Chronique d’une Togolaise tombée enceinte à 18 ans (Part XXXIV) (Fin)

Deux mois passèrent et Gabie rendait visite à Edmond toutes les semaines. Mais au fur et à mesure que la grossesse avançait les visites de Gabie au parloir se faisaient de plus en plus rares. Pendant son septième mois de grossesse elle sentait de plus en plus la fatigue donc Oncle Doss lui avait déconseillé d’aller voir Ed au parloir. Même si cela la déplaisait et qu’elle avait envi plus que tout d’être avec lui tant que son corps le lui permettait. Elle avait beaucoup pris de poids et les bébés n’arrêtaient pas de s’agiter et cela la fatiguait beaucoup. Malgré cela elle faisait tout l’effort possible pour faire le tour du parc en marchant et en faisant de petites pauses comme le lui a dit l’oncle Doss. Il parla de l’agitation des bébés au docteur et celui-ci préféra l’interner plus tôt que prévu par mesure de sécurité. Elle fit ses bagages et rendit une dernière visite malgré son état à Ed. Elle s’assit derrière la vitre en attendant qu’on amène son bien aimé. Elle ne put retenir ses larmes quand elle vit son Ed menotté comme un grand criminel. Un des gardiens lui retira ses menottes et il vint s’asseoir en face de Gabie. Quand il la vit en larme il baissa la regard et décrocha le téléphone.
– Bonsoir chéri.
– Bonsoir mon bébé. Comment allez-vous tous les trois?
– Eux ils vont bien là-dedans mais moi je suis à bout de force, répondit-elle d’un air triste
– C’est prévu pour quand ton accouchement?
– Justement je viens te voir pour ça. Je ne pourrais plus venir te voir.
Il ne répondit pas tout de suite. Il savait déjà la raison. Mais les visites de Gabie était la seule chose qui lui donnait l’espoir que tout ça allait bientôt finir, c’était elle qui rendait cet endroit hostile vivable et maintenant…
– Je comprends, répondit-il en baissant la tête cette fois.
– Les bébés s’agitent de plus en plus et L’oncle Doss a décidé de m’interner plus tôt que prévue.
– Tu tiens le coup? Ça va?
– Oui juste la fatigue qui m’assomme. Je ne dors plus beaucoup la nuit.
– Tout ça sera bientôt fini bébé. Je serai bientôt près de toi et tout ira pour le mieux.
– Tu me manques Edmond.
– Tu me manques aussi mon bébé.  Chaque seconde que je passe loin de toi est un véritable enfer pour moi.
Elle se mit à pleurer. Et il ne put  dire quoique ce soit pour la réconforter. Elle s’en alla sans rien dire. Durant tout le mois suivant Gabie essayait d’appeler la prison aussi souvent qu’elle put. Si cela ne tenait qu’à elle appellerait tous les jours. Mais le règlement avait limité le nombre d’appels par semaine que doit recevoir un détenu à deux par semaine.
Deux autres mois passèrent et Gabriella ne manquait jamais l’occasion de parler au père de ses enfants. Gabie n’en pouvant de sa grossesse alla parler à son père.
– Qu’est ce qui ne va pas chérie.
– Rien ne va depuis qu’Edmond est en prison papa et tu le sais déjà.
– Oui ma fille. Sois forte tout ça sera bientôt fini.
– Oui papa mais les bébés s’agitent de plus en plus et je préfère me faire interner à l’hôpital pour ne pas avoir de mauvaise surprise.
– D’accord dès demain on ira voir ton oncle pour savoir ce qu’il en pense.
– Il me l’avait proposé depuis un moment mais j’avais jugé trop tôt. Maintenant je suis à 7 mois de grossesse. Et selon ce que j’ai pu lire sur les grossesses de jumeaux et ce que tonton m’a dit je préfère le faire maintenant.
– D’accord dès demain on ira voir ton oncle.
– D’accord merci papa. Et toi ça va? Ça fait un moment qu’on ne s’est plus vraiment parlé.
– Moi ça va. Juste que ça me fend le coeur de te voir si malheureuse. Viens t’asseoir près de moi.
Elle alla se blottir contre son père comme les nuits où elle faisait des cauchemars quand elle était petite.
– Écoute Gabie tout ce qui t’arrive ces derniers temps ne t’arrive pas par hasard. Ce sont des conséquences de choix que tu as fait et d’actes que tu as posé. Sache que quel que soit l’acte posé ou le choix que tu fais je serai toujours là pour te soutenir ma fille. Et je fais confiance. Tu es la personne la plus précieuse dans ma vie et tu es le plus beau cadeau que m’ait fait ta mère.
– Merci papa. Tes mots me réconfortent. Et je te promets de ne plus te décevoir.
– Tu ne l’as jamais fait chérie. Jamais. Même si je ne te le dis pas, j’admire beaucoup ta grande maturité.
-Merci papa!
– Ne me remercie pas ma fille. Et dès demain on ira voir ton oncle d’accord?
– D’accord. Il est tard. Je vais m’allonger en espérant pouvoir dormir
– D’accord c’est bien. Tu veux que je t’aide à monter les escaliers?
– Non ça va aller, j’y arriverai.
– Mais je te suis quand même.
