Ryan supprima les photos de son téléphone. Il lut ensuite le message de Vanessa lui annonçant qu’il avait une entrevue importante à 9h30 et qu’il lui avait envoyée le dossier par mail. Il s’habilla et descendit, son ordinateur portable sous le bras, à la cuisine où l’attendait sa femme.
– Je t’ai fait des crêpes chéri, annonça celle-ci en entendant son mari entrer dans la cuisine.
   Il embrassa sa femme et s’assit à table la mine sérieuse.
– Ça va chéri ? demanda Sarah en le regardant. Tu m’as l’air soucieux.
– C’est rien bébé, j’ai juste eu des nouvelles du bureau et il y a une entreprise partenaire qui veut se retirer mais c’est l’un de mes plus gros fournisseurs ce ne serait donc pas bon pour les affaires. Vanessa a réussi à dégoter une entrevue avec leur directeur de diffusion à 9h. J’espère qu’ils vont changer d’avis après ça.
– Tu veux que je t’y accompagne ? proposa sa femme. Tu connais bien mes pouvoirs de persuasion, continua-t-elle en venant se placer entre ses jambes.
   Ryan sourit malgré lui.
– Je les connais bien chérie et je veux être le seul que tu persuades, surtout de la façon dont tu le fais.
   Elle sourit et embrassa son mari.
– Alors dépêche-toi de manger, répondit Sarah en se dégageant.
   Il la retint par la taille.
– J’ai encore une heure et demi devant moi tu sais, fit-il d’une voix sensuelle en la rapprochant pour mettre son visage dans son décolleté.
– Utilise les pour maitriser le dossier et trouver comment les convaincre de rester. Si tu arrives à les convaincre tu seras récompensé comme il se doit.
   Elle lui fit un clin d’œil coquin qui le motiva à se mettre immédiatement au travail. Il ouvrit son PC et fit semblant de se concentrer sur le dossier. Pensant plutôt à la façon dont Flory a eu ses photos. Une heure après, il se leva et monta se changer pendant que sa femme était occupée à regarder Sénam sur la LCF.
– Je suis prêt chérie, annonça-t-il en descendant les escaliers.
  Sarah se leva.
– Comment tu me trouves ? demanda-t-il en tournoyant sur place.
– Tous les mannequins de la terre peuvent se rhabiller, répondit-elle en l’admirant. Mais mets plutôt une cravate rouge. C’est plus agressif. Attends je vais te la chercher.
   Elle emporta l’autre cravate et revint une minute après avec une rouge vif. Elle la lui noua et la lui passa au cou. Il fit reste et lui fit un bisou sur les lèvres.
– Va épater ce fils de pute !
– Surveille ton language jeune fille ! répondit-il en fourrant son PC dans son sac. Mais tu peux compter sur moi pour ça.
   Il déposa un dernier bisou sur le front de sa femme et quitta la maison dans son Infiniti Q50. Il longea le boulevard Felix Houphouët-Boigny vers l’ouest, puis tourna sur le boulevard du 13 Janvier en direction de la plage, une centaine de mètres plus loin, il s’arrêta à un guichet automatique pour retirer un peu de liquide. Il continua son périple. Il bifurqua sur le boulevard du Mono et se rendit au point de rendez-vous.
   Il sortit son téléphone et mit l’enregistreur en marche juste au cas où. Il descendit  ensuite de la voiture et repéra Flory sous un cocotier, en pleine conversation avec un gars. Il s’approcha d’eux et ils se turent en le voyant approcher.
– Bonjour Flory, lança-t-il. Tu as cinq minutes pour me dire ce que tu veux.
– Déjà commence par te calmer, répondit Chris d’un air menaçant. Le problème avec vous les riches c’est que vous vous croyez toujours au dessus des autres.
– C’est lui qui te demande de faire ça Flory ? s’enquit-il en pointant Chris du doigt. Qu’est-ce que Sarah pensera de toi si elle apprend ce que tu fais ?
– Je te retourne la question Ryan, répliqua-t-elle. Moi je ne suis que sa meilleure amie qui a découvert que son mari chéri le trompe et toi tu es l’homme de sa vie, celui à qui elle a juré fidélité pour le reste de sa vie et qui  mènes une double vie. Alors ne me demande pas ce que Sarah pensera de moi mais plutôt ce qu’elle pensera de toi si elle découvre pourquoi tu es tout le temps en voyage d’affaires.
– Je comptais tout lui expliquer et c’est ce que je vais faire tout de suite, répondit-il.
    Il tourna les talons et retourna vers sa voiture.
– Tu es sûr que ta voiture est plus rapide qu’un message WhatsApp ? lança Chris dans son dos.
   Il s’arrêta net.
– Tu es sûr d’arriver chez toi avant qu’elle n’ait le temps de voir les photos et le message qui va les suivre ? continua-t-il en faisant un pas dans sa direction.
– Qu’est-ce que vous voulez ?
– Je crois qu’on va mieux s’entendre maintenant, répondit-il. Cinq cents mille par mois et on en parlera plus.
– Je te donne un million cinq cent mille et tu oublies tout ça, et quant à toi tu ne t’approches plus jamais de ma femme.
– Je ne crois pas que tu sois en position de faire la loi ou même de marchander. Soit on fait comme j’ai dit ou soit j’envoie ces photos à ta femme. C’est toi qui voit, moi je n’ai rien à perdre de toute façon.
– Très bien attends !
   Il retourna à sa voiture et revint avec l’argent qu’il avait retiré au guichet.
– Tiens !
   Il tendit les billets à Chris. Ce dernier prit l’argent et le compta.
– Il y a cinquante mille de plus que ce qui est prévu, remarqua-t-il.
– Prends ça comme une avance sur celui du mois prochain, répondit Ryan. Mais je te préviens si ma femme tombe sur ces photos d’une manière ou d’une autre je te ferai mettre à l’ombre tellement longtemps que tu te demanderas à quoi ressemble le soleil.
– Déstresse mon pote, je vais les garder bien au chaud au fond de ma corbeille pour ne pas les publier par maladresse, fit-il en respirant l’odeur des billets.
– Ça vaudrait mieux pour toi !
   Il remonta dans sa voiture sans accorder un regard de plus à Flory. Il démarra en trombe et reprit la route, en direction de l’hôtel de la Paix. Il tourna Rue de l’Entente en direction du restaurant Béluga.
   Il saisit son téléphone et appela Samuel, son meilleur ami et associé. Ce dernier décrocha tout de suite.
– Ryan ?
– Sam, j’ai besoin de toi à Béluga dans dix minutes, je ne crois pas que je puisse convaincre les chinois de ne pas se retirer. Je risque de tout faire foirer.
– Je serai là dans cinq, il nous faut les garder.

