Plan X (Part XXXIII)

– Je connais bien cette pute et on va s’expliquer de long en large elle et moi, continua Alexia en s’approchant.
– Écoute je suis juste passée te saluer Joël ! À un de ces quatre ! s’empressa-t-elle de dire avant d’essayer de s’éloigner.
– Reviens ici ! dit Alexine en la saisissant par le poignet. Alexia a quelques questions à te poser.
     Alexia la gifla. Jessy cria de douleur et tenta de se dégager mais Alexine la tenait fermement. Elle empoigna ses cheveux et l’obligea à la regarder.
– Maintenant que tu m’as en face tu peux répéter ce que tu as dit à Alexine ?
– Lâche-moi les cheveux Alexia ! Je n’ai rien dit à ta sœur.
– Tu n’as même pas le courage de reprendre tes propos ? Je vois que tu as une nouvelle dent ! se moqua Alexine en lui tordant le bras.
– C’est pas ma faute si tu n’aimes sortir qu’avec les mecs avec lesquels j’ai déjà couché, répondit fièrement Jessy.
– Tu as couché avec Chris pendant que je sortais avec lui Jessy ! Tu étais ma meilleure amie et j’avais une confiance absolue en toi !
      Elle lui donna un violent coup de genou dans le bas-ventre. Jessy se tordit de douleur la suppliant de la laisser partir. Joël qui était resté spectateur passif, intervint en faveur de Jessy.
– Bébé laisse-la partir s’il te plaît ! dit-il.
– Reste en dehors de cette affaire Joël, répliqua sèchement Alexia.
– Regarde-moi Alexia, dit Joël en l’obligeant à le regarder. Laisse-la partir elle n’en vaut pas la peine bébé.
– Je t’ai demandé de rester en dehors de ça ! trancha Alexia.
– Je vois que tu préfères ton passé à moi qui suis ton présent, répondit Joël, déçu. J’espère que tu n’auras pas à le regretter.
     Il rentra à la maison avant qu’elle ne put répondre et ferma le portail derrière lui.
– Tu as toujours été bête mais je ne savais que ça s’est aggravé à ce point. Tu ferais mieux de courir le rattraper.
– Pour une fois elle a dit un truc sensé Alexia, avoua Alexine. Laisse-la et va le rejoindre je m’en charge.
     Alexia poussa violemment Jessy qui s’étala à plat ventre sur le sol. Elle sonna au portail de Joël et attendit mais personne ne vint lui ouvrir. Elle sortit son téléphone et l’appela mais il ignora son appel. Pendant ce temps Alexine laissa partir Jessy en lui promettant de lui faire la peau la prochaine fois qu’elle la reverra.
– Alexine il refuse de m’ouvrir ou de décrocher mes appels, se plaignit Alexia auprès de sa jumelle.
– Tu l’as peut-être blessé Alexia !
– Je ne savais pas que les garçons étaient aussi susceptibles ! Que vais-je faire maintenant ?
– Patienter Lexie, il n’y a rien d’autre à faire pour le moment. Viens on rentre à la maison.
    Elle traîna sa sœur vers la voiture et l’installa côté non chauffeur.
– Mais tu fais quoi ?
– Je te ramène à la maison ! Tu n’es pas en état de conduire.
     Elle s’installa au volant et démarra.
                              *         *
                                    *
– Pourquoi as-tu refusé de lui ouvrir au fait ?
– Tu ne peux pas comprendre Jacqueline !
     Son téléphone vibra signalant l’arrivée d’un message.
« Excuse-moi bébé j’aurais dû t’écouter mais j’ai laissé ma colère prendre le dessus sur mon bon sens. Je sais que je t’ai blessée mais ça n’arrivera plus je te le promets. Pardonne-moi s’il te plaît ».
       Joël lut le message et redéposa son téléphone sur la table.
– Réponds lui Joël ! Quoi qu’elle ait pu faire pardonne le lui. Fais le pour moi s’il te plaît, supplia sa sœur.
– Ce n’est pas aussi simple !
– Le fait de répondre à son message ou de lui pardonner ?
– Le premier implique le deuxième.
– Tu sais j’ai ouvert le portail à beaucoup de filles qui sont venues te voir mais jamais aucune ne m’a traité comme Alexia le fait. Et jamais aucune ne t’a rendu aussi heureux alors s’il te plaît Joël.
– Waoh ! Alexia a vraiment de la chance de t’avoir comme belle-sœur ! Et moi j’ai vraiment de la chance de t’avoir comme petite sœur.
    Elle prit le téléphone de son frère et le lui tendit.
– Appelle-la !
– Tout de suite madame !
    Joël prit le téléphone et composa le numéro de sa petite amie. Cette dernière décrocha tout de suite après.
– Allô chéri je suis désolée pour…
– C’est rien ça va bébé ! Oublie tout ça !
– Ça n’arrivera plus !
– En même temps tu l’as pas loupé bébé, rigola Joël.
    Ils passèrent la soirée à discuter au téléphone.
                              *         *
                                   *
– C’est bon je suis devant chez toi !
– D’accord je descends tout de suite ! répondit Alexine en s’habillant rapidement.
      Elle descendit rejoindre son petit ami qui l’attendait devant chez elle, comme annoncé au téléphone. Elle lui sauta au cou et se mit à l’embrasser à en perdre le souffle.
– Tu es vraiment chaude ce soir ! remarqua Albert quand elle se calma un peu.
– Oui c’est vrai ! répondit-t-elle avec un sourire triste. C’est peut-être le dernier baiser auquel j’aurai droit alors j’en profite.
– Ne dis pas ça ! Tu sais bien que je ne peux plus vivre sans toi, répondit Albert en l’embrassant à son tour.
    Elle se dégagea doucement de l’étreinte d’Albert.
– Albert, il y a un truc qu’il faut que je t’avoue !
– Oui justement qu’est-ce que c’est ? Lui demanda Albert d’un air sérieux. Au téléphone ça avait l’air très grave.
     Elle hésita un moment et se rapprocha de nouveau pour l’embrasser.
– Alexine arrête de paniquer autant ! Il n’y a que quand tu me diras que tu ne veux plus de moi que je te laisserai partir. Alors arrête et dis-moi ce que tu as à me dire.
     Elle eut de nouveau un sourire triste et soupira.
– Je t’ai menti Albert !
– Menti ? Quand ? Et à propos de quoi ?
– Quand je t’ai dit que j’étais vierge !
      Albert éclata de rire. Alexine le regarda d’un air étonné, ne comprenant pas sa réaction.
– Je suis sérieuse Albert ! couina-t-elle, honteuse.
– Je sais ! Et je savais ! J’avais deviné, répondit Albert en la reprenant dans ses bras.
     Alexine le repoussa.
– Comment ça tu savais ? s’enquit-t-elle, ne comprenant plus rien. Comment l’as-tu deviné ?
– Parce que tu n’as senti pratiquement aucune douleur. Quand une fille est vierge on ne peut jamais la pénétrer d’un seul coup mais avec toi c’est passé crème alors j’ai compris que tu n’étais pas vierge.
– Mais pourquoi tu ne m’as rien dit ?
– Parce que j’en ai l’habitude !
– Oh merde ! s’écria Alexine en se couvrant le visage de ses mains. J’ai tellement honte de t’avoir menti. Tu dois me voir comme les autres filles maintenant. Si je t’ai dit ça c’est parce que j’ai cru que ça t’exciterait encore plus. Je n’avais jamais pensé que je tomberai amoureuse de toi.
    Elle lui tourna le dos, la main toujours sur le visage. Albert la retourna doucement et la fit rabaisser ses mains.
