Beautiful Imperfection (Part VI)

​    Elle se retourna et me sourit timidement. Je souris à mon tour en faisant un pas de plus dans sa direction. Elle baissa la tête.

– J’ai passé la journée à penser à toi, commençai-je. Je voulais t’appeler mais je n’ai pas ton numéro.

   Elle releva vivement la tête.

– Pourquoi tu n’es pas venu au fait ? me demanda-t-elle.

– Trois mots : mis à pied.

– A cause de notre petit dérapage d’hier ?

    Je hochai la tête.

– Je venais justement te parler à propos de ça, balbutia-t-elle en se tordant nerveusement les mains.

– Tu es en manque c’est ça ? lui demandai-je.

– Non non pas du tout, me rassura-t-elle. Au fait c’était ma première fois.

    Elle baissa de nouveau la voix. Je la regardai, surpris.

– Je suis vraiment désolée…

– Mais pourquoi tu ne me l’as pas dit ?

– Je ne sais pas ce qui m’a pris mais j’ai voulu t’impressionner, répondit-elle. C’est stupide je sais et je n’ai réussi qu’à te causer des ennuis.

– M’impressionner pourquoi ? Dans quel but ?

– Tu es tellement sûr de toi dans tes faits et gestes que tu en es presque parfait, alors que moi c’est tout le contraire. Je manque terriblement de confiance en moi et pour moi rouge peut devenir noir si on me le dit alors que pour toi rouge restera toujours rouge quoi qu’il arrive. J’ai peur de tout et de rien.

   Je souris en entendant ses paroles. Je la fis asseoir sur un banc dans le jardin et m’assis à côté d’elle.

– Tu te goures complètement à mon sujet, commençai-je. Déjà je ne suis sûr de rien. En cas de problème, mon cerveau étant trop petit et trop lent pour me proposer mille et une solutions comme c’est souvent le cas chez toi, je choisis la seule solution qu’il réussit tant bien que mal à me proposer et je l’impose aux autres. Et pour le deuxième point, c’est par manque de confiance en moi que je suis resté toute une année à la maison après avoir obtenu mon master. Je ne savais pas ce que je voulais et surtout je doutais d’être à la hauteur des espérances de mon père alors je faisais vraiment tout sauf ce qu’il voulait pour ne pas avoir à le décevoir. Et le rouge peut devenir noir si on le modifie dans Photoshop.

   Elle éclata d’un rire léger et agréable qui me fit sourire. Je repris mon air sérieux et attendis qu’elle reprenne son souffle.

– Et le scoop de l’année : j’ai peur des geckos, terminai-je. Tu vois ? Je ne suis pas du tout parfait, loin de là.

– Moi je n’ai pas peur des bestioles mais seulement que les araignées et moi ne sommes pas très potes, répondit-elle en souriant.

– Je peux bien comprendre pour les araignées. Avec leurs 54 pattes et 33 yeux, il y a de quoi faire flipper. Dès que tu en vois un, appelle tonton Junior à la rescousse. Je débarquerai avec la cavalerie.

   Elle posa son index sur ses lèvres, faisant mine de réfléchir. Je me concentrai sur ses lèvres, en partie décolorées, rapprochant ma tête sans m’en rendre compte. Elle ferma les yeux elle aussi mais avant même que nos lèvres n’entrent en contact, elle détourna la tête.

– Il faut que je rentre, lâcha-t-elle froidement en se levant. Je voulais juste m’excuser de t’avoir causé des ennuis.

    Avant même que je ne puisse parler, elle s’éloignait déjà. Je la rattrapai.

– C’est quoi le souci ? Pourquoi cette soudaine froideur ? Je comprends que tu ne veuilles pas que je t’embrasse mais pourquoi tu t’en vas ?

– C’est vraiment compliqué dans ma vie actuellement Junior, répondit-elle. Je ne peux me permettre une relation ou quoi que ce soit dans le genre actuellement.

    Elle reprit son chemin et sortit de la maison.

Rebecca

    Le samedi, assise devant la pile de travail que j’avais accumulé au cours de la semaine, je repensai à ma soirée de la veille. A Junior, au baiser que j’ai du esquiver, à ses sentiments naissants et surtout aux miens. Je ne pouvais pas laisser cela arriver. Je ne pouvais pas me permettre d’avoir des sentiments pour lui, ce serait malsain. Il fallait à tout prix que je m’éloigne de lui et ce par tous les moyens. Je me levai, pris mon sac à main et quittai le bureau. Il fallait que je parle de tout ceci à quelqu’un. Je ne pouvais plus garder tout ça pour moi seule, je risquais de devenir folle. La seule amie que j’avais c’était Olivia mais elle était incapable de garder un secret donc je devais aller voir ma mère pour lui parler de tout ça. Je pris mon sac et déboulai hors de mon bureau comme une furie. Je passai sans m’arrêter devant le poste d’Olivia qui me regarda avec des yeux ronds. J’étais au bord de la crise de nerf. J’appelai l’ascenseur et descendis au rez-de-chaussé. Dès que l’ascenseur s’ouvrit, je me précipitai hors de la cabine.

