.

– Prends soin de toi chérie, répondit-elle avant de raccrocher.

   Je décrochai le téléphone.

– Bureau de Ivy, bonsoir ?

– Bonsoir, salua gentiment le monsieur à l’autre bout de la ligne.

– Que puis-je pour vous monsieur ?

– Ivy est à son bureau ?

– C’est monsieur ?

– Charles.

– Ah elle m’a dit de vous dire qu’elle vous attend au Patio.

– Merci beaucoup, jubila-t-il à l’autre bout du fil.

    Il raccrocha avant que je n’eus le temps de répondre. Je souris, puis posai le téléphone.

   Je me levai avec mon sac à main. J’appelai l’ascenseur puis quand il arriva, j’entrai dans la cabine et appuyai sur le bouton du dernier étage.

– Veuillez introduire votre passe ! me dit la voix de l’ordinateur.

    Je fouillai dans mon sac pour trouver ce fameux passe dont je n’avais jamais eu besoin jusque-là. Je le retrouvai et l’insérai dans le trou mais un voyant rouge se mit à clignoter. Je repris l’opération une dizaine de fois, sans plus de succès qu’à la première tentative. Je sortis mon téléphone et appelai Olivia pour lui demander de me laisser passer.

– Je ne peux pas, je risque de perdre mon boulot. Il a demandé qu’on active les passes peu après ton départ. Et il est venu en personne me dire qu’il ne veut pas que des gens, qui n’y bossent pas, aient accès à son étage. En cas d’urgence je dois l’appeler.

– Alors appelle-le parce qu’il y a urgence ! 

– Les employés n’ont pas ce droit, répondit-elle. S’il y a un problème il faut que tu en parles à ton supérieure hiérarchique et si c’est important il ou elle en parlera au boss.

– Olivia c’est moi Rebecca, fis-je, exaspérée. Arrête de jouer à l’automate avec moi.

– Désolée mais je ne peux vraiment rien pour toi Becky, me dit-elle avant de raccrocher. 

    J’appelai le bureau de M. N’gamon mais son numéro ne passait plus, j’essayai son téléphone portable mais toujours le même résultat. Déçue, je sortis de la cabine en me promettant d’aller chez lui le soir. Je me rassis à mon bureau et commandai un truc à manger.

    Une demi-heure plus tard alors j’entamais mon plat de frites,  Olivia me rappela.

– Allô ? fis-je la bouche pleine.

– Je crois qu’il va bouger dans une dizaine de minute, me dit-elle. Si tu veux le voir c’est le moment ou jamais.

– Je vais l’attendre dans le hall, répondis-je en me levant. Merci beaucoup Oli. 

– Mouais, grogna-t-elle avant de raccrocher.

   Je pris mon sac à main et me dirigeai de nouveau vers l’ascenseur. Mais avant que j’appelle la cabine, cette dernière s’ouvrit toute seule devant moi. Une Ivy furax, en déboula comme une furie. Elle se planta devant moi les poings serrés.

– Qu’est-ce que tu as foutu ? beugla-t-elle, le visage déformé par la colère.

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