Plan X 2.0 (Part IV)

– Bonsoir madame ! salua poliment Alexia.
– Bonsoir mademoiselle ! Vous cherchez quelqu’un ?
– Elle est venue voir Joël maman, s’empressa de répondre Jacqueline.
– Ah okay ! Bon je vous laisse. Je vais me changer et revenir passer la nuit ici ! Merci pour votre visite mademoiselle !
– Appelez-moi Alexia madame.
– Enchantée Alexia ! Je suis la mère de Joël.
– Tout le plaisir est pour moi madame ! Il est votre portrait craché, dit-elle en indiquant Joël d’un geste de tête.
    Marcelle sourit.
– Je le laisse entre vos mains. Je reviens dans… – elle consulta sa montre – une heure de temps maximum. Prenez soin de lui !
       Elle sortit de la chambre laissant seules Jacqueline et Alexia. Cette dernière s’approcha du lit, exactement à l’endroit où se tenait Marcelle quelques minutes plus tôt, et se baissa vers Joël pour lui poser un baiser sur les lèvres. Celui-ci bougea dans son sommeil mais n’ouvrit pas les yeux. D’un geste tendre, elle lui caressa le visage et Joël se réveilla. Il cligna des yeux, ébloui par la lumière. Sentant le garrot dans son cou, il le toucha pour s’assurer qu’il ne rêvait pas. Il se redressa et jeta un regard circulaire dans la chambre.
– Où suis-je ? demanda-t-il à sa sœur. Que s’est-il passé ?
– À la clinique Baruet, répondit Jacqueline. Tu ne te souviens de rien ?
– Non juste que la voiture a quitté la route. Après c’est le noir total.
– Tu t’es évanoui et on t’a ramené ici !
– Qui ça « on » ?
– Tonton André et moi.
– Et maman ?
– Elle vient de partir. Elle va revenir dans une heure.
     Il soupira et se laissa retomber sur oreiller avant de remarquer la présence d’Alexia.
– Alexia ? l’appela-t-il, surpris.
      Il se redressa de nouveau.
– Oui c’est bien moi !
    Joël soupira de nouveau et se massa les tempes.
– Je suis vraiment désolé ! fit-il en la regardant dans les yeux.
– Oublie ça un instant et essaie de te reposer. Je ne suis pas venue pour ça.

                            ★ ★ ★

– Allô bébé tu es chez toi ?
– Oui je suis sur le point de prendre une douche !
– J’arrive dans 10 minutes ! annonça Alexine.
– Tu peux me ramener un truc à manger ? J’ai faim.
– Tu veux manger quoi ?
– Tout ce que je trouve !
– D’accord j’arrive.
    Elle raccrocha et sortit de sa chambre.
– Lexie je vais chez Albert je reviens tout à l’heure, dit-elle en passant la tête par l’entrebâillement de la porte de sa sœur.
    Mais à sa grande surprise la chambre est vide.
– Lexie ? appela-t-elle en entrant dans la chambre.
    Peut-être qu’elle est sortie se dit-elle en sortant à son tour. Elle ne retrouva pas non plus la voiture dans le garage. Déçue elle sortit chercher un taxi quand son téléphone sonna. C’était Alexia.
– Allô ! Tu es où ?
– Désolée Joël a eu un accident et j’ai dû sortir de toute hâte.
– Il n’a rien eu de grave ? demanda-t-elle, inquiète.
– Juste une entorse au cou. Mais le docteur veut le garder en observation pour la nuit et j’ai décidé de rester avec lui. Tu peux prévenir les parents pour moi s’il te plait ?
– Pour les parents ne t’inquiète pas, ils comprendront. J’étais sur le point d’aller chez Albert. On va venir ensemble lui et moi.
– L’heure des visites est passée. Demain vous pouvez passer le voir à la maison.
– D’accord je vais prévenir Jenna et Carlos et demain on viendra tous ensemble !
– A demain alors !
    Alexine raccrocha.