Une heure plus tard

– C’est un plaisir de continuer à faire affaire avec vous monsieur Chang, conclut Samuel en serrant la main du représentant de la société Feng Industry, société spécialisée dans la fabrication de composants de salle de bain.
   Il s’inclina légèrement en avant pour les saluer. Il sortit ensuite du restaurant. Samuel se tourna vers son meilleur ami.
– Qu’est-ce qui ne va pas mec ?
   Ryan hésita quelques secondes puis se lança :
– Tu te souviens de Flory ?
– Bien sûr ! La meilleure amie de ta femme !
– Elle sait pour le petit !
– Quoi ? ! s’exclama Samuel. Comment ça se fait ?
– Je ne sais pas mais elle s’est associée avec un gars pas net pour me faire chanter, répondit-il en buvant son vin. Ils veulent cinq cent milles francs par mois pour garder le silence. Je leur ai proposé un million cinq cents pour qu’ils la ferment pour de bon mais il a refusé.
– Tu es malade ? Proposer encore plus d’argent à quelqu’un qui te fait chanter ? Tu crois qu’il va s’arrêter là et oublier tout ça ? Au contraire, ils voudront encore plus et encore plus. La meilleure des choses à faire est de tout dire à ta femme mec !
– Je sais mais je ne peux pas maintenant, répondit Ryan le regard dans le vide.
– Et qu’est-ce qui t’en empêche ?
–  Elle veut un bébé Sam ! On a passé toute la journée d’hier à faire l’amour et même toute à l’heure ça va reprendre. Tu m’imagines en train de lui annoncer que j’ai déjà un enfant et que je ne lui ai rien dit ?
– J’avoue que c’est pas évident mais plus tu laisses le temps passer plus elle se sentira trahi quand tu lui diras.
    Ryan soupira.
– Il faut qu’elle le sache Ryan. Tu dois lui dire !
– C’est bon j’ai compris. Je vais essayer de trouver le bon moment. Je ferais mieux de rentrer, elle m’attend.
– Si tu as besoin de moi pour lui dire, tu peux compter sur moi mec.
– Non ce ne sera pas nécessaire mais merci. Tu es un frère.
   Ils se levèrent tous les deux et se donnèrent une accolade puis sortirent du restaurant. Ryan prit sa voiture et rentra chez lui. Il klaxonna trois fois et le gardien vint lui ouvrir. Il gara sa voiture et entra dans le salon.
– Chérie je suis rentré, cria-t-il en refermant la porte derrière lui.
– Bonne arrivée Ryan, répondit Flory en sortant de la cuisine avec un jus de fruit à la main.
  Ryan dut se livrer une véritable lutte intérieure pour ne pas lui lancer sa mallette au visage.
– Où est ma femme ? demanda-t-il après avoir pris quelques secondes pour se calmer.
– En haut, elle se change ! répondit Flory en s’asseyant.
– Alors qu’est-ce que tu fais ici ? s’enquit-il, les dents serrées.
– C’est ta femme qui m’a appelée pour l’accompagner faire du shopping, répondit-elle avec insolence. Sinon je n’ai rien à faire ici.
– Je t’ai dit il y a à peine une heure que je ne veux plus te voir ici, mais tu ne m’as pas bien compris on dirait.
– Tu vas faire quoi ? Me foutre à la porte ?
– Exactement ! trancha-t-il en la saisissant par le bras.
   Sarah arriva pile à ce moment.
– Qu’est-ce qui se passe Ryan ?
– Je sors cette escroc qui te serre d’amie de chez moi !
– Lâche-la s’il te plait Ryan !
   Sarah s’approcha pour dégager sa meilleure amie de la main de son mari. Elle emmena son mari à l’étage.
– Écoute moi chéri, je comprends que l’entrevue se soit mal passée et que tu aies besoin de te défouler mais tu ne peux pas le faire sur la première personne que tu vois en rentrant à la maison. Si tu as besoin de te défouler sur quelqu’un fais le sur moi, je suis là pour le meilleur et pour le pire chéri.
   Ryan soupira longuement et s’assit au bord du lit.
– L’entrevue s’est bien passée ! répondit-il, après un court moment de silence.
– Alors pourquoi tu t’en es pris à Flory ?

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– Que va répondre Ryan à sa femme ?
– Que va-t-il se passer ensuite à votre avis ? Réagissez !

Paul Bernard AMGL