À coeur ouvert  (Part VI)

    Assise ce soir là encore dans ce restaurant, j’attendais Andrew. Je me retournais à chaque fois que je sentais quelqu’un venir dans ma direction. Et à chaque fois que je me rendais compte que ce n’était pas lui, mes espoirs de le revoir s’estompaient un peu plus. Un mois s’était écoulé depuis notre dernier rendez-vous. La dernière fois qu’on s’était vu, je lui avais dit que j’étais attirée par lui. C’est peut-être ce qui l’a fait fuir. Ou plutôt mon passé. J’ai été surprise par sa réaction. Il était censé écouter mon histoire, pas me juger. Je voulais juste qu’il m’écoute, qu’il porte son attention sur moi et pour être tout à fait honnête, je le désirais. Chaque fois qu’il était près de moi, ma peau réclamait ses caresses, mes lèvres réclamaient les siennes, j’avais envie de le sentir en moi et je me faisais violence pour rester concentrée sur le récit.

    Je voulais passer le voir à la radio mais c’était trop risqué. Vous vous demandez aussi comme Andrew qui suis-je vraiment ? Je suis celle qui a créé l’entreprise CORAX, je travaille dans l’événementiel. J’aime le luxe et j’ai toujours tout fait pour atteindre les objectifs que je me fixe. Bref, je suis la directrice de Caroline.

    Le lundi suivant, j’arrivai au boulot le moral dans les chaussettes. Je cherchais un moyen pour revoir Andrew. Je voulais lui parler, lui expliquer que je ne suis plus du tout la fille dont je lui ai parlé l’autre fois. Je voulais qu’il me comprenne.

– Bonjour madame. Je suis contente de vous voir. Tout est prêt pour le mariage que vous m’aviez confié. J’ai choisi un très bel endroit où aura lieu la cérémonie et la réception. J’ai pensé comme vous l’auriez fait mais j’ai besoin des noms des mariés pour pouvoir commander le gâteau et pour les cartes d’invitations…

– Caroline ?

– Oui madame ?

– Contente-toi de déposer le rapport sur mon bureau ! S’il y a des rectifications à faire je te le dirai et aussi arrête de me suivre partout comme une hippie.

– D’accord madame.

    Arrivée dans mon bureau, je jetai mon sac à main sur le divan et m’assit derrière mon bureau, le regard dans le vide. J’avais une de ses migraines. Je pensai de nouveau à André. Je pris mon téléphone et appelai la radio. Une femme décrocha après la deuxième sonnerie.

– André, il y a une femme en ligne qui aimerait te parler, lui dit la femme.

Elle dit que c’est urgent.

    Après avoir patienté quelques instants au téléphone, André me reçut enfin.

– Allô bonsoir madame. A qui ai-je l’honneur ?

– Je veux te voir Andrew. Ne raccroche pas s’il te plait. Je n’ai plus assez de temps mais j’aimerais te revoir avant qu’il ne soit trop tard…

– Trop tard pour quoi ?

– On peut se voir jeudi soir ?

– J’ai une émission jeudi. Contrairement à d’autres j’ai un boulot et des obligations. Pourquoi pas samedi comme on le fait d’habitude ?

– Je voyage ce vendredi donc je ne pourrais pas être là samedi.

– Jeudi après mon émission mais je viendrai mais ce sera tard.

– Je vous attendrai.

André

    Le jeudi, le temps que j’arrive au restaurant il était déjà 22h. Je payai mon taxi et entrai dans le restaurant. La table que nous occupons d’habitude était vide. Je regardai autour de moi essayant de repérer mon rendez-vous quand un des serveurs s’approcha et me tendit un bout de papier.

– De la part de la dame avec qui vous avez rendez-vous, me dit-il avant de s’éloigner.

    Je dépliai le bout de papier et lus ce qui était écrit dessus.


« Rejoignez-moi à l’hôtel en face, chambre 22  »

    Je suivis les instructions et frappai à la porte. Elle vint m’ouvrir aussitôt. Elle portait un peignoir blanc. Elle m’invita à entrer.

– A quoi rime tout ceci ? lui demandai-je une fois à l’intérieur. Pourquoi vouliez-vous me voir ? Et pourquoi ici ?

– Merci d’être venu Andrew.

– Je ne voulais pas venir mais vu la façon dont vous m’avez supplié.

– Je ne vous ai pas supplié. Pourquoi vous n’êtes plus venu à nos rendez-vous ? Vous m’en voulez toujours ?

