Ryan entra dans l’entrepôt suivit de près par son oncle et « ses » hommes. Sur leur droite se trouvait une grande table en fer entourée d’une dizaine de chaîne.  A quelques mètres de la table se trouvait un comptoir improvisé en bar, sur lequel trônait une bouteille de Magnum. A leur gauche se trouvait un vieux canapé en cuir noir où était couchée Sarah. Dès que cette dernière vit son mari, elle accourut pour le serrer dans ses bras.
– Tu vas bien chérie ? Tu n’as rien ?
– Oui je vais bien mon amour, répondit-t-elle avant d’embrasser Ryan.
– Tout va bien maintenant, lui murmura Ryan. Tu ne risques plus rien.
– Mais qu’est-ce qui s’est passé ? demanda-t-elle. Qui sont tous ces hommes ?
– Je t’expliquerai tout ça une fois à la maison, pour le moment je veux m’assurer que tu es en sécurité.
Il l’emmena vers la sortie et fit un signe de tête discret aux hommes qu’il avait réussi à recruter en cours de route. Il emmena sa femme à la voiture de Sam et lui donna son téléphone.
– Reste dans la voiture et si je ne sors pas d’ici dix minutes, rentre à la maison et appelle le commissaire Faichal.
– D’accord mais promets-moi que tu vas sortir d’ici dix minutes, répondit Sarah.
Il sourit puis embrassa sa femme avant de retourner dans l’entrepôt.
Il retrouva son oncle et ses deux sujets ligotés à des chaises et tenus en joue par les quatre autres.
– Vous les avez fouillés ? demanda-t-il.
– Oui, répondit le chauffeur.
– Vraiment habile de ta part Ryan, le félicita Shérif. Retourner mes meilleurs hommes contre moi ? C’est du génie. Si je n’avais pas les mains liées, je t’aurais bien applaudi. Mais c’est quoi le but de tout ceci ? Parce que tu as  déjà ta femme. Que veux-tu de plus ? De l’argent ?
– Ce n’est pas une question d’argent mon cher oncle, répondit Ryan en l’imitant.
– Il s’agit de quoi alors ? s’enquit-il.
– Il s’agit d’honneur, répondit Ryan. On ne s’en prend pas à ma famille sans conséquences et tu vas l’apprendre à tes dépends.
Il ressortit et reprit son téléphone chez sa femme. Il appela le commissaire lui-même et lui indiqua où ils se trouvaient. Il retourna à l’entrepôt.
– Assurez-vous qu’ils soient bien ligotés et allons-nous en, dit-il aux hommes.
Il balaya l’entrepôt du regard et repéra une caisse en bois sous la table.
– Mettez tous les armes dans cette caisse là-bas, leur dit-il en désignant la caisse.
– Mais il y a nos empreintes partout dessus, répondit l’un des hommes.
Les trois autres éclatèrent de rire.
– Tu as regardé trop de films dans ta vie toi, lui dit le chauffeur. On est au Togo qui va venir relever ton empreinte sur des armes et à quelle empreinte vont-ils les comparer.
– Ne perdons pas de temps ici les gars, cria Ryan.
Ils ramassèrent les sept pistolets et allèrent le déposer dans la caisse.
Ryan prit une photo des malfrats qu’il envoya au commissaire Faichal.
Ils sortirent tous les cinq de l’entrepôt et laissèrent Shérif et ses hommes à la merci du commissaire Faichal qui ne tarda pas à venir avec ses hommes. Les quatre prirent l’une des voitures de Shérif et Ryan prit celle de Sam. Les quatre hommes suivirent Ryan et sa femme chez eux.
Deux heures après son départ, Ryan était de retour à la maison avec sa femme. Quand Flory vit sa meilleure amie saine et sauve, elle lui sauta au cou. Sam, quant à lui, avait déserté les lieux.
– Il a décidé de retourner s’occuper du bureau, répondit Flory quand Ryan demanda d’après lui.
Il ressortit de la maison et fit entrer les quatre hommes qui les avait suivi. Ils s’enfermèrent dans le bureau de Ryan avec ce dernier.
– Bon messieurs vous avez rempli votre part du contrat, à moi de remplir la mienne mais j’aimerais vous poser quelques questions bien avant, dit-il.
– En quoi êtes-vous doué ? Genre que savez-vous faire ? Mais dites d’abord vos noms et prénoms et vos niveaux d’études.
– Moi c’est Will AHOSSI et comme je te l’ai dit j’ai eu mon master en marketing, répondit Will, le chauffeur.
– Moi c’est Kpatcha PITCHE et j’ai mon permis pour les poids lourds, répondit le plus court de la bande.
– Intéressant tout ça, commenta Ryan. Et vous deux autres ?
– Moi c’est SOSSOU François et je suis doué pour le commerce, répondit celui qui se tenait devant la porte.
– Et moi c’est Mamadou et je suis un homme à tout faire, dit le dernier de la bande.
Ryan prit une profonde inspiration et s’adossa à son fauteuil.
– J’ai une proposition intéressante à vous faire, annonça-t-il. Je vous donne la moitié de ce qui est prévu et en contrepartie je vous offre des emplois. Vous en dites quoi ?
– Moi je voudrais prendre l’argent pour lancer mon propre business, répondit tout de suite François.
– Comme tu voudras, dit Ryan en sortant son chéquier d’un tiroir de son bureau.
Il signa un chèque de cinq millions à son nom et le lui tendit. Il prit le chèque, le remercia et sortit du bureau. Ryan se tourna vers lui.
– Si vous ne êtes pas manifesté, c’est parce mo offre vous intéresse, je me trompe ?
Ils répondirent non de la tête.
– Bien pour toi Will, je t’offre un stage de trois mois payés dans mon entreprise et j’aurai besoin d’un directeur marketing mais qui a un master 2 pour mon annexe à Cotonou. Si tu es intéressé alors autant chercher dès maintenant une école.
– Je suis preneur ! répondit Will, tout excité.
– Alors bienvenu dans mon entreprise, dit-il e lui serrant la main. Dès lundi tu viens avec ton CV et tes diplômes.
Il lui signa un chèque de 2,5 millions et le libéra.
– Il me semble que toi tu étais présent dans la pièce quand je parlais de cargaisons avec Shérif n’est-ce pas ? demanda-t-il à Kpatcha.
Il opina du chef.
– Très bien. Il s’agit de gros camions et je cherche des chauffeurs parce que je crée une agence de livraisons dans la sous-région. Ça t’intéresse ?
– Bien sûr que ça m’intéresse, répondit Kpatcha avec son fort accent Kabyè.
– Alors laisse-moi ton contact et je t’appellerai dès que tout sera réglé. Ça prendra un peu de temps mais je t’appellerai quand même. Je te dois ça.
Il lui signa un autre chèque de deux millions et demi et il sortit du bureau.
– Toi j’ai besoin d’un homme à tout faire, qui sera chauffeur de ma femme et qui veillera sur la maison en mon absence.
– Tout ce que vous voulez patron, répondit Mamadou.
– Viens je te présente à ma femme, dit-il en se levant.
Ils sortirent dans le salon qu’ils retrouvèrent vide. Il ordonna à Mamadou de l’attendre au salon et fouilla toute la maison mais aucune trace de sa femme et de son amie. Il revint au salon, désemparé.
– Patron quelque chose ne va pas ? demanda Mamadou en voyant la mine de son nouveau patron.