– Alexine regarde-moi, dit-il en lui soulevant le menton pour l’obliger à le regarder. J’avais compris tout ça dès le début mais ça ne m’a pas empêché de tomber amoureux de toi. J’ai découvert avec le temps qui tu es vraiment et j’ai compris que tu n’es pas une menteuse. Comme on le dit souvent, une fois n’est pas coutume. Alors cesse de culpabiliser bébé ! Je t’aime et rien ne pourra changer cela d’accord ?
    Elle acquiesça timidement.
– Je t’aime aussi mon Albert à moi !
    Elle l’embrassa de nouveau et le serra très fort contre elle.
– Tu risques de briser la colonne vertébrale ! se plaignit Albert.
– Oh désolée ! J’avais oublié à quel point tu étais fragile.
– Alexine Amorin tu viens de signer ton arrêt de mort. Cours Alexine ! Cours ! chantonna-t-il.
     Elle se mit à courir comme une persécutée. Albert la poursuivit dans la rue plongée dans l’obscurité. Elle arriva au bout de la rue et se retourna pour voir où en était Albert quand soudain une voiture tourna et freina brusquement devant elle. Saisie de panique elle recula jusqu’à ce qu’elle heurte Albert qui venait de la rattraper. La jeune femme au volant baissa sa vitre et sortit la tête.
– C’est quoi votre problème dans ce bled de merde ?
– C’est quoi toi ton problème à rouler à une telle vitesse ? répliqua Alexia. Ton code de la route tu l’as appris dans la brousse ? Même dans la brousse il y a des animaux et donc il faut faire doucement.
    La jeune femme descendit de la voiture et s’avança d’un air déterminé vers eux, prête à se bagarrer, Alexine l’attendit les poings serrés. Mais, avant que ne commence le combat des deux amazones, Albert s’interposa entre elles.
– Calmez-vous mesdames ! Tout ceci n’est qu’un gros malentendu.
– D’abord toi c’est mademoiselle et non madame ! Et toi tu fais bien de te cacher derrière ton mec ! C’est vraiment une sage décision sinon je t’aurais montré comment on parle aux inconnus.
– Tu viens de dire quoi ? ! s’indigna Alexine en sortant de derrière son mec.
    Elle avança vers l’inconnue, prête à lui sauter sur la gorge mais la fille la reconnut.
– Alexine ?
– Oui c’est mon nom mais c’est pas sûr que tu puisses le prononcer après ce que je vais te faire.
– Alexine c’est moi Jenna !
– Quoi ? ! Jenna ?
– Oui Jenna Djondo ! Ta meilleure amie !
– Attendez ! Vous vous connaissez toutes les deux ? demanda Albert n’arrivant plus à comprendre la tournure que prenait la dispute.
    Les deux filles se serrèrent très fort contre elle.
– Albert je te présente Jenna, ma meilleure amie. Jenna, c’est mon mec, Albert !
– Enchantée Albert ! dit Jenna en tendant la main à Albert.
– Tout le plaisir est pour moi ! répondit ce dernier en lui serrant chaleureusement la main.
– Dis donc ! Il est fait de quoi ton mec ? demanda Jenna à sa meilleure amie en touchant les pectoraux d’Albert. Tu dois m’en trouver un comme ça !
– Pas touche ! répondit Alexine en frappant la main de son amie. Toi vraiment tu n’as pas du tout changé ! – Et toi tu es toujours une tigresse à ce que je vois !
– Depuis quand es-tu rentrée ? Tu n’as plus donné de nouvelles depuis !
– Oui c’est vrai ma chérie ! Avec les cours et tout ça je n’ai plus vraiment le temps. C’est pour ça que j’ai décidé de rentrer pour m’amuser un peu. Tu m’as vraiment manqué, couina-t-elle en tendant les bras à Alexine.
    Elles se câlinèrent de nouveau.
– Mais tu es rentrée depuis quand ?
– Il y a deux jours ! Jessy ne t’a rien dit ?

Paul Bernard AMGL ✌

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