Plan X (Part XXIV)

      Alexia suivit le regard de Joël et vit Albert à son tour.
– Qu’est-ce qu’il faisait chez Alexine à une heure aussi tardive ? S’enquit Alexia. Et puis depuis quand ils se fréquentent tous les deux.
– Je ne sais pas mais je compte bien le lui demander.
       Sur ce il s’apprêta à ouvrir la portière quand Alexia le retint par le poignée.
– Tu fais quoi là ? Lui demanda-t-elle sur un ton de reproche.
– Bah je vais lui demander ce qu’il fait ici à pareil.
– Non laisse-le ! Demain tu pourras lui demander en cours.
– D’accord je crois que c’est mieux comme ça ! Dit Alexia en lui adressant un sourire.
      Joël sourit en retour mais n’ajouta rien.
– Il faut que je rentre ! Annonça Alexia en posant sa main sur la sienne. Fais moi signe quand tu seras rentré d’accord ?
      Joël hocha la tête en la fixant d’un air étrange. Alexia remarqua son regard.
– Quelque chose ne va pas ? Lui demanda-t-elle en essayant de déchiffrer son regard.
       Il sourit de nouveau.
– Tu ferais mieux d’y aller il se fait tard ! Dit-il en lui ouvrant la portière.
      Elle descendit et lui fit un petit signe de la main avant de se diriger vers la maison. Joël attendit là, tapis dans les ténèbres de sa voiture, à la regarder. Quand elle s’apprêta à rentrer, il klaxonna et elle se retourna. Il ouvrit la portière et descendit de son véhicule. Il avança vers Alexia d’un pas hésitant. Celle-ci le rejoint à mi-chemin. Il se mit à la regarder avec le même regard étrange qu’elle n’a pu déchiffrer quelques minutes plus tôt dans la voiture. Il lui tendit les mains et attendit patiemment qu’elle les saisisse. Quand elle finit par les saisir, Joël prit une profonde inspiration et se lança.
– Je te connais depuis très peu mais j’ai l’impression de te connaître depuis toujours, ton beau visage aux traits si doux, ton sourire parfait avec ces fossettes qui me font fondre comme du beurre au soleil, ce magnifique corps aux courbes voluptueuses…
        Alexia baissa le regard à la mention de ses qualités. Joël lui releva le menton, la forçant à le regarder et poursuivit.
– Toutes ces choses que je viens de citer me sont si familières et pourtant je ne m’en lasse jamais. Je ne me lasse jamais de te regarder. Dès la première fois que je t’ai vu, je me suis dit que cette fille est parfaite et qu’elle fera mon bonheur. Et je continue de le penser alors je me jette à l’eau. Alexia AMORIN – il posa un genou à terre – me feras-tu l’honneur de devenir ma petite amie ?
        Alexia sourit et le releva.
– Oui je l’accepte monsieur LAWSON ! Répondit-elle. D’habitude je suis toujours sur mes gardes avec les garçons mais avec toi tout est si différent et j’ai juste envie de me laisser aller. De m’abandonner à toi.
       Joël fit un pas vers elle et prit son visage entre ses mains et posa ses lèvres sur les siennes. Ils restèrent là à s’embrasser, bercés par la douce voix de Charlie Wilson provenant de la voiture, dans la fraîcheur de la nuit.
                              *         *
                                   *
       Le lendemain après les cours Joël appela le numéro que lui avait donné celui qui semblait être le mec de Mariam.
– Allô ! Bonsoir c’est Joël, le mec dont Mariam a endommagé la voiture hier.
– Bonsoir ! J’attendais ton appel justement. Peux-tu passer au garage central avec la voiture ?
– Oui c’est faisable ! À quelle heure ?
– Disons tout de suite si tu peux !
– Je serai là dans 30 minutes, répondit Joël. Je demande d’après qui ?
– Je t’attendrai en personne devant le garage ! Dit l’homme.
      Il raccrocha et Joël alla chercher les clés de la voiture dans sa chambre.
                              *         *
                                   *
– Au fait Lexie, que faisait Albert chez toi hier ? Demanda Alexia à sa jumelle.
– Je…euh…, bredouilla-t-elle. Hier je m’ennuyais toute seule à la maison et je me sentais un peu seule alors je lui ai demandé de venir me tenir compagnie !
– Ooooh ! S’exclama Alexia en serrant sa soeur, assise à côté d’elle, dans ses bras. Désolée de t’avoir laissé toute seule.
– Non c’est rien ! Répondit sa soeur en affichant un faux sourire.
       Elle repensa à ses ébats sexuels de la veille avec Albert et sourit de plus belle.
– Au fait il y a un truc qu’il faut que je te dise, annonça Alexia.
