Plan X 2.0 (Part VII)

– Je suis à la maison !
– D’accord. Je vais passer toute à l’heure pour te faire à manger d’accord ?
– D’accord ! marmonna Joël.
   Il raccrocha avant qu’Alexia ne pût dire un mot de plus.
– C’était Alexia ? s’enquit Alexine qui était en train de lui caresser le torse.
– Oui et elle arrive toute à l’heure ! Je vais me doucher je reviens, dit-il en se levant.
    Il se dirigea tout nu vers la douche et elle sourit en voyant ses fesses. Une fois que Joël fut dans la douche, Alexine prit son téléphone et chercha la note vocale de sa sœur que Joël lui avait fait écoutée. Elle la retrouva rapidement et l’envoya sur son propre téléphone. Elle s’habilla ensuite et attendit que son amant revienne. Elle se mit à faire des photos sur son lit en attendant qu’il sorte de la douche. Quand ce dernier sortit, elle prit congé de lui et quitta la maison juste avant que sa jumelle n’arrive. Cette dernière arriva quelques minutes après et trouva son mec assit devant la télé. Elle l’embrassa rapidement et s’assit près de lui.
– Ça va chéri ? demanda-t-elle en voyant la mine de Joël.
– Je suis exténué !
– Ça saute aux yeux ! Qu’est-ce que tu as bien pu faire de ton après-midi pour être aussi fatigué ?
– J’ai fait le tour des chantiers de mes parents pour m’assurer tout se déroulent à merveille, mentit-il.
– Oh mais tu n’aurais pas dû ! fit Alexia d’un ton de compatissant.
– Je m’ennuyais trop alors j’ai voulu faire ça pour me divertir un peu. Je n’aurais pas dû apparemment.
– Mais il fallait juste m’appeler pour te tenir compagnie !
– J’y ai pensé mais je ne sais pas ce que tu avais prévu pour cet après-midi, je me suis dit que je bousculerai peut-être ton programme en t’appelant.
– Mais non j’aurai toujours du temps pour toi chéri ! s’exclama-t-elle, déçue par la réponse de son petit ami.
– Désolé bébé !
– C’est moi qui suis désolée. Tu veux que je te fasse un massage ? proposa-t-elle pour changer se sujet.
– Volontiers ! répondit Joël.
   Elle se leva et lui retira son tee-shirt.
– Maintenant couche-toi sur le ventre !
   Il obéit. Alexia s’assit à califourchon sur ses fesses et commença à le masser tout doucement le dos. Joël se détendit sous les caresses de sa petite amie. Alexia continua jusqu’à ce qu’il s’endorme. Elle se leva ensuite et se dirigea vers la cuisine pour lui faire à manger.
    Une heure après, elle réveilla Joël et le fit manger.
– Chéri il faut que je rentre ! annonça-t-elle.
– Déjà ? s’enquit Joël, la bouche pleine.
– Oui mes parents ont décidé se passer les fêtes de fin d’année à Paris du coup ils veulent qu’on soit là avant leur départ.
– Ah oui je vois ! Tu leur souhaiteras un bon voyage de ma part.
– Tu peux venir si tu veux !
– Attends que je finisse de manger alors.
– D’accord chéri !
    Elle retourna à la cuisine pour récurer les ustensiles qu’elle a utilisé. Elle mit au propre la cuisine et sortit de la cuisine pour chercher le plat de Joël. Elle le rinça pendant que son amoureux s’habillait.
– C’est bon, on peut y aller ! dit Joël.
– On va chercher un taxi !
– Non non ils ont ramené la voiture de ma mère ! répondit-il, en agitant les clés devant son nez.
– Il n’est pas question que tu conduises dans cet état !
– Mais toi tu peux non ?
– Oui oui ! répondit-elle.
    Elle saisit les clés et le suivit dans le garage. Joël lui ouvrit le garage et elle sortit en marche arrière. Joël ferma le garage et monta dans la voiture. Elle mit la musique à fond et démarra en trombe.
– Tu devrais ralentir chérie ! suggéra Joël.
– C’est vrai désolée ! répondit Alexia.
    Elle ralentit et arriva chez elle en quinze minutes.
– Ah tu es enfin là ! s’exclama Alexine en voyant sa sœur.
   Elle posa la valise qu’elle tenait à la main.
– Tu tombes bien Joël ! Il y a une grosse valise que je ne peux pas soulever, tu veux bien m’aider ?
