Beautiful Imperfection (Part IX)

​Il lâcha la pizza.

– Attends quel N’gamon Assurance ? s’enquit-il, choqué.

– Tu en connais combien ?

   Il se tut, pris au dépourvu. Après un long moment de silence, il me regarda de nouveau dans les yeux.

– Il faut que j’en ai le cœur net ! lâcha-t-il avant de se lever. Tu viens ?

   Il me tendit la main. Je la saisis et ensemble nous sortîmes du centre commercial. Sur le chemin du retour, je le sentais tendu. Il n’avait pipé mot depuis notre départ du centre commercial. Une fois devant mon immeuble, il coupa le moteur et se tourna vers moi.

– Tu savais très bien que c’est à cause des Assurance N’gamon que ta famille a été brisé pourtant tu travailles pour mon père, pourquoi ?

    Je m’attendais à cette question mais je n’y avais pas préparé de réponse.

– Je…j’espérais découvrir la vérité c’est pour ça que j’ai postulé chez N’gamon Assurance. Le premier mois, j’ai passé en revue toutes les archives concernant mon père et ses collègues, ou la ville de Téno tout court. Mais je n’ai rien trouvé. Aucune trace d’assurance vie tout court. Et avec le temps j’ai fini par m’y plaire et j’ai perdu de vue mon objectif. 

– Je vois, répondit-il. On va reprendre les recherches ensemble. Je passe te chercher ce soir pour le dîner.

– Je suis toujours invitée ? m’enquis-je, quelque peu surpris.

– Bien sûr ! Tout ceci n’est pas de ta faute. A ta place je n’aurai pas été aussi patient…

– Mais attends qu’est-ce qu’on fera si on découvre si que ton père est derrière tout ça ? Ou plutôt qu’est-ce que toi tu feras ? Parce que moi c’est clair comme de l’eau de roche dans ma tête.

– Peu importe que ce soit mon père ! S’il a fait des choses illégales, il faut qu’il paie. Toutes ces années passées à me sermonner sur ma conduite alors qu’il a fait pire ? Mais je suis sûr qu’il n’est au courant de rien.

    Je souris en entendant ces mots. J’avais enfin trouvé un allié à ma cause, un allié qui était censé être du camp opposé.

    Je l’embrassai avant de descendre de la voiture. Il redémarra et disparut dans la circulation.
Junior
    Je n’avais plus qu’une seule chose en tête : découvrir ce qui s’est vraiment passé à Téno. 

    Une fois à la maison, j’allai retrouver mon père dans son bureau.

– Papa ? l’appelai-je en toquant à la porte du bureau.

– Entre fiston ! me répondit-il.

    Il était assis derrière son bureau avec ce qui me semblait être son discours à la soirée. Il posa le papier.

– Un souci avec la voiture ? me demanda-t-il en examinant ma mine.

– Non tout va bien, elle est super ! le rassurai-je. D’ailleurs je voulais te remercier pour ça.

– Mais ce n’est pas pour ça que tu es venue, remarqua-t-il. Qu’est-ce qui te taraude ?

– En quelle année tu as commencé à faire les assurances vie ? 

    Il semblait surpris par la question.

– Il y a huit ans, répondit-il sans hésiter. C’est plus compliqué que les autres types d’assurance et il faut que la boîte ait de quoi payer les gens en cas de problèmes.  Ça nous a pris trois ans après que Gervais a eu l’idée.

– C’est qui Gervais ?

– Un ami et mon plus fidèle employé. Il était premier de notre promotion à la fac. Et après les études on s’est lancé ensemble dans cette aventure qui vaut aujourd’hui des millions pour ne pas dire des milliards. Il siège au conseil d’administration et il dirige la le bureau de Téno depuis sa création.

     En mentionnant Téno, il avait attiré mon attention.

– Un grand homme comme mon père ! 

    Il sourit. Ce fut l’une des rares fois où il souriait.

– Un très grand homme je dois l’avouer, répondit-il. Et un fidèle ami.

    Il fallait que je rencontre ce Gervais dont il faisait les éloges mais surtout il fallait que je passe son intégrité à la loupe.

– Eh bien il serait temps que j’apprenne des grands, lançai-je. Avec toi je me sens un peu materner même si ce n’est pas le cas.

– Tu veux travailler avec lui ? me demanda-t-il.

– Oui.

– Il faut que tu en parles d’abord avec ta mère, me dit-il. Parce que Téno ce n’est pas la porte d’à côté. Je ne sais pas si elle est prête à te voir quitter la maison comme ça.

– Elle n’a pas son mot à dire, tranchai-je. Et si tu n’étais pas mon boss tu n’aurais pas ton mot à dire non plus. J’ai vingt quatre ans, je suis quand même assez grand pour prendre ce genre de décision tout seul. Je vais lui expliquer et elle comprendra. Et puis ce sera juste pour un mois, le temps de comparer ce que je fais ici à ce que je ferai là-bas.