– Je t’écoute, répondit Alexine.
– Tu es celle avec qui j’ai partagé le même ventre pendant neuf mois tu es par conséquent une part de moi et je veux continuer à partager tout ce qui m’arrive avec toi. Je veux pouvoir partager mes expériences, mes joies et mes peines avec toi. Et je veux qu’on puisse toujours compter l’une sur l’autre comme on l’a toujours fait depuis que papa est parti…
      Elle marqua une petite pause pour essuyer une larme qui lui roulait sur le visage.
– Joël m’a embrassé ! Lâcha-t-elle soudain.
      Il y eut un court moment de silence puis elle reprit.
– Je crois que je suis amoureux de lui !
     Alexine qui avait la tête baissée se retourna vivement vers elle.
– Mais tu le connais à peine ! Et tu sais quel type de garçons il est Alexia.
– Oui justement c’est ça qui me fait peur, dit-elle en éclatant en sanglots.
       Alexine la serra très fort dans ses bras.
– Avec lui tout va si vite et ça m’effraie. Quand je suis avec lui toutes mes défenses fondent comme neige au soleil et j’ai peur qu’il s’en rende compte et qu’il s’en sert contre moi.
– Regarde-moi Alexia, lui dit Alexine.
     Elle s’écarta de sa jumelle en continuant de pleurer.
– Alexia, de nous deux tu es celle qui a le plus les pieds sur terre. Tu as toujours su me guider et me sortir de mes mauvais pas et aujourd’hui c’est  mon tour de te rendre la monnaie de ta pièce, mais la seule chose que je puisse te dire c’est d’avoir confiance en toi parce que tu es la fille la plus sage et la plus courageuse que je connais. Des fois même je me demande si moi je n’ai pas été adopté – Sa jumelle pouffa de rire en entendant cette phrase – c’est vrai parce que toi tu as la force et le courage de maman et tu es toujours sûre de toi tandis que moi… Tout ça pour te dire que tu mérites de connaître l’amour et d’être heureuse même si c’est avec un type comme Joël. Tout ce que je vais te demander c’est d’essayer de ne pas trop te laisser aller et de ne pas trop t’investir. Genre reste sur tes gardes et tiens moi au courant surtout.
– Merci ! Dit simplement Alexia ne sachant que dire à sa jumelle. Depuis mon expérience avec Chris, c’est le premier garçon pour qui j’éprouve encore des sentiments et j’ai peur que la même expérience se répète.
– Non tous les garçons ne sont pas comme ce lâche de Chris. T’abandonner alors que tu étais peut-être enceinte de lui alors qu’il prétendait t’aimer ? Non très peu de garçons en sont capables je crois. Tu dois oublier ça et aller de l’avant petite soeur. Tu peux le faire pour moi s’il te plaît ?
     Elle hocha la tête mais ne prononça un mot.
– Je veux t’entendre crier « Je peux y arriver ! »
– Je peux y arriver ! Scanda-t-elle à voix haute. J’arrive pas à croire que tu aies réussi à me fait faire ça, ajouta-t-elle tout de suite après en se couvrant le visage des deux mains. On dirait un coach de football.
     Elles éclatèrent de rire toutes deux.
– Un coach de foot ? Qu’est-ce que tu en sais toi des coachs de foot ? Allez viens on risque de rater le début du premier feuilleton de la soirée.
                              *         *
                                   *
        Le soleil du mois d’octobre fila rapidement pour laisser place à L’Harmattan de début Novembre. Joël et Alexia multiplièrent les sorties et Alexine ses ébats clandestins avec Albert. Un dimanche après-midi, alors que Joël et Alexia se payaient du bon temps à Pure Plage, son téléphone sonna. Il regarda sur son téléphone posé sur la table. C’était Mariam. Il rejeta l’appel puis quelques minutes après Mariam arriva en personne à leur table. Joël la foudroya du regard quand elle salua et Alexia lui répondit froidement.
– Joël, je peux te parler une seconde s’il te plaît ? Demanda-t-elle poliment.
– Tu ne vois pas que je suis avec ma petite amie ? Répliqua sèchement Joël.
    Elle se tourna vers Alexia.
– Je peux te l’emprunter une seconde ?
    Alexia opina de la tête et il dut se lever à contre coeur.
– Je reviens bébé, lui dit-il en se levant.
    Il l’embrassa brièvement puis suivit Mariam qui le guida vers un banc vide un peu à l’écart. Ils s’assirent tous les deux.
– Tu veux quoi ? Demanda Joël sans ménagements.

Paul Bernard AMGL ✌

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