– Non il ne peut pas ! Il est trop fatigué !
– Ah oui c’est vrai ! J’avais presqu’oublier, répondit Alexine.
– Comment ça tu as presqu’oublier ? s’enquit Alexia.
– Je…euh… J’avais presqu’oublié qu’il était convalescent, bredouilla sa sœur.
– Ah oui c’est vrai ! Bon viens je vais t’aider !
– D’accord !
– Où sont papa et maman ?
– Sortis ! répondit Alexine en montant rapidement les marches.
    Elles descendirent les marches avec la valise en question.
– Ah les filles vous êtes enfin rentrées ! s’exclama leur mère en entrant dans le salon.
– Où est papa ? demanda Alexine en poussant la grosse valise vers les autres.
– Ah tiens le voici !
    François entra dans la pièce l’air contrarié.
– Quelque chose ne va pas papa ? demanda Alexia en voyant la mine de son père.
– Oui ! Il se trouve que notre vol est à Accra et que cette foutue réceptionniste a omis de nous le dire ! Là on doit prendre un bus dans trente minutes.
– Je rêve ou tu viens de dire un gros mot papa ? railla Alexine.
– Alexine ce n’est pas le moment ! lui chuchota sa sœur.
    François ne releva pas la blague de sa fille. Il s’attaqua aux valises et Joël se leva pour l’aider.
– Oh ça va Joël ?
– Oui très bien monsieur ! répondit ce dernier en empoignant l’une des valises.
   Ils chargèrent le taxi pendant que Johanna donnait des instructions aux filles. Dès que le taxi des parents fut hors de vue, Alexine se tourna vers sa sœur.
– Je passe la soirée chez Albert ! annonça-t-elle.
– Les parents viennent à peine de partir Alexine !
– Et alors ? répliqua-t-elle sèchement.
– Quand ils seront à Accra, ils voudront savoir si tout va bien à la maison ! Tu les connais.
– Ils connaissent mon numéro, répondit Alexine avant de rentrer à la maison.
   Alexia soupira mais la suivit, n’étant pas prête à la lâcher si facilement. Alexine monta chercher son sac.
– Alexine les parents viennent à peine de partir, tu ne peux pas passer la nuit hors de la maison !
– Tu te prends pour qui pour me donner des ordres ?
– Je suis toujours ta grande sœur aux dernières nouvelles ! Et puis qu’est-ce qui t’arrive Alexine ?
    Alexine émit un petit rire amèr.
– Tout d’abord je suis sortie avant toi ce qui fait de moi ta grande sœur ! Je ne crois pas à cette stupide tradition qui veut que la deuxième sortie soit la plus vielle ! Et puis tu dois revoir ta définition du mot « sœur » parce que je n’ai pas l’impression d’avoir une « sœur » mais plutôt une inconnue que je croyais connaître !
– Alexine ! fit Alexia, choquée par les propos de sa sœur.
– Tu me dégoûtes ! cracha Alexine.
    Elle sortit sans lui accorder un regard de plus. Alexia s’effondra sur le sol. Joël se leva du canapé où il était assis et vint s’asseoir sur le sol près de sa petite amie.
– Tu as vu comment elle m’a parlé ? s’enquit Alexia, au bord des larmes.
– Oui j’ai vu !
– Depuis 17 ans, elle ne m’a jamais parlé de la sorte, je ne sais vraiment pas ce qui la prend.
– Elle est sûrement dans sa phase rebelle. Ça va lui passer tu verras.
– D’accord ! Tu restes dormir avec moi ?
    Il fit semblant d’hésiter.
– S’il te plait bébé ! supplia Alexia d’une petite voix.
– D’accord je reste ! Mais par contre il n’y aura pas de sexe !
   Alexia fit une moue.
– Je suis trop épuisé bébé !
– Mais tu peux me faire jouir ?
– Autant de fois que tu voudras !

    Les jours passèrent sans qu’Alexine n’adresse la parole à sa jumelle. Alexia ne supportant pas ce soudain changement de la part de sa sœur se réfugiait, la plupart du temps, chez son mec. Ce qui ne faisait qu’attiser l’hostilité de sa sœur envers elle. Un après-midi alors qu’elle s’ennuyait toute seule dans sa chambre, elle se rappela la note vocale qu’elle avait récupérée sur le téléphone de Joël. Elle mit ses écouteurs et écouta la totalité de la note vocale.
