Plan X 2.0 (Part II)

     Elle se leva en voyant Alexia descendre les escaliers.
– Oui c’est bien moi ! répondit-elle calmement.
– Tu fais quoi ici ? demanda Alexia.
– Je voulais te parler !
– Mais comment as-tu trouvé ma maison ? s’enquit Alexia, confuse.
– Ce n’est pas ce qui importe, ce qui importe c’est pourquoi je suis venue.
– Pourquoi es-tu venue ?
– Pour t’apporter ceci, répondit-elle en fouillant dans son sac à main.
         Elle en sortit une clé USB qu’elle lui tendit.
– Il y a quoi sur cette clé ? demanda-t-elle, inquiète.
– Tu me le diras, répondit-elle en lui faisant un clin d’oeil.
      Elle sortit du salon sans un mot de plus. Alexia remonta les marches quatre par quatre en essayant de deviner la surprise que contenait la clé. Elle se précipita dans sa chambre et sortit son PC. Elle brancha la clé USB au PC avant même de l’allumer. Le PC mit un temps fou à s’allumer. Quand il s’alluma enfin, elle s’empressa d’ouvrir la clé et découvrit une seule vidéo dessus. Elle cliqua sur cette dernière et visualisa la vidéo. Avant même la fin de la vidéo, son visage s’innonda de larmes. Elle repoussa son PC et pleura de plus belle en tordant le drap de son lit. Elle passa la majeure partie de la nuit à pleurer jusqu’à ce que, épuisée, elle s’endorme.
      Le lendemain au réveil, Alexine vint dans sa chambre pour la réveiller comme elle avait l’habitude de le faire mais la retrouva entrain de dormir profondément. À côté d’elle, le PC était en veille. Elle toucha à la souris et vit que le lecteur VLC était ouvert, elle pressa sur la touche espace et visualisa la vidéo à son tour.
– Oh mon Dieu ! s’écria-t-elle.
     Croyant que sa jumelle avait fait une bêtise, elle la réveilla brusquement.
– Alexia !
     Elle ouvrit ses yeux rouges et bouffis pour avoir pleurer une majeure partie de la nuit. Alexine la serra très fort contre elle et elle se remit à pleurer.
– Il était sur le point de me l’avouer mais je lui ai dit de se taire, pleurnicha-t-elle. J’ignorais que c’était avec elle qu’il a fait ça. Si je pleure c’est parce que je me sens bête. Il lui a fixé un rendez-vous sous mes yeux en me souriant mais je ne me suis douté de rien. Je me sens tellement conne !
– Non tu n’es pas conne Lexie ! Où as-tu eu cette vidéo ?
– C’est la fille qui me l’a apporté, répondit-elle en montrant l’écran où Mariam se faisait prendre en levrette par Joël.
– Tu vois c’est exactement ce qu’elle veut que tu ressentes que tu es entrain de ressentir actuellement. Elle atteindra son but si tu réagis en conséquence. Ce qu’elle veut c’est sûrement te briser.
– Tu as sûrement raison et je n’en veux pas à Joël parce qu’il a essayé de me le dire mais j’ai pas voulu l’entendre.
       Alexine supprima la vidéo de la clé USB puis la retira du PC. Elle se leva, ouvrit la fenêtre et jeta la clé sur le toit de la maison voisine.
– Maintenant essaie d’oublier cette histoire et va te préparer on va en cours !
– Non tout sauf les cours s’il te plaît !
      Leur mère toqua et entra sans attendre de réponse.
– Vous n’allez pas en cours toutes les deux ? s’enquit-elle, les mains sur les hanches.
– Euh…, commença Alexine.
– Non maman ! répondit franchement Alexia.
– Et on peut savoir pourquoi ?
– Je me sens vraiment mal maman ! répondit-elle en éclatant de nouveau en sanglots.
      Assise au milieu du lit, les jambes entrecroisées, elle avait prit sa tête entre ses mains. Alexine était assise à sa droite essayant de la consoler. Sa mère contourna le lit et vint s’asseoir à sa gauche. Elle l’attira contre elle et se mit à lui caresser les cheveux.
– Que s’est-il passé ma fille ? demanda-t-elle d’une douce voix. Calme-toi et dis-moi tout.