– Bonjour ! saluai-je vivement Anass, le chauffeur de M. N’gamon.

– Bonjour mademoiselle , répondit-il. Monsieur m’envoie vous chercher.

   Mon sang ne fit qu’un tour dans mes veines.

– Très bien allons-y, lui dis-je en essayant de paraître le plus naturel possible.

   Je le suivis en silence malgré moi. Une fois dans le parking, il m’ouvrit la portière et je m’installai sur le siège arrière. Le soleil commençait à disparaître, couvrant la ville d’une lumière dorée et apaisante. Malgré toute cette beauté, j’étais tendue comme un arc car je redoutais la discussion que j’allais avoir avec M. N’gamon. Anass me ramena chez ce dernier, mon cœur battant un peu plus fort au fur et à mesure qu’on se rapprochait de la maison. La voiture passa la grille du domaine des N’gamon et se gara devant la maison. Je descendis tout de suite après et commençai à monter les marches. J’entrai dans le grand salon, digne d’un hall d’hôtel cinq étoiles.

– Monsieur vous attends dans le jardin, m’annonça une des domestiques qui vint à ma rencontre. Par ici s’il vous plaît.

    Je la suivis dans un long couloir qui aboutissait sur un beau jardin. Pleins de fleurs. Un tablier autour du cou, un arrosoir dans une main et une petite pelle dans l’autre, il était occupé à arroser les fleurs. Je fis un bruit discret pour qu’il remarque ma présence avant de le saluer de façon à lui éviter une surprise. Il se retourna vers moi.

– Bonjour Becky ! lança-t-il d’un air joyeux que je ne lui reconnaissais pas.

– Bonjour monsieur, répondis-je, toujours debout sur les marches menant au jardin.

    Il me fit signe de m’approcher. Je regardai les fleurs et fis un petit non de la tête. Il déposa sa pelle et son arrosoir.

– Désolé j’avais oublié que tu étais allergique aux fleurs, s’excusa-t-il en essuyant ses mains sur son tablier.

    Je souris timidement. Il retira son tablier.

– Allons dans mon bureau, on y sera plus à l’aise pour parler, reprit-il en m’indiquant le couloir.

    Pour je ne sais quelle raison, j’appréhendais ce qu’il allait me dire. Je dus faire violence à mes jambes pour pouvoir mettre un pied devant l’autre. Sentir une présence aussi imposante derrière moi me faisait froid dans le dos. Je soupirai presque de soulagement lorsqu’on atteignit le salon. Je lui cédai la place pour qu’il passe devant.

– Ça va ? me demanda-t-il en me voyant en nage.

– Oui très bien monsieur, j’ai juste un peu chaud, mentis-je en sortant un mouchoir de mon sac à main.

    Je me tamponnai le visage pendant qu’il me conduisait vers une porte à côté des escaliers. Il entra dans la pièce et s’assit derrière son bureau. Il me fit signe de m’asseoir, j’obtempérai.

– Comment allez-vous monsieur ? bafouillai-je. 

– Très bien, répondit-il. Becky sais-tu pourquoi je t’ai fait venir ?

    Je fis non de la tête.

– Qu’est-ce que je t’ai dit à propos de ma famille ? me demanda-t-il d’une voix calme.

– D’en rester le plus loin possible.

– Ah je croyais que tu avais oublié cette règle, dit-il en souriant. Parce que j’ai été désagréablement surpris en voyant ceci.

   Il prit une commande sur le bureau et alluma un écran derrière moi. Je me retournai pour voir de quoi il parlait et je nous revis. Junior et moi, assis sur un banc dans le jardin sur le point de nous embrasser.

– Je peux vous expliquer monsieur, lui dis-je.

– Je n’attends que ça !

18 commentaires sur “Beautiful Imperfection (Part VI)

  1. 😂😂😂 le Dad xai un 007 ou kw mah… tcho… 😒😒😒et puis pk il dmd à l fille de rester loin de sa famille, lui mm à un projet sr l go ou kw?😂😂😂😂

  2. Enfn Paul à laissé son inspiration revenir en oubliant la petite du tiequar qui le dérangeait mdr . J’ai beaucoup apprécié cette partie. C’est de mieux en mieux. Vive l’inspiration. Et bonne continuation.

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