Ryan fit mine de ne pas l’avoir entendue et se concentra sur la douce voix de The Weeknd qui chantait Can’t feel my face à travers l’autoradio. Dandinant de la tête, il démarra quand le feu tourna au vert. Quelques pâtés de maisons plus loin, il se gara devant la maison où ils s’étaient installés quand Ryan a gagné ses premiers millions. Une grande maison blanche avec des volets noirs.
– Ryan je veux un bébé ! répéta Sarah en élevant un peu plus la voix.
– Tu es sûre ? demanda-t-il enfin.
– Oui !
– Je veux dire un bébé c’est beaucoup de responsabilités, tu te sens prête ?
– Écoute chéri j’ai toujours été prête à être mère c’est toi qui n’es jamais là, répondit-elle. On ne tombe pas enceinte toute seule je te rappelle.
    II lui sourit tendrement. Il posa ensuite sa main au creux de son cou et se pencha vers elle pour l’embrasser.
– Viens, allons faire ce bébé, dit-il enfin en ouvrant la portière.
– Non attends.
   Il referma la portière et la regarda, surpris. Elle ramena ses lèvres contre elle et se mit à l’embrasser à son tour. D’une main habile, elle ouvrit sa braguette et en ressortit l’arme de son assaut dans l’ascenseur. Elle se mit à frotter la tête avec son pouce tout en le regardant dans les yeux. Elle se pencha pour couvrir de sa bouche la verge de son mari qui avait doublé de taille en quelques secondes. Ce dernier renversa son siège en arrière pour lui laisser plus de place. Celle-ci commença à lécher le bout. Ryan ferma les yeux pour savourer le moment. Il enroula les cheveux de sa femme autour de sa main pour mieux l’accompagner dans ses mouvements. Sarah saisit des deux mains le gros boyau de son mari et commença à le sucer. Elle accéléra ses va-et-vients tout en le regardant dans les yeux.
– Sais-tu que pour tomber enceinte tu t’y prends de la mauvaise manière ? réussit-il à murmurer entre deux grognements.
     Elle s’arrêta soudain et se rassit.
– Il parait que la première éjaculation n’est pas très bonne pour faire tomber enceinte alors…
    Elle laissa sa phrase en suspens et retira sa petite culotte de sous sa jupe. Elle remonta cette dernière et s’assit à califourchon sur son mari. Elle plaça ensuite sa verge entre les délicates lèvres de son abricot et la fit glisser en elle en ondulant des hanches. Elle se pencha en avant puis, une main sur son torse, commença à le chevaucher. Ryan posa une main sur la taille de sa femme pour accompagner ses coups de hanche.
   Bien que la rue soit peu fréquentée, les vitres teintées de la voiture empêchaient les quelques rares passants de les voir en plein acte.
   Quelques minutes plus tard dans un mélange rythmé de gémissements et de grognements, de sueur, malgré la climatisation, ils jouirent tous les deux en s’agrippant très fort l’un à l’autre.
    Sarah posa son front sur le torse de son mari, reprenant doucement son souffle. Quelques minutes après, elle descendit enfin de sur son mari et sortit de la voiture. Ryan descendit à son tour. Main dans la main, ils rentrèrent à la maison.
   Ils entrèrent dans le grand salon. Les murs, peints en blanc, étaient recouverts de photos de Ryan, de sa femme et de tableau, qu’il a ramené de ses divers voyages à travers le monde, ce qui donnait une certaine chaleur à la pièce. Parmi cette orgie de couleurs et de visages trônait ce qui faisait la fierté de Ryan, la pièce maîtresse de sa collection : une photo grandeur nature de sa femme, assise sur une balançoire arborant un sourire éblouissant et portant une robe blanche. Elle avait été prise lors de leurs lune de miel, à Cocody en Côte d’Ivoire.
– Tu veux que je te fasse un truc à manger chéri ? demanda Sarah à son mari.
– Non, te faire l’amour est la seule chose dont j’ai envie en ce moment, répondit-il en l’embrassant de nouveau.
– J’ai une petite idée attends !
   Elle courut dans la salle de bain de leur chambre et revint quelques secondes après alors que Ryan se déshabillait.
    Elle se déshabilla à son tour et traina son mari vers la salle de bain. Elle avait fait coulé un bain mousseux.
– Installe-toi confortablement je reviens, fit-elle en s’emparant d’un peignoir.
   Elle revint quelques minutes après avec un sceau de champagne et deux flûtes.
– Tiens moi ça chéri, dit-elle en lui tendant les flûtes.
– C’est en quel honneur déjà ?
– J’ai retrouvé mon mari, répondit-elle en faisant sauter le bouchon du champagne.
   Elle remplit les deux flûtes et rejoignit son conjoint dans la baignoire. Ryan écarta les jambes pour lui faire de la place. Elle s’installa entre ses jambes écartées et reposa sa tête contre son torse. Ils restèrent dans cette position à se caresser et à discuter jusqu’à ce que la faim se fasse sentir. Elle posa son verre et sortit de la baignoire
– Je vais te faire du poulet yassa, annonça Sarah en enfilant un peignoir.
   La démarche légère, elle alla à la cuisine s’occuper du ventre de son mari.
   Ryan étant dans l’importation et la vente de matériaux de construction, il avait muni la cuisine de matériels de cuisine de dernière génération, réfrigérateur deux battants, table de cuisson design, plan de travail en marbre gris. Le blanc immaculé des murs ajouté au gris métallique des appareils ménagers donnait l’impression que la cuisine était directement sortie d’un magazine de déco.
     Ryan se rinça et la rejoignit à la cuisine à pas feutrés. Quand il se plaça juste derrière elle il murmura d’une voix grave :
– Besoin d’un coup de main ?
   Sarah sursauta et faillit renverser les oignons découpés qu’elle était en train de rincer.
– Mais tu m’as fait peur, s’écria-t-elle en le foudroyant du regard. Bon si tu veux m’aider découpe les oignons pendant que je décongèle le poulet.
    Mais au lieu de tenir la manche du couteau que lui tendait sa femme, il saisit son poignet et lui retira le couteau des mains. Il la retourna ensuite et se mit à lui poser des petits bisous dans le cou. Il défit la ceinture de son peignoir et découvrit son épaule pour continuer son inquisition de baisers. Ses mains parcoururent doucement son ventre en montant vers sa poitrine. Il effleura la base de ses seins. Ses mains remontèrent dans une tendresse infinie vers ses tétons, rendus durs par l’excitation, qu’il caressa de la paume. Le souffle court, les tétons dressés comme un mât, Sarah réussit à glisser la serviette de son mari sur le sol. Elle se retourna pour l’embrasser et profite pour caresser la bête qui avait déjà doublée de taille.
    Ryan la hissa sur le plan de travail tout en continuant de l’embrasser. Elle enroula ses jambes autour de sa taille pour le ramener plus près d’elle. Ce dernier en profita pour se glisser en elle et commença à la besogner.

