Plan X 2.0 (Part XIII)

– J’étais au téléphone, répondit-elle.
   Les plis sur son front disparurent et il se détendit. Il reprit d’assaut ses lèvres en la caressant . Elle avança à reculons vers le lit et l’allongea dessus
                               ★ ★ ★
   Rémi appela ses gars qui promirent d’arriver dans les plus brefs délais.
– Vous êtes prêtes ? demanda Rémi aux jumelles.
– J’ai hâte qu’on en finisse ! répondit Alexia, plus déterminée que jamais.
                                ★ ★ ★
    Francine après avoir fait l’amour une dernière avec son amoureux se leva et alla dans les toilettes alors que ce dernier dormait. Elle prit son téléphone qu’elle avait laissé sur le lavabo. Elle composa le numéro de son frère.
– C’est bon il dort, fit-elle. Vous pouvez faire comme si vous m’aviez suivi ici s’il te plait ?
– On verra, répondit Rémi.
– La porte est ouverte !
   Elle raccrocha et s’habilla. Elle revint dans la chambre au moment même où son frère et les jumelles entraient, suivis de près par deux gars bien baraqués. Le plus petit, qui semblait être le boss, avait un tatouage sur le visage. Francine les dépassa sans un mot et attendit dans le couloir. Repensant à ce qu’elle venait de faire, elle s’écroula dans le couloir en pleurant silencieusement.
– Réveillez-le ! ordonna Alexia à ses hommes de main.
    Les deux hommes se placèrent de chaque côté du lit. Le plus petit gifla Joël qui se réveilla en sursaut, l’air totalement désemparé. Il regarda les deux gars qui s’étaient placés de chaque côté de son lit et l’autre gars tout aussi baraqué qui était posté devant la porte avec les jumelles Amorin à chaque côté. Il réfléchit rapidement malgré l’état de sommeil dans lequel se trouvait son cerveau. S’il ne pouvait pas s’échapper, il devait négocier.
– Je suis vraiment désolé, je sais que c’est mal ce que je vous ai fait et j’en suis sincèrement désolé. Je comprends que vous soyez en colère…
    Alexia leva une main pour l’interrompre.
– Si j’étais en colère, je serais venue chez toi pour te crier dessus et te dire à quel point je te haïssais. Mais j’ai dépassé cette étape comme tu peux le remarquer. Et rien de ce que tu pourras me dire ne pourras me faire revenir en arrière.
    Joël soupira et essuya la goutte sueur qui perlait sur son front.
– Pourquoi as-tu fait ça ? demanda Alexine. J’ai passé des jours à essayer de comprendre ce qui t’a poussé à nous faire ça mais je n’ai toujours pas compris. Dis-le moi s’il te plaît !
    Il baissa la tête sans répondre. Alexine s’approcha du lit et lui souleva le menton pour le regarder dans les yeux.
– Réponds-moi Joël, dit-elle d’une voix étrangement calme.
    Joël retira sa main. Il s’adossa à la tête du lit et commença son récit comme un prisonnier dans le couloir de la mort, dépourvu de tout espoir d’être gracier.
– C’était le jour de la rentrée, quand je vous ai vu pour la première fois j’ai… J’ai tout de suite eu envie de coucher avec l’une de vous deux. Alors Albert m’a lancé un défi. Il a dit qu’il pourrait coucher avec l’une de vous en moins de deux semaines. Et moi j’ai répliqué que je pouvais coucher avec vous deux en un mois…
   Il marqua une petite pause. Il déglutit puis reprit.
– Après quelques temps il est revenu m’annoncer qu’il voulait qu’on annuler le pari parce qu’il était tombé amoureux d’Alexine. J’ai accepté parce que moi aussi je suis tombé amoureux aussi d’Alexia. Alors j’ai oublié cette histoire et je me suis concentré sur les moments que je passais avec Alexia. Puis Mariam est venue donner la vidéo où elle et moi couchions ensemble à Alexia. Mais quand elle m’a annoncée qu’elle voulait qu’on fasse une pause j’ai tout de suite compris que c’était une idée de toi. Ça m’a tellement énervé que j’ai voulu te faire payer. Mais je n’avais aucune idée de ce que je peux faire pour me venger. Quand tu m’as demandé pourquoi je t’ai tournée le dos du jour au lendemain l’idée m’est alors venue de te manipuler chose que j’ai parfaitement réussi vu qu’on est là à en parler.
    Il la regarda dans les yeux en affichant un sourire méprisant. Alexine se couvrit la bouche, horrifiée.