– Non ! Ce que vous faites de votre vie ne me regarde en rien. Et je m’excuse de m’être emporté l’autre fois.  J’étais en congé ces trois dernières semaines, c’est pourquoi je ne suis plus venu à nos rendez-vous. J’aurais pu vous prévenir mais je ne connais ne serait-ce que votre prénom.

– Ce soir je vous propose de découvrir mieux que mon prénom, répondit-elle en défaisant la ceinture de son peignoir et glissa ce dernier sur le sol.

     Elle portait une lingerie fine en dentelle noire. Elle avait une poitrine généreuse et des courbes qui m’empêchaient de faire une phrase sans en perdre le fil.

– Je…je ferai mieux d’y aller, balbutiai-je en reculant.

    Elle s’approcha pour m’embrasser mais je détournai la tête pour l’en empêcher. Elle me retint par le cou et colla son corps contre le mien en me regardant droit dans les yeux. Je la repoussai doucement mais fermement. Elle se rapprocha de nouveau en continuant de me fixer d’un regard implorant. Je la repoussai de nouveau.

– Vous réveillez des trucs en moi c’est vrai mais je préfèrerais qu’on garde notre relation exclusivement professionnelle.

– Je ne t’attire pas c’est ça ? dit-elle en reculant cette fois.

– Tu m’attires beaucoup. Dire le contraire serait mentir, mais je ne peux pas me permettre ceci.

– Pourquoi ? Qu’est-ce qui t’en empêche ? Tu parles de relation professionnelle mais c’est pas comme si on bossait ensemble à la radio. C’est pas comme si je m’étais présenté chez ton patron pour raconter mon histoire et il m’a confié à tes soins. On s’est rencontré par hasard un dimanche soir à la plage. Et si j’ai décidé de te raconter mon histoire c’est parce que je le voulais. On est avant tout des adultes. Me dire que tu n’as pas envie de moi et que je te dégoûte me serait moins humiliant que ce que tu me sors comme excuse là maintenant.

    Elle se retourna pour ramasser son peignoir mais je la retins par le poignet. Elle essaya de se dégager mais je la saisis par la taille et la plaquai contre moi pour qu’elle ressente les effets de son discours sur moi. Elle renversa la tête de côté.

– Tu es très sexy dans cette lingerie, lui murmurai-je à l’oreille en effleurant son coup des lèvres.

    Elle ferma les yeux au contact de mes lèvres avec sa peau. Je lui fis un bisou sur sa mâchoire parfaitement dessinée. Je lui mordis ensuite le lobe de l’oreille, lui arrachant un petit soupire. Les paupières toujours closes, elle chercha mes lèvres à l’aveuglette et je les lui offris dans un baiser passionné.  Je la soulevai ensuite pour la porter jusqu’au lit, tout en continuant de l’embrasser. Je la couchai sur le dos et elle commença à déboutonner ma chemise. Elle s’attaqua ensuite à ma braguette et me libera de mon pantalon. Debout à côté du lit, je la regardai sortir ma verge déjà tendue de son antre. Elle se mit à genou sur le lit et se mit à me caresser le torse. Je la relevai doucement et recommençai à l’embrasser. Je dégrafai ensuite son soutien-gorge et après ce fut le tour de sa culotte. Je me couchai sur elle et recommençai à l’embrasser. Je posai des bisous sur chaque partie de son corps provoquant de petits gémissements par endroits. Quand je la pénétrai enfin, elle soupira longuement et je commençai à la besogner. La pilonnant sans pitié, je provoquais en elle une vague de sensations toujours plus fortes jusqu’à ce que nous explosions tous les deux, haletants comme deux athlètes aux jeux olympiques.

– Je meurs de faim, lui annonçai-je après avoir repris mon souffle.

– Quelle heure est-il ? me demanda-t-elle.

– Minuit environ.

– Minuit ? Il faut que j’y aille. J’ai perdu la notion du temps.

– Le seul endroit où vous n’êtes pas autoritaire est dans le lit on dirait. J’ai aimé entendre vos gémissements quand je vous faisais l’amour. Et je préfère ça de loin à votre ton autoritaire de d’habitude.

– C’est pas drôle, répondit-elle. Je dois partir. J’ai déjà tout réglé et la chambre est à toi jusqu’à demain matin. Tu peux commander ce que tu veux.

    Elle s’habilla avec hâte. 

–  A vos ordres chef ! m’exclamai-je en faisant un salut militaire. Mais je n’ai même pas eu ma lettre d’aujourd’hui ainsi que mon baiser d’au revoir.

– Pour aujourd’hui ce sera la lettre «  O ». Merci pour être venu ce soir Andrew.

    Elle s’approcha pour m’embrasser tendrement avant de quitter la chambre.

By A.P. 

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