– Alexine c’est pas trop son truc les relations serieuses. Au fait le truc c’est qu’elle est prête à sortir avec un mec mais elle n’a pas vraiment d’expérience en la matière du coup elle bloque dès qu’un mec lui fait des avances. Elle a peur de toujours tout faire foirer. J’espère vraiment pouvoir l’aider à dépasser cela parce que ça me rends triste de la voir comme ça ! Je me sens vraiment coupable quand je sors avec quelqu’un parce que je me dis qu’elle va se sentir seule sans moi ! Je l’aime plus que je ne m’aime moi-même et je n’aime pas la savoir triste, contrariée, ou quelque sentiment négatif…
    La voix d’Alexia se brisa dans le haut parleur du téléphone. Le téléphone  d’Alexine lui tomba des mains. Elle se couvra la bouche de sa main, horrifiée parce qu’elle avait fait. Elle s’écroula sur le sol et fondit en larmes en repensant à tous les moments qu’elle avait passé à penser du mal de sa sœur, à la maudire, croyant qu’elle lui avait pris Joël.
    Rongée par la culpabilité et la honte, elle rampa jusqu’à la porte et la ferma à clé. Elle  s’écroula sur le carrelage froid, n’ayant plus la force d’aller jusqu’à son lit. Elle pleura toutes les larmes de son corps en se rendant compte de l’ignominie qu’elle avait commise. Comment avait-elle pu croire tout ce que Joël lui a raconté ? Comment avait-elle pu douter autant de sa sœur jumelle, celle avec qui elle avait partagé le même ventre pendant huit mois ? Celle avec qui elle avait partagé ses problèmes depuis dix huit longues années, celle qui l’avait sortie de mauvaises situations plus d’une fois.
                           ★ ★ ★
– Joël attends ! dit soudain Alexia, arrêtant son élan.
   Il lui fit face.
– Quelque chose ne va pas ? demanda-t-il.
– Oui. Je le sens mais je ne sais pas ce que c’est.
    Elle se leva et sortit son téléphone de son sac, posé sur le sol. Elle composa le numéro de sa sœur et attendit qu’elle réponde mais elle n’eut pas de réponse.
– Alexia qu’y a-t-il ? demanda Joël, inquiet.
– J’ai un mauvais pressentiment ! Comme si quelque chose de terrible est en train d’arriver. Et là j’appelle Alexine, elle ne répond pas. Il faut que j’y aille !
  Elle ramassa son sac et se hâta de sortir de la chambre !
– Alexia attends ! Calme-toi, ce n’est qu’une impression ! tenta Joël en la suivant dans le couloir qui menait au salon.
– La dernière fois que j’ai eu ce genre de pressentiment, j’ai retrouvé ma sœur inconsciente, le fémur fracturé et des blessures partout sur le corps alors arrête de me dire que « ce n’est qu’une impression » ! cracha-t-elle.
– Désolé tu…tu ne m’en avais jamais parlée, s’excusa Joël d’une voix contrite.
– On ne peut pas raconter 17 ans de vie en deux mois Joël ! répliqua sèchement Alexia, exaspérée par le fait que son petit ami ne la prenne pas au sérieux.
    Elle fit volte-face et s’éloigna à grands pas. Joël dut courir pour la rattraper. Elle sortit de la maison à la quête d’un taxi ou d’une taxis-moto. Joël la rattrapa avec la voiture et baissa la vitre du côté non-chauffeur.
– Monte ! ordonna-t-il.
   Elle monta et Joël fit crisser les pneus en repartant. Il arriva chez Alexia et cette dernière se précipita hors de la voiture. Elle monta les marches par quatre et tourna la poignée de la porte de sa sœur mais elle était fermée. Sa panique n’en fut que plus grande.
– Alexine ! appela-t-elle, en tambourinant sur la porte.
   Elle n’eut pas de réponse. Elle recommença de nouveau mais rien.
– Joël je sens que quelque chose de très grave est en train d’arriver à ma sœur ! cria-t-elle, au bord d’une crise de panique.
– Recule ! ordonna Joël.
   Elle s’écarta et Joël essaya de défoncer la porte avec son épaule. Alexia courut dans sa chambre et revint avec une clé.
– Attends j’ai le double de ses clés !
   Joël recula et elle ouvrit la porte.

Paul Bernard AMGL

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