                              ★ ★ ★

      Deux heures passèrent et Joël se rendormit à cause des analgésiques que lui avait donné le docteur Gato. Sa mère et sa sœur étaient rentrées à la maison une heure plus tôt sous les supplications d’Alexia.  Cette dernière assise, sur la chaise à côté du lit, s’assoupit, la tête sur le bord du lit. Joël ouvrit les yeux.
– Alexia ?
– Oui ? Je suis là ! répondit celle-ci en ouvrant les yeux à son tour.
    Elle bailla discrètement.
– Ce lit est assez grand pour contenir quatre personnes alors viens te coucher près de moi s’il te plait.
–   Non non t’inquiète pas pour moi !
–   Alexia tu vas avoir un torticolis et puis ça te coûte quoi de venir dormir près de moi ?
–   Je ne veux pas que tu te fasses des idées.
     Joël soupira.
– Alors qu’est-ce que tu fais ici ?
– Comment ?
– Si tu ne veux pas que je me fasse des idées qu’est-ce que tu fais ici ?
– Je… Je suis venue m’assurer que tu vas bien parce que malgré ce que tu m’as fait je t’aime toujours et je ne pourrais pas dormir en sachant que tu es ici.
      Elle éclata en sanglots et essaya de s’éloigner mais Joël la retint par le bras.
– Désolé bébé ! Je ne sais pas ce qui m’a pris. Cette situation me rend vraiment nerveux et cet accident n’arrange rien. J’ai vraiment merdé Alexia et je te demande de me pardonner. Je regrette sincèrement ce qui s’est passé. Je m’en veux tellement que je n’arrive plus à me regarder en face.
    Une larme roula sur sa joue. Alexia s’essuya le visage.
– C’est bon ! Je te pardonne, dit-elle en s’agenouillant près du lit.
    Elle essuya la goutte de larme qui avait roulé sur son visage et l’embrassa.
– Je suis désolé bébé, répéta-t-il.
– C’est pardonné chérie !
     Joël lui fit une place sur le lit.
– Viens là !
     Elle s’exécuta et se pelotonna contre lui, la tête sur son torse. Ils passèrent la majeure partie de la nuit à discuter et l’autre moitié à dormir.

     Le lendemain alors que nos deux tourtereaux dormaient toujours, l’infirmier qui se chargeait de Joël arriva avec un plateau sur lequel était posé des comprimés. Alexia se réveilla la première et tira nerveusement son t-shirt qui laissait à découvert ses rangées de perles. L’infirmier remarqua son geste et détourna le regard, gêné.
– Désolé, j’aurais dû frapper avant d’entrer, s’excusa-t-il.
– Non ce n’est rien, fit-elle avec condescendance.
– Quand il se réveillera, faites-lui prendre ses antalgiques. Je vais les laisser ici avec le verre d’eau.
    Il posa le plateau sur la table de chevet et sortit sans un mot de plus. Alexia alla dans la salle de bain pour s’arranger. Une demi-heure après le départ de l’infirmier, la mère de Joël arriva avec Jacqueline. Joël était déjà réveillé. Dès que sa mère entra dans la pièce, il se mit à se plaindre.
– Maman je veux rentrer à la maison !
– Bonjour mon fils ! On rentre dans quelques minutes. Juste le temps de signer à la réception et on s’en ira.
     Elle se tourna vers Alexia.
– Ça va ma fille ?
– Oui madame ! répondit Alexia avec un sourire épuisé.
– Merci beaucoup d’être restée avec lui ! Il a beaucoup de chance de t’avoir. Et j’espère qu’il le sait, ajoute-t-elle en lorgnant son fils.
– Moi aussi j’ai beaucoup de chance de l’avoir madame, répondit Alexia en souriant.
– C’est bien ! Prenez soin l’un de l’autre. Surtout toi Joël. Tu ne trouveras plus personne comme elle ! Je reviens.
    Elle sortit de la chambre. Jacqueline s’approcha du lit et salua son frère et sa petite amie. Joël alla à son tour dans la salle de bain.
– Jacqueline ?
– Oui ? répondit celle-ci en se tournant vers Alexia.
– Tu as un petit ami ?
    Jacqueline sourit. Elle se souvint de la fois où Joël l’a surprise en train de se faire embrasser par un garçon de sa classe qui était passé à la maison. Il a pété un câble et a chassé le garçon à coup de pied. Après lui avoir formellement interdit de revoir ce garçon, il ne lui a plus parlé pendant une semaine. Jacqueline n’oubliera jamais cette histoire parce que ça a été la plus longue semaine de sa vie. Et jusque là elle n’avait toujours pas compris la réaction de son frère ce jour-là.
– Non je n’en ai pas, finit-elle par répondre.
– Tu as quel âge ?
– 16 ans !
– Les garçons ne t’intéressent pas ?
– Si mais…
– Mais… ?
– Mais Joël ne veut pas que j’en ai un, répondit-elle en baissant la tête.
– Pourquoi ?
– Il m’a une fois surpris en train de me faire embrasser par…
     Elle se tut en voyant son frère revenir dans la pièce. Marcelle arriva au même moment.
– C’est bon on peut rentrer, annonça-t-elle.
– Je meurs de faim ! dit Joël, faisant mine de n’avoir rien entendu.
– Je t’ai préparé ton plat préféré ! Venez !
    Ils sortirent tous les quatre de l’hôpital et Marcelle les ramena à la maison. Après le petit déjeuner elle proposa à Alexia de la déposer chez elle mais celle-ci préféra rester avec son mec. Jacqueline étant en congé de détente, s’attaqua à son PC.
– Au fait je voulais te parler de quelque chose.
– Tu veux savoir pourquoi j’ai interdit à Jacqueline d’avoir un petit ami c’est ça ?
– Tu nous as entendu tout à l’heure à l’hosto ? s’enquit Alexia, étonnée.
    Joël sourit.
– Je trouve que c’est injuste de ta part.
    Il sourit de nouveau.
– Tu vas rester là à me sourire comme un tyran ?
    Il partit d’un fou rire cette fois-ci mais se figea sous l’effet de la douleur.
– Désolée chérie ! Tu t’es fait mal ?
– T’inquiète c’est rien. Je ne lui ai pas interdit d’avoir un petit ami au fait. Une fois je l’ai surpris en train de se faire peloter par un mec de sa classe. J’ai vu la façon dont il s’y prenait alors je l’ai chassé. Si je ne les avais surpris, il allait coucher avec elle avant qu’elle ne s’en rende compte. Je connais bien ma sœur,  je sais donc qu’elle s’est laissé faire par curiosité. Si je n’étais pas intervenu, elle allait se retrouver à regretter d’avoir été trop curieuse.
     Sachant de quoi était capable son mec, Alexia ne lui demanda pas comment il a su que le gars allait atteindre son but. Elle ne pût s’empêcher d’admirer l’amour qu’il avait pour sa sœur. Elle se demanda si son frère ferait la même chose pour elle ou la laisserait faire.
– Elle a vraiment de la chance de t’avoir tu sais !
    Joël sourit de nouveau.
– Et moi je suis le plus chanceux du monde ! J’ai trois femmes dans ma vie et elles m’aiment toutes.
    Alexia sourit à son tour.
    Son téléphone sonna et elle le décrocha.
– Vous êtes rentrés de l’hôpital ?
– Oui depuis ce matin ! répondit-elle à sa sœur.
– Il va bien ?
– Oui oui !
– D’accord je suis en route avec Jenna et Albert. On sera là d’un moment à l’autre.
– D’accord nous sommes là.
     Alexine raccrocha. Dix minutes après la sonnerie du portail retentit et Alexia sortit ouvrir. Alexine entra dans la maison, suivie de près par Albert et Jenna. Les filles s’embrassèrent entre elles pendant qu’Albert rejoignait son meilleur pote au salon. Elles emboîtèrent le pas à Albert après leurs accolades.
– Ça va le mutilé ? demanda Alexine sur un ton de plaisanterie, une fois dans le salon.
    Joël sourit et montra du doigt son garrot qui le rendait raide comme une érection matinale.
– Tu as beaucoup de chance ! lança Jenna en s’installant en face de Joël. Moi, vu la façon dont je conduis, je ne m’attends pas à survivre à un accident.
– Ne dis pas ça ! l’interrompit Albert. Ça peut te porter la poisse.
– La chance ça n’existe pas ! Il n’y a que les faits ! Et le fait est que Joël ne s’est pas trop fait mal avec son accident.
– Je suis d’accord avec toi Jenna, fit Joël.
– Je vous laisserai bien vous lancez de le débat Science Vs Chance mais je suis crevée et j’ai besoin d’Albert pour me déposer chez moi. Jenna passe-moi les clés de ta voiture s’il te plaît !
– Ça tombe bien je crève la dalle. Je vais me trouver un truc à manger, fit Jenna en tendant ses clés à Albert.
– J’ai faim aussi ! affirma ce dernier en se levant. Je reviens tout à l’heure man !
– Sans problème !
– Moi je vais surveiller le mutilé en attendant. Revenez vite surtout !
      Alexia fit un bisou à son petit ami, puis après lui avoir promis de vite revenir, suivit Jenna et Albert. Alexine les suivit pour refermer le portail derrière eux. Elle rejoignit ensuite Joël au salon et s’assit en face de lui.
– Au fait il y a un truc que j’avais envie de te demander depuis le temps !
– Vas-y je t’écoute ! répondit Joël avec un sourire malicieux.
– Je n’ai jamais compris pourquoi du jour au lendemain tu t’es complètement désintéressé à moi pour jeter ton dévolu sur Alexia.
     Joël soupira et s’enfonça un peu plus dans le canapé où il était assis.
– Si je te le dis tu ne me croiras jamais !
– Essaie toujours, répondit Alexine avec une curiosité naissante qu’elle essaya de cacher.
– Non laisse tomber ! Je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Nous avons tous les deux trouver l’amour alors essayons d’oublier cette brève période d’accord ?
     Alexine se leva et vint s’asseoir près de lui.
– Dis-le moi s’il te plait ! J’ai besoin de savoir pour définitivement tourner la page.
– Désolé mais je ne peux pas te le dire. Et c’est pour ton bien crois-moi ! Tu n’as pas envie de savoir.
– Dis-le moi ! Même si ça peut me faire mal, je veux savoir.
– Alexia !
    Alexine suivit le regard de Joël, croyant que sa sœur était revenue. Elle se retourna vers Joël.
– Alexia a fait quoi ?
– C’est à cause d’elle que je me suis détourné de toi !
– Comment ça ?
– Écoute je ne tiens pas vraiment à parler de ça avec toi. Et puis c’est déjà passé alors oublie ça !
– Finis ce que tu as commencé Joël !
– Écoute tu me plaisais vraiment à une époque…
     Il se tut soudain comme s’il venait de dire un truc qu’il ne faillait pas.
– Mais tu étais devenu complètement froid et distant avec moi !
– C’est parce que je me sentais vraiment mal en te voyant !
– Et qu’est-ce qui te faisait te sentir si mal ?
– Le fait de ne pas pouvoir être avec toi !
– Qu’est-ce qui t’en empêchait ?
     Joël prit un profonde inspiration et répondit d’un ton calme et sérieux.
– Tu me connais bien et tu sais bien que je suis un mec à meuf n’est-ce-pas ?
– Quel est le rapport avec ma question ?
– J’y viens ! À un moment donné je me suis lassé des filles…
– Et tu voulais passer aux mecs ? « Explorer de nouvels horizons » ?
– Alors j’ai décidé de me caser, poursuivit Joël sans relever la blague d’Alexine. Je voulais me trouver une fille bien et me poser avec elle. Et…
– Et…? Viens en aux faits putain ! ordonna Alexine.
– Et je t’ai trouvée à la rentrée. Tu m’as tout de suite plu. Ta grande beauté, tes gracieuses courbes et surtout ton côté rebelle m’ont tout de suite fait craquer. Alors j’ai voulu avoir l’accord d’Alexia pour sortir avec toi.
– C’était pour ça l’invitation au bal masqué ?
– Oui, répondit-il. Mais ce que j’ai appris ce soir là…
     Il se tut et ferma les yeux pendant quelques instants. Quand il les rouvrit, elle pouvait y lire une profonde tristesse mêlée de désir.
– Joël tu commences sérieusement à me faire flipper ! fit Alexine, inquiète.
     Joël la fixa et sourit tristement. Il soupira de nouveau et se lança.

Paul Bernard AMGL

6 commentaires sur “Plan X 2.0 (Part IV)

  1. Sa gate coeur kan tu lis la parti interessante et k tu tombe sur Paul Bernard AMGL au lieu de la suite 😭😭😭😭😭😭💔💔💔💔💔

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