– Bon maintenant que vous connaissez l’histoire faites ce que vous avez à faire qu’on en finisse.
    Alexine échangea un regard surpris avec sa sœur.
– Alexia je crois qu’on est en train de commettre une grosse erreur en voulant le faire payer ce qu’il a fait.
– Comment ça ? Qu’est-ce qui t’arrive soudain ?
– Viens suis-moi, marmonna-t-elle en sortant de la chambre.
   Sa sœur la rejoignit dans le couloir.
– C’est quoi le soucis Lexie ?
– Tu as vu comment il se comporte ? Même pas une once de regret dans sa voix.
– Raison de plus pour le faire payer, répliqua Alexia.
– Si on lui fait quoi que ce soit par vengeance alors nous ne valons pas mieux que lui. Je sais que ce qu’il a fait est horrible mais il y a un Tout Puissant, créateur du ciel et de la terre. C’est lui seul le Juge Suprême.
– Depuis quand tu es devenue aussi croyante ?
– J’ai juste analysé la situation d’un point de vue extérieure. C’est sûr que Rémi ne va pas lui pardonner pour ce qu’il a fait à sa sœur mais laissons le lui régler son compte.
– Je ne comprends pas ton soudain changement de position, répondit Alexia. Son récit au lieu de t’endurcir t’a ramolli et je ne comprends pas.
– Son récit ne m’a pas ramolli mais ça m’a plutôt ouvert les yeux. Il a fait ça parce qu’il voulait se venger alors si on fait la même chose quelle sera la différence entre lui et nous ?
– La différence sera que notre vengeance est justifiée, répliqua Alexia, en colère.
– Aucune vengeance n’est justifiée.
   Elle prit les mains de sa soeur dans les siennes.
– Regarde moi Alexia, dit-elle. Tu me fais confiance n’est-ce-pas ?
   Elle hésita avant de répondre.
– Oui !
– T’ai-je déjà mentie ?
– Non. En tout cas pas à ce que je sache…
– Alors crois-moi quand je te dis que ce n’est pas une bonne idée de nous venger de lui.
    Alexia ferma les yeux pendant un instant et quand elle les rouvrit, la colère qui y pétillait quelques secondes auparavant, avait laissé place à de la tristesse. Elle s’adossa au mur du couloir et referma les yeux.
– Attends-moi ici ! Je vais leur dire qu’on abandonne, lui dit Alexine.
   Alexia fouilla son sac à main et sortit une enveloppe.
– Donne leur ça et dis leur de le laisser, fit-elle en tendant l’enveloppe à sa sœur.
   Alexine prit l’enveloppe en entra dans la chambre.
– On ne souhaite plus rien lui faire, laissez-le partir s’il vous plaît ! Tenez ! – elle tendit l’enveloppe au gars le plus proche – il y a la totalité de ce qui était prévu à l’intérieur.
    Le gars prit l’enveloppe et le tendit au plus court, qui l’ouvrit pour compter l’argent. Elle se tourna vers Joël.
– Je te pardonne ce que tu nous as fait Joël, et que Dieu te pardonne. Rémi vient on rentre, il n’en vaut pas la peine. Même si tu le punis ça n’effacera pas ce qu’il a fait à ta soeur, lui dit-elle à voix basse. Allons-nous en !
   Elle le tira par le bras et Rémi n’opposa aucune résistance. Ils déboulèrent dans le couloir où Alexia, assise par terre les attendaient. Alexine l’aida à se relever et ils descendirent rejoindre Francine au bar. Dès qu’elle les vit approcher, elle se leva et alla à leur rencontre.
– Vous lui avez fait quoi ? demanda-t-elle à brûle-pourpoint.
   Alexia la dépassa sans lui répondre et s’assit à la table. Elle fit signe à un serveur qui était debout près du bar. Les deux autres ignorèrent la question de Francine et vinrent s’asseoir à la table eux aussi. L’inquiétude de cette dernière n’en fut que plus grande. Quelques minutes après, les hommes de main de Rémi sortirent eux aussi de l’hôtel et se dirigèrent vers la sortie. Francine courut pour les rattraper.
– Attendez s’il vous plait ! cria-t-elle.
    Les deux jeunes hommes se retournèrent. Francine freina sa course.
– Qu’est-ce que vous lui avez fait ?
– Ce qu’on nous a demandé, répondit le boss d’un ton bourru.
– Et qu’est-ce qu’on vous a demandé ?
– De le laisser.
   Sur ce ils lui tournèrent le dos et sortirent de l’hôtel. Francine s’assit par terre au milieu du passage qui menait hors de l’hôtel, soulagée d’apprendre que son amant n’avait rien subi. Le klaxon d’une voiture la fit se lever en vitesse.