     Elle prit une profonde inspiration et raconta les faits à sa mère.
– Tu dois lui en parler chérie, décréta sa mère au terme du récit. C’est la meilleure des choses à faire.
– D’accord maman, acquiesça-t-elle en la serrant dans ses bras.
– Je vais appeler l’école pour leur dire que vous serez absentes ce matin, dit-elle en se levant. Votre père vous attend pour le petit déjeuner.
– Je n’ai pas faim, répondit Alexia en se rallongeant.
– Descends même si tu n’as pas faim ! Tu sais bien que ton père aime vous voir à table le matin. Et trouve une excuse avant de descendre.
– D’accord maman, répondit Alexia d’une voix épuisée.
      Johanna sortit de la chambre laissant les jumelles seules.
– Ignore-le et quand il sera là fait lui clairement comprendre qu’il t’a blessé.
– Oui ! répondit-elle. Bon je vais m’arranger avant de descendre. Je ne veux pas que papa sache que j’ai pleuré sinon il va vouloir savoir pourquoi.
– Tu as une mine que même une chirurgie esthétique n’arrangerait pas ! Et puis tu as des cernes aussi aussi gros que mes lèvres.
      Alexia se retourna vers elle en entendant cela.
– Tu ne m’aides pas là !
    Elle geignit.
– C’est vrai ! Bon je me tais.
   Alexine sortit de la chambre et descendit rejoindre son père qui était déjà prêt à partir au boulot. Alexine lui fit un bisou avant de prendre place à coté de lui.
– Où est ta soeur ? s’enquit François.
– Elle vient de se réveiller. Ah la voilà juste qui arrive, enchaina-t-elle envoyant sa soeur descendre les marches, auxquelles faisait dos son père.
– Bonjour papa, salua Alexia en faisant un bisou son père.
– Bonjour vous avez bien dormi toutes les deux ? demanda François d’une voix bienveillante.
– Oui très bien papa, mentit Alexia avant que sa soeur n’ait pu ouvrir la bouche.
– J’en connais une qui n’a pas dormi de la nuit ! chantonna François en voyant la mine de sa fille.
   Elle sourit faiblement.
– Qu’est-ce qui te préoccupe au point de faire une nuit blanche chérie ?
   Johanna les rejoignit. Alexia regarda sa mère avant de répondre.
– Rien papa, j’ai eu un sommeil agité c’est tout, mentit-elle de nouveau.
– Ta mine en dit plus que ça.
   Il posa le légendaire thermomètre des parents, la main, sur le front de sa fille.
– Tu veux que j’appelle le Dr Gbégnon ?
– Je vais bien papa, il me faut juste du repos.
   Elle sourit de nouveau, ce qui rassura son père qui se cala sur le dossier de sa chaise et se remit à lire son journal. Il finit son café puis plia le journal et se leva.
– Bon il y faut que j’y aille, annonça-t-il.
     Johanna se leva à son tour et alla chercher la veste et le sac de son mari. Elle l’aida à mettre la veste et l’embrassa en lui donnant son sac. Il posa un bisou sur le front de chacune des jumelles.
– À ce soir mes chéries !
– Bonne journée papa ! répondit Alexine.
– Merci chérie ! Et surtout n’oublie pas de te reposer Alexia.
      Il sortit sans attendre de réponse suivit par Johanna qui l’accompagna jusqu’à sa voiture. Alexia sortit son téléphone.
– Je vais voir si Joël est en cours, dit-elle en voyant le regard interrogateur de sa jumelle.
      Alexine lui arracha le téléphone des mains.
– Si tu ne lui fais pas signe, il comprendra que quelque chose ne va pas et rappliquera.
       Alexia leva les yeux au ciel.
– Comme ça il saura que c’est grave ce qu’il a fait et que ça t’a vraiment blessé. Je te confisque ton téléphone jusqu’à ce qu’il vienne et que tu lui dises ce qu’il y a.
– Mais tu ne peux pas faire ça, gémit Alexia avec un air de chien battu.
– Tu me remercieras plus tard. Si ce téléphone reste avec toi tu vas finir par l’appeler.
      Elle se leva et débarrassa la table. Alexia remonta dans sa chambre.

