Plan X (Part XXIX)

      Joël s’arrêta net et se rassit.
– Qu’est-ce qui ne va pas bébé ?
      Alexia se rassit à son tour.
– Tout va bien au contraire ! Et j’ai repris confiance mais le moment est un peu mal choisi !
– Comment ça ?
– Tu sais mon ex m’a abandonné alors que je me croyais enceinte. C’est pour ça que j’avais peur du sexe. J’avais peur que la prochaine personne me refasse le même coup. Mais aujourd’hui Alexine m’a montré que j’avais tort de penser ça et ce soir quand tu m’as parlé de l’histoire avec la fille avec qui tu as couché je me suis rendue compte que les mecs ne sont pas tous les mêmes et que c’était mon ex qui était un lâche. Alors j’ai décidé de nous accorder ce moment de plaisir que nous méritons tous les deux. Mais ce sera un autre jour parce que pour le moment j’ai mes règles.
    Joël sourit mais se renfrogna tout de suite après.
– Il y a un truc qu’il faut que je te dise Alexia, annonça-t-il en s’asseyant sur le bord du lit, faisant dos à Alexia.
– Je sais Joël ! Je sais ce que c’est ! répondit Alexia avant même qu’il ne commence. Et je te le pardonne parce que tu es un homme et que ce besoin est naturel. Mais à partir de cet instant précis un seul faux pas de ta part suffira pour qu’on arrête tout – elle marqua une courte pause pour laisser à Joël le temps de saisir la gravité ce qu’elle venait de lui dire – parce que tu n’auras plus de raison d’aller voir ailleurs.
– Je suis vraiment désolé Alexia. Je n’aurais jamais dû faire ça et je ne sais même pas pourquoi je l’ai fait. Je…
– Chut ! Oublie tout ça mais ne recommence plus !
     Elle vint passer ses bras autour du coup de Joël par derrière.
– Pourquoi tu fais ça ? Beaucoup de filles à ta place auraient déjà rompu et balancé toutes les horreurs que je mérite à la figure. Mais toi au lieu de ça tu me pardonnes.
– C’est parce que je ne te donne pas ça pour le moment. Mais s’il te plaît Joël, je ne veux pas en arriver au point où je dois te dire des choses désagréables alors ne m’y oblige pas s’il te plaît.
– Merci Alexia ! Merci du fond du coeur, répondit-il en posant ses mains sur les bras d’Alexia. Jamais aucune des filles avec qui je suis sorti ne m’a traité de la sorte. Tu m’as montré que tu tiens vraiment à moi et je te promets de ne plus jamais te décevoir.
      Elle lui fit un bisou sur la tempe et se rhabilla.
– Je reviens !
     Elle alla fouiller dans son armoire et revint avec une petite boîte en plastique. Elle l’ouvrit devant Joël qui s’était radossé à la tête du lit.
– Ça fait au moins un mois que j’ai ça mais je ne sais pas comment les rouler alors je le garde jalousement dans mon armoire.
– Eh bien maintenant tu seras servie ! répondit Joël en lui prenant la boîte des mains. Allume la lumière.
    Alexia s’exécuta. Il posa la boîte sur le lit et en préleva une petite quantité d’herbe qu’il déposa dans le couvercle et le tria pour en éliminer les graines et tout ce qui n’est pas de l’herbe. Il prit la feuille pliée à l’intérieur et la découpa en deux rectangles.
– Tu as des ciseaux ?
     Alexia, docile, alla chercher une paire de ciseaux dans la commode. Il vérifia qu’aucune mèche de cheveux n’était coincée entre les ciseaux. Après la vérification il entreprit de couper l’herbe en petits morceaux. Il prit ensuite l’un des papiers et le remplit d’herbe. D’une main experte il roula le joint et passa sa langue sur le bord du papier et le colla. Il pinça les deux bouts et le déposa. Il recommença la même opération avec le deuxième papier.
– Et voilà c’est prêt ! annonça-t-il.
     Il prit le briquet au fond de la boîte et le tendit avec un joint à Alexia.
– À toi l’honneur !
    Elle prit le joint et l’alluma. Elle tira une longue bouffée et le passa à Joël.
– J’aurais jamais cru que tu fumais, dit Joël avant de tirer sa bouffée.
     Alexia rit.
– Je suis une novice au fait ! Tu seras é-t-o-n-n-é si je te disais qui m’a initié.
– Vas-y balance on verra si ça m’étonne !
     Elle reprit le joint et tira de nouveau une longue bouffée avant de répondre.
– C’est ma mère ! lâcha-t-elle.
– C’est une blague ? ! demanda Joël qui avala la fumer de travers et se mit à tousser brillamment.
– Pas du tout ! répondit Alexia en lui tapotant gentiment le dos.
– Elle est vraiment Togolaise ta mère ?
– Oui mais c’est une Togolaise qui a tout compris. Elle nous a préparé à certaines situations Alexine et moi. Elle nous a appris à ne pas avoir froid aux yeux.
     Elle eut un sourire triste.
– C’est la meilleure mère que l’on puisse rêver d’avoir, poursuivit-elle après un court moment de silence. Et la meilleure épouse qu’un homme puisse rêver d’avoir. Toujours au petit soin avec nous quatre. Et pourtant du jour au lendemain mon père a quitté la maison et n’est plus jamais rentré. Il est parti vivre avec une autre. Ça l’a complètement anéantie et quand notre frère est parti vivre aux États-Unis, elle s’est éloignée de nous, elle s’est renfermée sur elle et a presqu’oublier qu’elle a des enfants. Alors depuis cinq ans ma soeur et moi nous nous soutenons et nous veillons l’une sur l’autre.
       Une larme roula sur son visage. Joël lui reprit le joint, le posa sur la boîte, essuya la goutte de larme sur son visage et la serra très fort dans ses bras. Elle se mit alors à pleurer. Joël la laissa faire en lui caressant le dos, attendant qu’elle se calme un peu. Quand ce fut le cas, il la repoussa doucement pour pouvoir la regarder dans les yeux.
– Je veillerai sur vous deux désormais ! lui dit-il en prenant son visage entre ses mains.
     Il reprit le joint et le lui tendit. Elle le prit et se remit à fumer en silence. Après quelques bouffées, elle passa le joint avec Joël et se leva pour aller dans la douche. Elle prit son bain de bouche et se rinça la bouche avec. Elle le ramena dans la chambre.
– Tu en veux bébé ? demanda-t-elle à son petit ami.
– Oui, répondit Joël en éteignant le reste du joint.
     Elle le lui donna. Elle prit la boîte, la ferma et alla la ranger à sa place dans l’armoire.
– Viens on va se promener un peu ! dit Alexia en tendant la main à Joël.
      Deux minutes après ils marchaient main dans la main dans l’obscurité avoisinant la maison d’Alexia.
                              *         *
                                   *
       Main dans la main, Alexine et Albert sortirent du Grand Rex et se dirigèrent vers leur voiture. Une fois au volant, ce dernier se tourna vers sa compagne.
– Où puis-je vous déposez madame ?
– Dans votre lit monsieur ! répondit-elle en le gratifiant d’un baiser qui en disait long sur ses envies.
       Le tambourinement soudain de la pluie, qui venait de se déclencher, sur le toit de la voiture donna raison à Alexine.
– Vous avez raison ! Il va pleuvoir et autant rester bien au chaud et en bonne compagnie, déclara-t-il en tournant la clé dans le contact.

Paul Bernard AMGL ✌

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