Deux heures plus tard…

– Chérie tu fais quoi ? demanda Ryan en sortant de la douche.
   Assise sur le divan, les deux pieds croisés sur la table basse en verre, elle était occupée sur son PC.
– J’envoie mes derniers croquis à mon tailleur et je fais quelques recherches, répondit-elle sans lever les yeux de son écran.
   Ryan s’approcha pour regarder par dessus son épaule.
– ‹‹Quand faire un test de grossesse››, lut-il à haute voix. Eh bien pour être pressée tu l’es vraiment.
– Pas toi ? répliqua-t-elle en levant les yeux vers lui.
– Si si j’ai hâte de te voir toute ronde, répondit-il d’une voix faussement enjouée.
– Je vais commander des pizzas tu en veux ?
– Commander des pizzas sur internet ? C’est nouveau ça !
– Eh oui. Assime24.com C’est une innovation de la part d’un groupe de jeunes à Lomé. Je n’ai qu’à choisir ma pizzeria, le nombre de pizza que je veux, régler l’addition et je serai livrée en une heure maximum.
– C’est pratique !
– Très pratique, répondit-elle. Voilà c’est fait deux pizzas pepperoni.
  Elle referma son MacBook et alluma la télé. Ryan retourna dans la chambre pour s’habiller. Il revint quelques minutes plus tard dans un short bleu marine et une chemise blanche en lin. Il s’assit près d’elle sur le canapé.
– Au fait ça avance la création de ta boutique en ligne ? demanda-t-il.
– Pas vraiment, je ne suis toujours pas motivée, répondit-elle en posant sa tête sur le torse de son mari.
– Tu veux de l’aide ?
– Volontiers ! Mais je n’ai même pas encore trouvé mon nom de domaine.
– On va essayer de trouver ça ensemble, dit Ryan en saisissant le PC sur la table basse.
    Il l’ouvrit et ouvrit safari, le navigateur de Apple.
– Alors tu veux utiliser ton nom de jeune fille ? Ou tu veux trouver un autre nom ? demanda-t-il à sa femme.
– Je pensais à un nom en mina, qui fera directement allusion à mes créations ou au but du site, expliqua-t-elle à son époux.
   Ryan réfléchit.
– miabefiosse.com ? proposa en écartant les bras comme pour montrer une enseigne.
– Ça sonne bien, je l’adopte ou même je l’épouse, jubila Sarah en faisant un bisou à son mari. Tu as toujours de l’inspiration pour ce genre de chose.
– Quand il s’agit de te rendre heureuse mon inspiration décuple, répondit-il en lui rendant son bisou.
– Tu sais qu’il me reste encore huit jours d’ovulation ? murmura-t-elle d’une voix suave en promenant sa main sur son torse.
– Alors ça me laisse largement de recharger mon engin avant de reprendre bébé, répondit-il sur le même ton.
    La sonnerie du portail le sauva.
– Nos pizzas sont là je crois, dit-il en se levant d’un bond pour aller ouvrir le portail.
    Mais à sa grande surprise c’était Flory, la meilleure amie de sa femme, témoin à leur mariage qui venait les voir.
– Oh ! s’exclama-t-elle en voyant Ryan.
– Bonsoir je suis content de te voir aussi Flory, répliqua Ryan en l’embrassant.
– Désolé pour ma réaction c’est juste que je ne m’attendais pas du tout à te voir à la maison, s’excusa-t-elle. Sarah est là ?
– Oui entre, fit-il en lui cédant la place.
    Il referma la porte derrière elle et l’emmena au salon. Ils retrouvèrent ce dernier vide.
– Elle a du aller dans la chambre. Je te serre quelque chose en attendant ?
    Flory s’assit dans un des fauteuils.
– Euh un petit verre d’eau me fera le plus grand bien, répondit-elle avec un léger sourire. J’ai la gorge un peu sèche.
– Nous nous apprêtions à faire une soirée cinéma, tu veux te joindre à nous ? lui proposa-t-il en se dirigeant vers la cuisine.
