Chronique d’une Togolaise tombée enceinte à 18 ans (Part XXXIII)

La télécommande lui tomba des mains sans qu’elle ne s’en rende compte. Paralysée par le choc de la nouvelle, elle resta assise là un bon moment les lèvres écartées. Puis elle appela, son père et puis Sandra. Son père vint la chercher et l’emmena au commissariat. Une fois là-bas il appela les parents d’Edmond. La mère se précipita au commissariat. Le père demanda une permission à son travail et vint aussi rapidement qu’il put. Pendant ce temps Edmond subissait un interrogatoire dans une pièce.
– Jeune homme tu cours au moins 3 à 5 ans de prison donc vaut mieux coopérer pour alléger ta peine.
– D’accord monsieur je vous dirai tout ce que vous voulez savoir.
– Très bien c’est un bon début. Comment connais-tu ton complice? Celui avec qui tu as opéré?
– C’est une connaissance. J’ai failli le renverser accidentellement avec ma voiture une fois et on est devenu « amis », répondit-il toujours sous l’effet de la marijuana..
– Et comment t’es-tu retrouvé dans cette bijouterie avec lui?
– D’abord j’étais à la recherche d’un nouvel emploi parce que je me suis récemment fais virer du garage ou je travaillais. Ma petite amie étant enceinte il fallait absolument mettre de côté assez d’argent pour l’arrivée des jumeaux qu’elle attend…
          Pendant que Ed racontait sa version des faits, Gabie et sa future belle-mère pleuraient à chaudes larmes dans la salle d’attente. Les hommes essayaient de les réconforter mais en vain. Sandra arriva et demanda: 
– Que s’est-il passé Gabriella?
            Gabie ne répondit pas tout de suite. Elle prit le temps de se calmer puis répondit calmement.
– Ton père et Edmond se sont fait arrêté pendant qu’ils braquaient la bijouterie du centre-ville.
          Elle s’assit brusquement mais ne dit rien. Gabie remarquant son choc attendit qu’elle se ressaisisse pour lui poser la question qui la hantait depuis qu’elle a vu la photo du père de ses jumeaux à la télé.
– Tu sais quel boulot il fait ton père?
– Oui, répondit elle simplement en baissant la tête.
– Il fait quel boulot?
– Il était le gérant de la bijouterie. Il a passé treize ans de sa vie là-bas. Il connaissait tous les bijoux et leurs valeurs par coeur. Mais à la mort du propriétaire il s’est retrouvé au chômage parce que le fils qui a hérité de la bijouterie voulait du « sang neuf ».
– Mais ça n’excuse pas ce qu’il a fait.
– Je sais mais ça l’explique. Mon père est un homme qui aime beaucoup le travail. Il n’aime pas rester sans rien faire. Quand on l’a renvoyé il a posté pour différents emplois mais n’a pas été retenue à cause de son âge. Il a de quoi vivre jusqu’à la fin de ses jours. Et avec ce que je gagne il devrait vivre comme un prince. Rien n’excuse ce qu’il a fait, surtout le fait qu’il ait impliqué Edmond. Mon père n’est pas un braqueur et je n’arrive toujours pas à croire que je suis ici parce qu’il a fait un braquage. Il est tout ce que j’ai et je ne sais ce que je vais faire s’il va en prison.
          Elle éclata en sanglots et Gabie essaya de la réconforter malgré elle. Pendant ce temps Ed faisait face à la terrible nouvelle qu’il venait d’apprendre, le document d’indemnité que lui avait donné Claude au cas où ça tournerait mal était un faux. 
– Il t’a manipulé. 
– Mais non il doit y avoir une erreur. Regardez la signature du maire. 
– Elle est fausse. Mais comme tu as collaboré je ferai tout pour que tu ne prennes pas plus d’un an. 
– Mais. . .
– Je veux bien t’aider mais je ne peux rien faire de plus. Votre procès aura lieu dans une semaine. En attendant vous serez placé en garde-à-vue. 
         Il baissa la tête. Le commissaire sortit de la pièce et un autre policier vint lui passer les menottes pour ensuite le mettre dans une cellule où Claude était déjà. Dès qu’il entra dans la cellule sa première réaction fut de se jeter sur Claude et de lui mettre autant de coups de poing dans la figure qu’il put avant que le policier ne vienne les séparer. Claude ne réagit pas parce qu’il savait qu’il méritait plus que des coups de poing. On emmena Edmond dans une autre cellule. Le commissaire vint leur indiquer la date de leur procès qui était fixé sur le vendredi suivant. Le commissaire alla annoncer la nouvelle aux familles qui attendaient toujours et leur demanda de revenir le lendemain pour les visites. Leur procès s’étendit sur deux semaines et à la fin Ed prit une peine 8 mois de prison et 140 heures de travaux d’intérêt général grâce à son avocat qui réussit à prouver qu’il avait été victime d’une manipulation. Claude prit une peine de 10 ans pour vol à main armé et 2 autres pour avoir manipulé Ed.

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