                          ★ ★ ★

– Joël attends, cria Francine qui courait derrière sa moto.
      Il ralentit et posa ses pieds à terre.   Francine le rejoignit, essoufflée.
– Ça va ? demanda Joël en voyant la mine de Francine.
– Oui oui ! J’ai essayé de te joindre pendant tout le weekend mais ton numéro ne passait pas.
– Ah oui désolé j’étais en déplacement.
   Elle se rembrunit.
– Je peux savoir où ?
   Joël mit sa moto sur béquille. Il s’assit pour lui faire face et croisa les bras.
– C’est de ça que tu voulais me parler ?
– Non ! répondit Francine à contrecœur.
– D’accord maintenant je t’écoute, déclara Joël avec un grand sourire.
– J’ai fait le test de grossesse.
– Et ?
– Il est négatif, répondit Francine en baissant la tête.
     Joël qui avait retenu son souffle, soupira longuement et sourit.
– Voilà plus rien ne te lie à moi maintenant, fit Francine d’une voix triste.
     Joël se gratta la tête.
– Tu as envie de recommencer ? Je mettrai des capotes cette fois.
     Francine ne répondit pas, la tête toujours baissée. Il l’obligea à le regarder et quand leurs regards se croisèrent, ils comprirent tous deux ce qu’ils voulaient.
– Passe chez moi vers 16h, on va essayer de rattraper le temps perdu.
     Son visage s’illumina en entendant ces paroles. Elle sourit à Joël puis répondit.
– Tu veux que je t’amène quoi ?
– Tout ce que tu veux. Mais surtout amène-toi, répondit Joël en enfourchant sa moto. Tu veux que je te dépose ?
– Non ne t’inquiète pas. Je viens d’appeler mon chauffeur et il ne va plus tarder. A tout à l’heure.
     En guise de réponse, Joël lui fit un clin d’œil et démarra sa moto. Mais avant d’atteindre le portail son téléphone sonna et il dut s’arrêter de nouveau. Il sortit le téléphone. C’était Mariam.
– Allô ?
– Tu es où ?
– Sur le point de rentrer à la maison.
– D’accord je t’ai laissé une petite surprise à la maison. J’espère qu’elle te plaira.
     Avant que Joël n’ait pu dire quoi que ce soit, elle raccrocha. Il fixa son téléphone, perplexe, se demandant de quoi il pouvait s’agir. Il émit quelques hypothèses : de la nourriture ? Du fric ? Il se ravisa. Connaissant cette fille c’était surement quelque chose de désagréable se dit-il. Il chassa ce coup de fil de son esprit pour pouvoir rentrer en toute quiétude à la maison. Il accéléra pendant le dernier kilomètre qui le séparait de la maison. Il gara sa moto et se précipita au salon.
– Jacqueline ! cria-t-il.
     Sa soeur sortit de sa chambre, une clé USB en main.
– La folle-furieuse du restaurant est passé te laisser ceci, dit-elle en lui tendant la clé.
     Il prit la clé et se dirigea vers sa chambre.
– Joël ? l’appela sa soeur.
     Il se retourna.
– Qu’est-ce qu’il y a sur cette clé pour te mettre dans cet état ?
     Joël soupira et passa sa main sur ses cheveux d’un geste nerveux.
– Je ne sais pas mais c’est surement un truc négatif. Et ça me stresse.
     Il baissa la tête.
– Tu veux qu’on regarde ensemble ?
– Non non, ce n’est pas une bonne idée.
– C’est le fait que je puisse te voir nu qui te répugne ? Ou te voir faire l’amour à une fille ?
     Il releva vivement la tête.
– Tu as ouvert la clé ?

Paul Bernard AMGL

7 commentaires sur “Plan X 2.0 (Part II)

  1. ☺☺☺ ce suspens la est rvnu avc les belles choses koi.
    …………………………………………………….
    Joël la jlaim plus. Il deconne trop

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