    Alexia, les clés de la voiture en main,  quitta la table pour aller faire un tour histoire de se vider l’esprit.

    Rongé par la culpabilité, c’est un Joël pensif qui sortit de l’hôtel. Il se dirigea vers le parking situé juste devant l’enceinte de l’hôtel. Il heurta soudainement quelqu’un dont les clés de voiture tombèrent par terre. Ils s’abaissèrent tous les deux pour ramasser les clés et leurs regards se croisèrent pendant deux ou trois secondes.
   Pendant deux ou trois secondes, le temps se figea.
   Ces deux ou trois secondes de grâce où ils s’embrassaient ce soir de septembre dans le noir devant chez elle.
   Ces deux ou trois secondes où il n’avait pas encore couché avec sa soeur.
    Ces deux ou trois secondes où elle n’éprouvait pas cette haine inextricable envers lui.
    Ces deux ou trois secondes où ils envisageaient un avenir ensemble.
   Puis revint la haine de l’une et la culpabilité de l’autre.
    Alexia ramassa ses clés et se releva rapidement. Il se releva à son tour. Elle le regarda avec mépris, puis dans un élan de rage enfonça de toute la force de son bras la clé dans sa pommette gauche, juste en dessous de l’œil. Elle la retira aussi soudainement qu’elle l’a enfoncée et le sang gicla l’asphalte. Joël porta la main à la blessure que venait de lui infliger celle qu’il pouvait désormais considérer comme son ex.
– Ça t’apprendra ce que ça fait de voler trop près du soleil, dit-elle d’une voix que la colère a rendu rauque.
     Il savait très bien qu’il ne pouvait pas s’en tirer aussi facilement. Il s’estima alors heureux de n’avoir reçu que cette blessure sous l’œil. Aveuglé par la douleur, c’est à l’aveuglette qu’il sortit son téléphone pour appeler à l’aide.
    Elle sortit de l’enceinte de l’hôtel et déverrouilla sa voiture. Elle essuya la clé et démarra la voiture. Elle posa le front contre le volant et fondit en larmes. Une note métallique lui signala l’arrivée d’un message de sa jumelle. La vision brouillée par les larmes, elle sortit son téléphone pour lire le message.
AlexineRémi a proposé de me déposer, tu veux que je t’attende ou que je parte avec lui ?
Alexia : Tu peux rentrer avec lui, je reviens toute à l’heure !
Alexine : D’accord sois prudente !
Alexia : Toi aussi !

Paul Bernard AMGL

4 commentaires sur “Plan X 2.0 (Part XIII)

  1. Pourquoi elles elles doivent être résonable alors que lui ne l’a pas été? Si tu est assez salop pour coucher avec la jumelle de ta copine tu est assez Salop aussi pour t’en batre les couilles totalement tu as eu ce que tu voulais en tout cas.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *