Plan X 2.0 (Part III)

– Non je n’y ai pas touché, répondit Jacqueline, exaspérée.
Elle croisa les bras, furieuse.
– Bien sûr que non ! Désolé je savais bien que tu n’as pas ouvert cette clé mais quand tu m’as demandé si c’était le fait que tu vois ma nudité qui me dérange, j’ai cru pendant une fraction de seconde que tu l’avais fait. Ecoute tu es ma soeur et je partage toujours tout avec toi mais tu es toujours mineure et donc il y a des choses que tu ne dois pas voir. Je vais voir ce qu’il y a sur la clé et si tu peux regarder je te montre d’accord ?
Jacqueline ne répondit pas, les bras toujours croisés.
– Ne fais pas cette tête s’il te plait Jacqueline !
Leur père étant parti aux Etats-Unis depuis bientôt 10 ans, Jacqueline n’avait pas connu d’autre homme dans sa vie que son frère. Il était à la fois son frère, son père et son meilleur ami. Aussi quand il lui arrivait de le bouder, cela ne durait pas. C’est aussi parce que Joël savait toujours quoi dire pour la calmer.
Il la serra dans ses bras et lui fit un bisou sur le front. Il alla dans sa chambre et jeta la clé sur son lit. Il prit son pc sur sa table d’étude située juste derrière la porte et le déposa sur le lit, à côté de la clé USB. Il appuya sur le bouton « Power » et se changea en attendant que le PC s’allume. Quand le PC s’alluma, il se précipita sur la clé et la lui connecta. Il ouvrit la clé et trouva deux fichiers vidéos numérotés 1 et 2. Il ouvrit le fichier numéro 1 et Mariam se mit à parler dans la vidéo.
 » Je voulais juste te dire que j’ai laissé une copie de la deuxième vidéo à ta chère petite amie »
Elle sourit et la vidéo s’arrêta. Le cœur de Joël battait à tout rompre. Il ouvrit la deuxième vidéo et se découvrit en plein ébats sexuels avec Mariam. Il ferma la vidéo et sortit le téléphone. Il composa le numéro d’Alexia mais celle-ci ne décrocha pas. Il se mit à faire les cent pas dans sa chambre. Il sortit et alla chercher sa soeur.
– Alors il y a quoi sur la clé ? s’enquit sa soeur en se levant hâtivement.
– Une vidéo où elle et moi couchions ensemble. Et…
– Et quoi ?
– Elle en a envoyé une copie à Alexia…
Elle se rassit.
– Oh mon Dieu ! Tu l’as appelé ?
– Une fois mais elle n’a pas décroché. Je vais chez elle de ce pas.
– Je viens avec toi ! répondit Jacqueline en se levant de nouveau.
Joël alla chercher les clés de la voiture de sa mère.
– Viens on y va ! dit-il en sortant du salon.
Jacqueline le suivit en pressant le pas pour le rattraper. Il ouvrit la portière et s’installa derrière le volant. Sa sœur lui ouvrit  la porte du garage et il sortit en marche arrière. Elle referma le garage et sortit en courant le rejoindre.
– Mets ta ceinture, ordonna-t-il à sa sœur en mettant la sienne.
Jacqueline s’exécuta. Il démarra en trombe et ne s’arrêta qu’une fois devant chez sa petite amie. Il sortit de la voiture, sa sœur sur les talons. Joël prit une profonde inspiration et sonna. Adjovi vint leur ouvrir et les conduit au salon. Elle monta ensuite chercher Alexia. Cette dernière descendit en robe courte, noire. Elle s’assit sur le canapé en face d’eux.
– Bonsoir Alexia, salua gentiment Jacqueline.
Alexia répondit par un faible sourire. Joël, quant à lui, fixait Alexia sans dire un mot. Jacqueline lui écrasa le pied pour l’inciter à parler. Quand il se décida enfin à obtempérer, les seuls mots qui sortirent de sa bouche furent :
– Je suis désolé bébé.
Il se leva et s’agenouilla devant sa petite amie. Il prit ses mains dans les siennes et lui parla en la regardant.
– J’ai vraiment merdé et j’en suis conscient. Je n’aurais jamais dû faire ça.
Il baissa la tête et quand il la releva, une larme roula sur sa joue.
– Dis quelque chose s’il te plait, supplia-t-il, la voix tremblante d’émotion. Dis n’importe quoi ou fais n’importe quoi mais s’il te plait ne reste pas silencieuse à me regarder de la sorte.
– J’ai besoin de temps pour digérer ça Joël, répondit-elle d’une voix neutre.
Elle retira ses mains de ceux de Joël et se leva.
– Je veux qu’on fasse une pause ! décréta-t-elle sans le regarder.
– C’est ce que tu veux ? Ou c’est ce que veut Alexine ?
Joël se leva à son tour et l’obligea à le regarder.
– C’est ce que je veux, répondit–elle en dégageant sa tête. Maintenant vas-t-en s’il te plait.
– Alexia…
Elle l’interrompit en levant la main.
– C’est vraiment humiliant ce que tu m’as fait. Quand je pense que je t’ai défendu contre cette fille. Elle doit bien se moquer de moi et elle a raison de le faire parce que je ne suis qu’une grosse conne. Tout se passait sous mes yeux mais mon amour pour toi m’a aveuglé. Vas-t-en s’il te plait Joël.
Elle le repoussa et alla lui ouvrir la porte.
– Quand j’aurai envie de te voir je te le ferai savoir !
Joël sortit et sa sœur le suivit.
– Désolée Alexia, dit-elle d’un air triste une fois au niveau d’Alexia.
– Ce n’est pas ta faute Jacqueline, répondit cette dernière en souriant malgré elle.
Elle sortit à la suite de son frère. Une fois dans la voiture, il renversa la tête en arrière et se mit à fixer le plafond. Il savait très bien comment finissait généralement les pauses dans ce genre de situations. Il soupira bruyamment et démarra la voiture.
– Tu te sens en état de conduire ? lui demanda sa sœur. Je peux nous conduire à la maison.
– N’écoutant pas du tout sa sœur, il passa la première et fit avancer le véhicule. En tournant l’engin, il aperçut Alexine au balcon en train de la fixer. Il lui jeta un regard noir et accéléra.
– Joël ralentit s’il te plait, lui dit Jacqueline, inquiète.
Il ne répondit pas mais ne ralentit pas non plus. Il se faufilait entre les autres véhicules de la circulation.
– Joël s’il te plait tu vas nous…
    Mais avant même qu’elle n’ait ou terminer sa phrase, un autre véhicule sortit d’une ruelle débouchant sur la route principale, juste devant Joël. Il tenta de le feinter sans ralentir mais dans sa manœuvre il perdit le contrôle de son véhicule, qui dérapa vers un poteau électrique en plein milieu de la route. Le choc les projeta en avant mais leurs ceintures et les airbags, qui s’étaient déployés, les empêchèrent d’être projetés à travers le pare-brise.  Des piétons qui avaient assisté à la scène se précipitèrent vers la voiture. Un homme d’après peu près la quarantaine ouvrit la portière pendant qu’un autre appelait une ambulance.  Une petite foule se forma rapidement autour du véhicule accidenté.
     Jacqueline  ouvrit les yeux. L’airbag l’empêchait de voir son frère. Elle réussit par un effort surhumain à se libérer et sortit de la voiture. Elle contourna le véhicule en se frayant un passage à travers la foule. Espérant qu’il n’ait rien, elle ouvrit sa portière et la découvrit son frère, inanimée.  Saisi de panique, elle se mit à regarder aux alentours, à la quête de potentiel objet pointu pouvant lui servir à crever l’airbag. Un zemidjan-man sortit de la foule et creva l’airbag avec un tournevis. La tête de Joël cogna, dans un bruit sec, le volant. Il sortit délicatement Joël du véhicule et l’allongea sur le sol. Jacqueline s’agenouilla près de lui.
– Joël ! l’appela-t-elle en lui tapotant doucement  la joue pour le réveiller.
     Mais il ne réagit pas. Elle recommença mais un peu plus fort que la première fois. Il ne bougea pas. Elle le gifla une troisième fois plus violemment mais il ne réagit toujours pas. Se laissant gagner peu à peu par le désespoir, elle poussa un cri de bête  blessée qui fit sursauter les curieux qui s’étaient agglutinés autour d’eux. Elle sortit le téléphone de son frère de sa poche et appela la seule personne qui lui vint à l’esprit : son oncle André.
    André était le cousin de sa mère mais Jacqueline l’avait toujours soupçonné d’essayer de prendre la place de leur père. Une fois, elle l’a surpris en train de caresser la photo de sa mère. Ceci ne fit que confirme ses soupçons et elle en fit part à son frère. Elle n’avait que 10 ans à l’époque, mais elle avait compris ce qu’il faisait et depuis elle a littéralement changé d’attitude envers lui.
     André décrocha tout de suite.
– Tonton j’ai besoin de ton aide s’il te plaît. On vient d’avoir un accident avec la voiture de maman et…
    Sa voix se brisa.
– Oh mon Dieu ! Il ne t’est rien arrivé ? s’enquit André.
– Joël est inconscient.
– Où êtes-vous ?
– Pas loin de la BTCI…
     Son oncle raccrocha et débarqua dix minutes après au volant de sa Honda Pilot. Il fraya sans douceur un passage à travers la foule.
– Jacqueline !
     Elle sursauta en entendant enfin une voix familière. André, aidé par le conducteur de taxi-moto qui avait crevé l’airbag, le transporta  jusqu’au véhicule. Ils le posèrent sur la banquette arrière et Jacqueline contourna la voiture pour s’installer à côté de lui. Son oncle démarra sans plus attendre cinq minutes après ils arrivèrent à la clinique Baruet. Une fois arrivés  aux urgences, les médecins prirent Joël en charge. Une infirmière conduisit  Jacqueline et son oncle à la salle d’attente. Ce dernier sortit de la salle. Pendant ce temps Jacqueline remplissait une fiche d’information que lui avait apportée une des infirmières. André revint vingt minutes après avec Marcelle, la mère de Joël.
– Que s’est-il passé chérie ? s’écria sa mère en entrant dans la salle.
– Je… je suis désolée maman, répondit-elle d’une voix faible. Elle est sortie de nulle part et…
    Elle vint s’asseoir près de sa fille et la serra contre elle. Jacqueline lui raconta l’accident en omettant la grande vitesse à laquelle roulait son frère et après le récit, elles restèrent là, silencieuses, attendant le retour du docteur. André décida d’aller s’occuper du véhicule accidenté. Une heure après, une femme en blouse blanche, stéthoscope autour du cou, entra dans la pièce.
– Vous êtes les parents de Joël Lawson ? demanda-t-elle en regardant sur sa fiche.
– Je suis sa mère, répondit  Marcelle en se levant.
    Jacqueline se leva à son tour.
– Je suis le Dr Gato, fondatrice et docteur intervenant dans cet hôpital.
– Enchantée docteur !
– Comment va-t-il docteur ? s’impatienta Jacqueline.
– Plus de peur que de mal, il a juste une entorse au cou. Sûrement dû à un important choc ! On lui a placé un garrot qu’il devra porter pendant deux semaines. Vous pouvez le voir !
– Merci docteur ! Merci beaucoup ! Je ne sais pas ce que je ferai s’il lui était arrivé quelque chose de grave.
– Je n’ai fait que mon travail madame ! Et je vous comprends parfaitement. J’élève un garçon de cinq ans. Venez ! Je vous emmène le voir.
   Ils suivirent le docteur dans le couloir. Ils entrèrent dans la chambre 18. Elle était vaste et chaleureuse pour une chambre d’hôpital. Un grand canapé gris attendait les visiteurs de cette chambre. Au milieu trônait un grand lit, digne d’un roi avec en face une télévision 14 pouces. Le sol était recouvert d’une moquette épaisse aux motifs aztèques.
    Joël dormait profondément.
– Il est sous sédatif, chuchota le docteur.
    Marcelle s’approcha du lit et caressa le visage de son fils. Elle s’assit près de lui sur le lit. Jacqueline contourna le lit et s’assit de l’autre côté du lit. Elle prit la main de son frère dans la sienne et la serra doucement. Elle se rappela l’accident et frissonna en imaginant que cela aurait pu être pire.  Elle se rappela ensuite la raison pour laquelle son frère conduisait aussi dangereusement. Elle sortit dans le couloir laissant ainsi sa mère et le docteur. Elle sortit le téléphone de son frère, qu’elle avait gardé dans sa poche, et appela Alexia.
– Joël je n’ai aucune envie de te parler, fit cette dernière avant même que Jacqueline n’ait le temps de dire « allo ».
– C’est Jacqueline ! On a eu un accident et j’ai voulu te prévenir mais désolé pour le dérangement.
    Jacqueline raccrocha. Alexia la rappela aussitôt.
– Un accident ? ! s’exclama-t-elle. Vous êtes où ?
– A la clinique Baruet, sur le boulevard Felix Houphouet Boigny.
– J’arrive tout de suite.
    Jacqueline rejoignit sa mère et le docteur Gato dans la chambre.
– Tout va bien maintenant mais on doit le garder en observation pour la nuit, dit le docteur à Marcelle.
– Nous allons rester à ses chevets, répondit Marcelle.
    Quelques minutes après, quelqu’un toqua à la porte.
– Entrez ! répondit la mère de Joël.

Paul Bernard AMGL

7 commentaires sur “Plan X 2.0 (Part III)

  1. J’aime pas ce genre de retournement de situation il a fait le salop mais maintenant qu’il a fait un accident elle peut plus etre faché.

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