– Je ne t’ai jamais vu aussi déterminer de ta vie, remarqua-t-il. Gervais sera à la soirée ce soir. Si tu arrives à convaincre ta mère, je te le présenterai.

– Marché conclu, dis-je en lui tendant la main.

    C’était plus pour l’embêter mais il me serra la main à ma grande surprise. Je sortis du bureau et rejoignis ma mère à la cuisine.

– Alors c’était bien ta petite virée ? me demanda-t-elle.

– Oui oui, répondis-je. Elle est super cette voiture.

– Tu vas enfin laisser la mienne tranquille ? me taquina-t-elle.

– Je ne te promets rien, répondis-je en souriant. Assieds-toi maman, il faut que je te parle, continuai-je d’un air grave.

– Je t’écoute chéri, répondit-elle en s’asseyant.

– Au bureau je me sens un peu trop chouchouter, commençai-je. Personne n’ose jamais me contredire quand je parle et je trouve ça gênant.

– Mais c’est sûrement parce que tu as souvent de très bonne idées chéri. Pourquoi contredire quelqu’un si tu n’as pas une meilleure proposition à faire ?

– Peut-être bien, répondis-je. Ou c’est peut-être parce que je suis le fils du boss. Je veux en avoir le cœur net. Je veux aller faire un mois dans une des annexes de la boîte pour être sûr que je suis apprécié à ma juste valeur.

– C’est une très bonne initiative même si j’en connais déjà l’issu. Tu as déjà choisi ?

– Papa m’a parlé de Gervais tout à l’heure et je veux bien le côtoyer un moment, répondis-je.

– Mais il est à Téno, dit-elle, surprise.

– Je sais maman, mais ce sera juste pour un mois. Et je serai à la maison les week-ends.

    Elle me considéra un moment en silence.

– Et tu rappliqueras dès que j’aurai envie de te voir ?

– Oui maman ! Deux heures de voiture pour voir ma maman ce n’est rien du tout.

   Je la serrai dans mes bras.

– Dîner dans dix minutes, me dit-elle alors que je sortais du bureau.
   La conversation ne tourna qu’autour de ma décision pendant le dîner. Après avoir fini de manger, chacun alla se préparer de son côté.

   Une heure plus tard, au volant de ma nouvelle voiture, je passai chercher Becky à son appartement. Elle me rejoignit sur le parking dans sa robe noire moulante à épaules dénudées. Talons aiguilles et petit à sac à main, elle était simple mais élégante.

– Tu es encore plus belle que d’habitude, lui dis-je en lui ouvrant la portière.

– Merci, répondit-elle en me souriant timidement. Toi aussi tu es très élégant.

   Je la remerciai et retournai m’installer au volant. Une fois arrivé sur le pont des Étoiles, je la surpris en de tirer nerveusement sur le bas de sa robe. Je souris. 

– Becky, tu es magnifique alors détends toi un peu, lui dis-je en lui faisant un bisou sur la tempe.

– D’accord je vais essayer, me répondit-elle. 

   Nous descendîmes ensemble de la voiture. L’une des hôtesses de la soirée vint à notre rencontre.

– Bienvenu M. N’gamon. Votre père veut que vous le rejoigniez directement à la table qui vous est réservée. 

– Merci, répondis-je, en tendant mon bras à Becky.
 

    Mon père avait choisi un restaurant en plein air, où la nature croisait la ville, pour sa soirée. Le pont sur lequel se trouvait le restaurant surplombait le lac Kadinga. De là, on pouvait voir les milles et une lumières de la ville se refléter dans l’eau, d’où son nom Le pont des Étoiles. Comme pour rajouter sa couche à ce paysage pittoresque, le maire a fait installer une enseigne lumineuse géante avec le nom de la ville dessus. Le tout était d’une beauté à couper le souffle.

    Seuls les personnages les plus distingués du pays, avaient accès à ce restaurant construit en plein air sur le lac. Et c’est ce grand restaurant que le grand Olivier N’gamon, mon père, a choisi pour annoncer sa candidature à la mairie.

    Je rejoignis mes parents à la table qui avait été installé sur une petite estrade à l’écart de tous. Becky m’agrippait fermement le bras. Quand ma mère nous vit nous approcher, elle vint à notre rencontre pour nous faire la bise. Mon père était en grande conversation avec le maire sortant. 

    Quand il nous remarqua enfin, il nous jeta un regard noir. Son verre explosa dans sa main, sous la pression qu’il exerçait dessus. Ma mère se retourna brusquement en entendant le bruit.

– Tout va bien chéri ?

    Toute l’assistance se tut, le regard rivé sur lui.

12 commentaires sur “Beautiful Imperfection (Part IX)

  1. Ah oui c’est ca la surprise!!! Fond d’ecran jaune + une episode n’gamon hmm!!fallait juste laisser fond d’ecran et mettre 4episodes😡!! Voa moulé a l’aise ds la lecture☺️😘

  2. Fond d’écran jaune… 😌
    Force pr. Nous récompensés d’être toujours à la une de tes écrits u fais 3épisodes enchaîné 😌😌😛😛😛😛

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