Et il la suivit jusqu’en haut des marches.
– Dors bien chérie.
– Toi aussi papa.
Le lendemain il l’emmena chez l’oncle Doss comme promis. Une fois là-bas ce dernier l’analysa et décida de l’interner. Elle passa une semaine là-bas et chaque jour elle devait faire du sport. Une nuit vers 2h du matin, elle commença à avoir des contractions. Et plus la nuit avançait plus les contractions étaient régulières. Après une heure de travail, elle accoucha d’une fille et d’un garçon mais ils étaient prématurés et la fille avait le cordon ombilical enroulé autour du cou: elle était mort-née. Quand on lui apprit qu’il n’y avait que le garçon qui ait survécu à l’accouchement et qu’elle ne peut le voir qu’une fois qu’elle aura assez de force, elle pleura toutes les larmes de son corps. Elle en voulut au monde entier et surtout à Ed de ne pas être là à côté d’elle en ce moment. Son père arriva et la réconforta du mieux qu’il put. Elle finit par se calmer et s’endormit. À son réveil elle décida d’aller voir son bébé malgré elle. L’oncle Doss arriva à ce moment.
– Gabie tu dois te reposer. Tu es sous sédatif et ton état pourrait s’aggraver.
– Je veux voir mon fils. Je veux le prendre dans mes bras pour qu’il sache qu’il a une maman qui l’attendait.
– Tu en as parfaitement le droit. Attend moi ici je vais chercher une chaise roulante.
Il alla chercher la chaise roulante et l’y installa. Il l’emmena dans la salle où était le bébé. Et elle vit son enfant qui dormait tranquillement sous couveuse, debout à côté de la machine il y avait son père qui regardait le bébé. Quand il les entendit entrés, il se tourna brusquement et dit
– C’est ton portrait craché Gabie.
Elle ne répondit rien et s’approcha pour le voir de plus près.
– Il fait quoi là? Pourquoi il n’est pas avec les autres bébés?
– Parce que contrairement aux autres il est né prématuré. Dans une semaine quand tu te seras remis de ton accouchement je vais te recommander dans un centre spécial pour prématuré. Mais pour le moment il peut rester bien au chaud ici.
– Je peux le prendre dans mes bras?
– Oui tu en as le droit mais il est extrêmement fragile, il faudra faire très attention et tu ne le prendras que pendant une minute.
Il éteint la couveuse et sortit délicatement le bébé et le déposa dans les bras de sa mère.
– Tu lui as choisi un nom? Demanda Donatien.
– Non je veux que ce soit toi qui le fasses. Je lui donnerai le mien mais je veux que le tien soit celui de tous les jours.
– Alors je vais l’appeler Dévonne. Et sa soeur Davinna.
– C’est un très joli prénom, complimenta l’oncle Doss.
– Oui j’avoue c’est très mignon, renchérit Gabie, en fixant son fils. Il lui fit un bisou sur le front et lui dit
– Bonjour Dévonne. Maman est là pour toi et papa aussi sera bientôt là mon bébé. Je te présente tes deux pépés. Pépé 1 (Elle désigna son père de la main)  et pépé 2 (Elle désigna l’oncle Doss de la main). Ils seront là pour toi aussi.
Quand il entendit la voix maternelle il bougea un peu mais n’ouvrit pas les yeux. Gabie sourit et l’oncle Doss lui repris le petit et le replaça dans la couveuse.
La semaine qui suivit Gabie fut autorisée à emmener le petit dans le centre où son oncle l’avait recommandé. Elle pleurait chaque nuit la mort de Davinna et l’absence d’Edmond. Trois mois après Dévonne avait acquis son poids normal et une semaine après son père sortait de prison. Edmond a repris sa vie d’ex taulard. Il s’est trouvé une formation dans le commerce et a repris son boulot chez AMG Security grâce à son beau-père. Jusque-là tout va bien et le petit Dévonne grandit vite. Si j’ai l’autorisation de Gabriella je vous montrerai sa photo. (Les filles soyez prêtes à craquer)

8 commentaires sur “Chronique d’une Togolaise tombée enceinte à 18 ans (Part XXXIV) (Fin)

  1. J’ai bien aimé l’histoire elle était bien écrite et intéressante pourtant normalement j’aime pas lire mais la j’étais pressée à chaque fois 🙂
    Juste, je trouve que parfois ça a prit du temps entre les parties mais t’as une vie en dehors et c’est normal.
    Hâte de lire la prochaine !

  2. Quelle chronique…!!! Bravo a toi Paul, merci de nous avoir fait vivre cette histoire. Bravo aussi a ts les co-chroniqueurs !!! Continuez ainsi !! Vs etes geniaux

  3. Superbe chronique, bonne expression, bon vocabulaire mais je trouve que la fin à été trop précipité mais bon cela dis j’ai kiffer bonne continuation mon Paul 😘😘

  4. 😍👌 L’histoire de Gabie est super émouvante, you did a great job que ça continue 😘
    Love from O.
    I’m looking forward the next chronicle

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