– Non non je vais vous laisser entre amoureux je veux juste demander un truc à Sarah…
   Cette dernière sortit quelques secondes plus tard du couloir qui menait aux chambres, emmitouflée dans un manteau à col large et perchée sur des talons aiguilles de quinze centimètres. Au même moment Ryan sortait de la cuisine avec un verre d’eau à la maison. Sarah défit la ceinture de son manteau pour laisser entrevoir son ensemble soutien-gorge plongeant tulle brodé noir, muni de porte-jarretelles et d’une guêpière.
– Chérie tu es…renversante, balbutia-t-il en renversant inconsciemment le verre d’eau qu’il avait à la main sur le carreau.
   Sa meilleure amie se leva d’un bond.
– Flory ! s’exclama-t-elle surprise de voir sa meilleure amie. Depuis quand es-tu là ?
   Elle referma les pans de son manteau.
– Depuis une minute, répondit-elle en approchant de son amie pour l’embrasser.
– Comment vas-tu ma chérie ? demanda Sarah en l’embrassant.
– C’est ce soir le dernier délai, après ça c’est mort ! répondit-elle d’un air triste.
– De quoi parlez-vous ? s’enquit Ryan qui ne comprenait rien à ce que se racontaient sa femme et son amie.
– Des trucs de filles, répondit rapidement Sarah. Chéri fais attention, le carrelage peut-être très glissant quand il est mouillé, enchaina-t-elle en voyant son mari s’approcher.
   Il s’arrêta net et retourna dans la cuisine en faisant attention à ne pas glisser.
– Attends-moi ici j’arrive, dit-elle à Flory en retournant dans sa chambre.
   Elle revint quelques secondes après avec une enveloppe pleine de billets. Elle le tendit à son amie.
– Tiens ! Va lui donner ceci et demain on verra ce qu’on peut faire pour le reste.
– Merci beaucoup chérie tu me sauves la vie, jubila Flory en serrant l’enveloppe contre sa poitrine. Je t’appelle dès demain matin.
   Elle ramassa son sac sur le divan et sortit sans un mot de plus.
   Sarah soupira et se laissa tomber lourdement dans le fauteuil. Sa tête entre ses mains, le regard dans le vide, une larme roula sur sa joue sans qu’elle s’en rende compte. Elle n’entendit pas non plus son mari s’approcher. Ce dernier vint s’agenouiller devant elle.
– Qu’est-ce qui ne va pas chérie ?
   Elle leva un regard triste vers son mari.
– C’est Flory, je la prends pour ma meilleure amie mais elle ne vient me voir que quand elle a besoin de moi.
   Elle fondit en larmes et son mari la prit dans ses bras.
– Calme-toi chérie, lui murmura Ryan à l’oreille. Tu te souviens de ce je t’ai dit à notre mariage ?
Deux éternités ne peuvent suffire à nous éloigner. Je serai toujours là pour toi, répondit Sarah sans hésiter. Comment oublier le plus beau jour de ma vie !
– Exactement, pense à ça quand tu te sentiras seule ou mal bébé.
   Elle sourit et essuya ses larmes.
– Je le fais chéri, mais j’ai aussi besoin de mes amis vu que tu n’es souvent pas à la maison.
– Je serai moins absent désormais, promit-il en prenant sa femme dans ses bras. Tu portes toujours cet ensemble de sous-vêtements renversant que j’ai vu il y a quelques minutes ?
– Oui mon amour, répondit Sarah en desserrant de nouveau la ceinture de son manteau.
– Tu dois avoir chaud avec tous ces tissus sur le corps, dit-il avec un sourire coquin. Viens je vais te retirer tout ça.
   Il la souleva et la porta jusqu’à la chambre.

Pendant ce temps devant leur maison

– Allô Chris j’ai l’argent, chantonna Flory dès que son amoureux décrocha le téléphone.

Paul Bernard AMGL