Chroniques d’une Togolaise tombée enceinte à 18 ans (Part XXVIII)

– Je t’écoute
– Bon hier après le boulot je suis allé prendre un verre avec une amie et…
Avant qu’il ait pu terminer sa phrase Gabriella l’interrompit.
– C’est bon, c’est bon. J’ai dit que je ne voulais pas savoir. En plus tu n’es pas un enfant mais promet moi que c’est fini tout ça. Les rendez-vous pour « déstresser », les verres après le boulot et tout ça.
– D’accord je te le promets mon amour.
– J’ai confiance en ton bon sens
– Tu sais que tu m’as vraiment manqué?
– Oui je sais chéri. Tu m’as manqué aussi c’est pour ça que je suis revenu parce que je me suis rendu compte qu’il était impossible qu’on puisse vivre sans la personne que l’on aime.
– Ça a été très dur de vivre sans toi. Genre en sachant que tu ne voulais ni me voir, ni me parler.
– Ça été dur pour moi aussi. Et ce n’est pas que je n’avais plus envie de te parler ou te voir. C’est qu’il ne fallait pas que je le fasse. Pour que tu puisses comprendre à quel point tu m’as fait mal.
– Oui je m’en suis rendu compte mais ça aurait été encore plus dur de vivre avec ce secret.
– Je l’ai plutôt bien pris moi!
– Ah bon?
– Je parle de ma réaction! D’autres filles comme Juliette t’aurait donné un coup de genou dans l’entre-jambe, même Gisèle l’aurait fait.
– Quelle Juliette?
– Ta cousine Juliette Folly.
– Ah oui! Celle-là m’aurait tapé dessus comme un enfant qui a fait une bêtise.
– Edmond arrête de la faire passer pour une amazone, dit-elle en riant.
– Mais non c’est juste que je l’aie une fois vu en colère et que ce n’est pas très joli à voir. Mais toi même quand tu es en colère tu es si douce!
Elle sourit en baissant la tête et il se leva pour venir se placer devant elle.
– Je suis vraiment désolé de t’avoir fait subir ça. Je le regrette vraiment mon amour et je te demande encore une fois de me pardonner.
– C’est fait! Sinon je ne serai pas ici avec toi.
Il l’embrassa en la prenant par la taille.
– Je t’aime très fort Gabriella.
– Je t’aime aussi mon Edmond. Maintenant va manger avant que ton plat ne refroidisse.
Il lui sourit, lui fit un bisou sur le front et retourna manger. Gabie alla mettre les habits dans la machine à laver.
– Bébé ça te dirait qu’on aille au cinéma ce soir?
– Oui. Ça fait un bail qu’on a plus fait ce genre de sortie bébé.
– Je passe te prendre à 16h alors? Il y a un bon film programmé.
– Quel genre?
– Le genre Gabie et Ed.
– Je vois. Alors passe me prendre à 16h.
À la sortie du cinéma vers 17h30, ils croisèrent Sandra et Claude Mae. Sandra regardait Ed avec un regard plein d’envie. Gabie la foudroya du regard et elle détourna ses grands yeux d’allumeuse.
– Claude? Claude Mae?
– Edmond. Comment allez-vous?
– Très bien et vous?
– Comme un charme.
– Je vous présente ma fiancée Gabriella.
– Elle vaut vraiment la peine qu’on renverse des gens pour elle. Enchanté Gabriella moi c’est Claude, dit-il sur un ton d’humour
– Enchanté Claude, répondit elle en serrant la main qu’il lui tendait. Voici ma fille Sandra.
– Votre fille?
– Oui ma fille. Vous vous connaissez déjà on dirait!
– Oui c’est la secrétaire de mon père et la collègue de mon fiancé.
– Ah oui! Tout s’explique maintenant. Que diriez-vous de venir dîner chez nous le samedi?
– Ce serait une bonne idée. On va vérifier notre emploi du temps et on vous contactera. J’ai toujours votre carte de visite.
– D’accord. J’attendrai donc votre appel.
– Comptez sur moi. Bon on vous laisse votre film ne va pas tarder à commencer.
– On se dit à Samedi alors?
– À samedi, répondit Ed.
– Passez une bonne soirée.
– À demain Edmond, bonsoir Gabriella, répondit Sandra qui n’avait pas ouvert la bouche jusqu’ici.
Puis ils se séparèrent. Ed emmena Gabie dans un petit fast-food pour manger un morceau. Quand ils furent à table Gabie lui demanda
– C’était quoi cette histoire de « Elle vaut la peine qu’on renverse des gens pour elle »?
Il rit un moment puis répondit.
– C’était un compliment.
– Oui j’avais compris mais j’ai cru comprendre que vous vous connaissez déjà.
– Oui. Tu te souviens quand tu as fait ton malaise non?
– Bien sûr je ne suis pas prête d’oublier cette nuit-là.
– Oui c’est vrai. En venant à l’hôpital ce soir-là je m’inquiétais tellement pour toi que j’étais distrait au volant. Du coup j’ai failli le renverser. Heureusement je roulais doucement sinon Dieu seul sait ce qui aurait pu se passer ce soir-là.
– Ah oui je comprends mieux maintenant. Finalement tu t’es inquiété pour rien ce soir-là. Et Dieu est et restera avec toi quoi qu’il arrive mon chéri. Et moi après Lui
– Je suis super protégé ça.
– Je dirai même hyper.
– Non le hyper c’est pour toi. Déjà il y a Dieu, il y a ta mère (Paix à son âme), il y a ton père, il y a moi puis il y a les jumeaux. Tu es blindée bébé.
Et ils passèrent le reste de la soirée à bavarder et à rigoler comme des ados

by Paul Bernard AMGL

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